Famille juive séquestrée en Seine-Saint-Denis : jusqu’à 12 ans de prison pour les agresseurs

Neuf personnes coupables de la violente séquestration d’une famille juive puis du recel de leurs biens sur fond d’antisémitisme ont été condamnées vendredi à des peines allant de quatre à douze ans de prison.

La cour d’assises de la Seine-Saint-Denis a condamné vendredi 2 juillet à des peines allant de quatre à douze ans de prison neuf personnes coupables de la violente séquestration d’une famille juive puis le recel de leurs biens sur fond d’antisémitisme. La peine la plus lourde, douze ans de réclusion, a été infligée au meneur du trio d’agresseurs qui s’en était pris le 8 septembre 2017 à Mireille Pinto, 75 ans, son mari Roger, 85 ans et personnage influent de la communauté juive, ainsi qu’à leur fils de 52 ans.

Les malfrats les avaient menacés avec un couteau et un tournevis, frappés et séquestrés pendant plusieurs heures, alors que leur pavillon cossu de Livry-Gargan avait été retourné de fond en comble à la recherche d’un hypothétique magot. Ils ne trouveront que 500 euros en espèces mais repartiront avec des cartes bleues, des bijoux dont certains arrachés du cou de la septuagénaire et même des couverts.

Les condamnés ne feront pas appel

Les deux autres cambrioleurs ont écopé de 8 et 7 ans de prison. L’homme considéré comme le principal instigateur des faits a quant à lui été condamné à 10 ans de prison. Des peines plus légères, de quatre ans et plus, ont été prononcées pour une complice et les quatre receleurs. L’avocate de la défense n’a pas souhaité commenter cette décision, mais a indiqué que ses clients ne feront pas appel.

«La circonstance aggravante de l’antisémitisme a été confirmée par la cour d’assises, ce qui fera jurisprudence. C’est une victoire du droit», a réagi auprès de l’AFP Me Marc Bensimhon, avocat de la famille Pinto. Selon les victimes, qui ont décrit pendant les onze jours de procès leur peur de ne pas «en sortir vivants», un des agresseurs leur a lancé: «Vous les juifs, vous êtes les gâtés de la Terre et nous nous sommes les laissés-pour-compte».

Dans son réquisitoire, la procureure avait fustigé jeudi 1er juillet cet état d’esprit de «Robin des bois» dévoyé, qui renferme «un préjugé très clair que ‘juif = argent’», niant la «vie de travail» de ce couple âgé, et désormais traumatisés.

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