Consistoire de Paris et d’ailleurs.

Quand nous adhérons à une association, c’est pour pouvoir donner notre avis sur sa gestion dans un cadre démocratique lors des assemblées ou lors des élections. À partir du moment où la démocratie est bafouée de manière ostentatoire, comme c’est le cas à présent, au Consistoire de Paris, cette association n’a plus lieu d’être. Elle devient une société, avec ses dirigeants, qui gèrent sans le contrôle de ses membres et décident seuls de la destination des sommes versées et éventuellement des actions à mener.

De plus, cela fait depuis bien longtemps que le Consistoire n’apporte plus rien à ses membres. La cacherout non-consistoriale est devenue majoritaire, le Talmud Thora est mort, la jeunesse est devenue hors champ de son action, la gestion des quelques synagogues consistoriales restantes lui échappe à cause des caisses parallèles gérées par quelques personnes dans le cadre d’associations taillées à leurs mesures, sans que les fidèles ne soient invités à donner leurs avis. Que reste-t-il du consistoire, si ce n’est qu’une gestion en trompe l’œil, qui consiste à renflouer quelques lieux de prière chroniquement déficitaires, tandis que les autres refusent de remettre dans le tonneau des Danaïdes leurs recettes. Quant à la formation de rabbins, ou de ministres officiants, on n’en parle même plus.

Par contre, il reste les honneurs liés à la fonction du Président et des grands Rabbins, avec toute la partie représentative de la communauté qui est une forme d’usurpation. Usurpation puisque factuellement être élu avec 2000 voix n’autorise pas à représenter les 350.000 Juifs de France. Cela vaut aussi pour les autres institutions, qui pratiquent le même jeu de bonneteau.

Les associations « privées »

D’une manière générale, toutes les associations juives gérant les lieux de culte à qui nous faisons des dons, échappent majoritairement au contrôle des fidèles. Au prétexte de bénévolat, les dirigeants somment les fidèles à être reconnaissants pour ce qui est fait (bien ou mal), à se taire ou à changer de crèmerie. Mais puisque nous sommes tous heureux ainsi, nous méritons notre sort. Que les Juifs soient abandonnés à eux-mêmes est le résultat de notre propre désintérêt de la chose communautaire. Personne pour sauver les communautés en voie de disparition ( Trappes et Stains par exemple ont disparues, Garges-lès-Gonesse et Sarcelles en voie de disparition pour ne citer que celles-là parmi tant d’autres). Personne pour guider les communautés, rien pour la jeunesse, si ce n’est une somme d’entreprises individuelles, souvent à but lucratif, en dehors des institutions.

Dans le même temps, dans les communautés encore vivantes, de braves gens créent de petits oratoires et participent à leur morcellement, sachant qu’ils rendent là un mauvais service en les appauvrissant.

L’Union du peuple juif est une exigence morale, et religieuse.

Que ce soit nos fautes ou nos mérites, nous les partageons tous ensemble à l’échelle du peuple juif. Tous les jours, compris à Rosh Hashana et à Kippour, nous avouons nos fautes de manière collective, et non de manière individuelle. Nous utilisons toujours la première personne du pluriel (le nous), et jamais la première personne du singulier (le je). Quant à nos mérites, qui ne sont jamais nos mérites personnels, ils appartiennent à nos pères (Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moshé ou Aaron etc .) Nous les partageons ensemble, sous réserve de faire partie du peuple juif avec lequel nous nous unissons dans le cadre d’une prière collective. Faute de cette union, nous ne sommes plus que nous-mêmes, seuls, sans mérite, et sans même le droit d’invoquer par exemple le Vaya-avor (les treize attributs de Dieu) transmis à Moshé, le jour du premier Kippour de l’humanité, qui rappelle à Dieu son engagement de pardon, non à un individu isolé et hors de la communauté, mais au peuple Juif au titre de sa mission. Notre sort individuel est soupesé au regard de notre participation au projet collectif, à savoir la réussite du Projet Divin confié au Peuple d’Israël.

En s’arrogeant le droit de morceler la communauté, souvent pour un problème d’égo et d’orgueil personnel, au prétexte fallacieux de rendre service, certains amènent la division et l’affaiblissement de la communauté. Il est courant de voire, par exemple, que des oratoires n’aient pas le quorum (miniyan) nécessaire pour un office et prive ainsi d’autres offices à l’avoir. Pire, des oratoires voient le jour, en vue d’affaiblir un office existant. Des fidèles se sentant insuffisamment honorés font sécession. Il est vrai aussi que certains dirigeants, ignorants des bonnes conduites, n’ont pas toujours le bon comportement.

Il résulte de tout cela l’affaiblissement de la communauté, et un appauvrissement des structures en place, avec une perte des équilibres financiers.

La communauté n’a plus de « Guides ».

La communauté juive n’a plus de guide. Chacun fait ce qu’il veut, comme il l’entend. De pseudo-rabbins voient le jour. Ils « se laissent pousser un chapeau, et se mettent une barbe ». Ils racontent n’importe quoi, des histoires de rabbi qui n’ont ni queue ni tête, et tout le monde est très content. Et si on peut boire un petit coup, avec des olives, des chips et autres amuse-gueules, ou attrape-nigauds, c’est encore mieux. Plus personne n’a suffisamment d’autorité pour mettre un terme à cette situation. On invoquerait bien le rabbinat, mais on le cherche depuis plusieurs années.

La solution passera par la base, qui doit prendre conscience qu’elle participe à un suicide collectif. Le nombre de Juifs en France a considérablement baissé. Des communautés disparaissent notamment dans la banlieue parisienne, en partie à cause de l’insécurité. Il faut qu’une nouvelle génération de dirigeants voie le jour, avec un projet unificateur. Il faut refonder le Judaïsme français. La chose est possible. Les moyens financiers existent potentiellement, car la communauté n’est pas pauvre. C’est une histoire de volonté.

JForum

8 Commentaires

  1. et dans tout ça, qu’en pense hachem ? car c’est ça la vrai question.
    le retour du peuple juif sur sa terre est l’accomplissement de la prophetie, la fin de cet exil de 2000 ans. donc le peuple juif ne pourra pas rester dans les nations,il doit rentrer a la maison.
    parce que on ne peut resister a sa parole elle s’accomplie inexorablement.
    les juifs sont la matiere de cette prophetie qui s’accomplie sous nos yeux.
    alors ; pourquoi y resister.???
    pendant 2000 ans on disait l’an prochain a jerusalem, non ??
    et aujourd’hui que cela est possible qu’est ce que l’on fait??
    on veut a tout prix s’accrocher a son confort dans ces nations. ce temps là est terminé.
    votre seul projet devrait etre ; quand je vais monter en eretz Israel?
    c’est pour cela que tout part en deliquescence, de pis en pis.
    le dieu d’israel vous attend, il a dit qu’il n’en laisserait pas un dans les nations.
    qu’hachem vous aide a mettre en marche le processus du retour dans vos coeurs.

  2. Article très contestable qui partant d’une critique fondée du Consistoire de Paris s’égare sur des propos qui ne reposent sur rien.
    L’auteur ignore apparemment que tous les jours (sauf Chabbat) on récite à l’office du matin (Chahrit) et à celui de l’après-midi (Minha) le Vayaabor et les 13 attributs d’Hachem, après avoir fait le « vidouy » à la première personne du singulier.
    Il est vrai que le Consistoire représente de moins en moins de fidèles et que ses dirigeants sont peu légitimes car élus par moins de 2000 membres lors d’assemblées générales houleuses qui sentent la magouille à tous les niveaux. Le montage très opaque du CEJ ne fait que soulever la suspicion sur l’éthique de cette classe dirigeante qui n’aime pas le partage du pouvoir.
    Mais il est faux de dire que la communauté serait entrain de s’effondrer. Il n’y a jamais eu autant de magasins cacher, de restaurants cacher, de lieux de prière, d’enfants dans les écoles juives, …
    Que les institutions soient un désastre, c’est une évidence. Les dirigeants du Consistoire, du Crif, … ne représentent presque personne, ne défendent rien du tout, et se contentent des honneurs personnels. Mais c’est une erreur de voir la communauté à travers ce seul prisme.

    • Relisez votre texte : צדיקים אנחנו ולא חטנו … אנחנו ואבותינו si vous appelez cela à la première personne du singulier , c’est que vous avez un problème avec la grammaire.
      Le seul qui peut dire cela à la première personne du singulier est le Cohen Gadol le jour de Kippour dans Seder Avodah. Je vous invite à vérifier ce que vous dites, et à être respectueux des gens

  3. En éliminant le GRBernheim un érudit et en nommant un aumônier incapable sauf pour recevoir les honneurs : Korsia la dégradation s’est accélérée
    Avec la disparition du Renouveau d’Hadjenberg , le replacement de personnalité du CRIF par des gens avides d’honneur comme KALIFAT , l’absence de mouvement de défense , défendue par une bande de peureux la LDJ, la disparition des mouvements d’éclaireuses et des aides aux familles , et le consistoire qui a sombré avec Mergui , le retrait du mouvement parlementaire France Israël avec le décès de Goasguen
    il ne reste plus personne pour réunir et défendre la communauté juive qui diminue d’année en année
    C’est un échec total
    Par contre je n’ai jamais vu autant d’associations qui demandent des dons voire des legs comme chez Pasquier ce qui est une honte pour l’ancien président du CRIF , mais où vont ces dons ,,????? Mystère car il n’y a aucun bilan financier
    C’est le brouillard total

    • Vous parlez de Monsieur Richard Prasquier qui dirige le KEREN HAYESSOD FRANCE, l’un des rares organismes à rendre des comptes tous les ans pour un travail formidable en Israël. C’est l’un des rares à qui ce type de remarque ne peut s’adresser parce qu’elle est injustifiée.

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