Iran : une cyberguerre civile sur les réseaux sociaux©

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Comment les réseaux sociaux sont manipulés par les deux camps dans les bouleversements iraniens

 

Serviteur de deux maîtres, que peut-on apprendre de la façon dont les réseaux sociaux sont utilisés, à la fois par le régime iranien et ceux qui s’y opposent? 

 

Les réseaux sociaux ot tout d’abord aidé les protestations anti-gouvernementales en Iran, mais actuellement, les autorités  ont saisi cette chance de pouvoir employer la Toile à leur avantage, également, selon une observatrice israélienne assidue de l’Iran, s’exprimant mercredi.

Dr Thamar Eilam Gindin

 

Le Dr Thamar Eilam Gindin, du Centre Shalem dans la capitale et à l’Université de Haïfa, a expliqué qu’il subsiste beaucoup de confusion sur la façon dont le régime bloque les plateformes en ligne.

“Les manifestations ont éclaté à travers tout le pays d’Iran” et les réseaux sociaux se font fait l’écho “d’appels pour transmettre où et quand” les manifestations seraient organisées dans une grande diversité de villes, déclare Thamar Gindin, dans un point de synthèse réalisé sur Media Central.

Elle explique qu’alors que beaucoup de protestations sont de relativement petits rassemblements, ils se sont répandus sur pas loin de cent villes et ue les réseaux sociaux ont contribué grandement à ce que le monde extérieur puisse suivre les évolutions à l’intérieur de la République Islamique notoirement fermée à l’information.

Les observateurs en sont venus à s’attendre à ce que le régime cherche à réprimer les manifestations par la force, ce Gindin décrit par le fait d’inonder les rues  “par bien plus de membres de la sécurité… que de protestataires ou même de citoyens… Les gens ressentent comme s’ils vivaient dans une ville sous occupation”.

Mais, actuellement, dit-elle, l’Iran utilise aussi les réseaux sociaux pour contrecarrer les manifestations.

propagande du régime d’Iran: la TV d’etat rend publique les “aveux” de manifestants détenus.  

 

“L’inconvénient majeur avec les réseaux sociaux est que vous ne savez pas qui ment. Il y a des fake news (vérités alternatives, faits altérés) partout. Je suis à la fois les fils qui alimentent les pro et les anti-régime”, dit-elle et elle ajoute ensuite que les deux camps emploient les réseaux sociaux pour accuser l’autre camp d’avoir assassiné un enfant de 13 ans.

Si, tout d’abord, dans l’utilisation des réseaux sociaux par le régime, il suffisait d’attaquer les motivations des manifestants, mais qu’il restait dans une position défensive concernant les faits embarrassants, – tels que ses forces ayant tué des femmes et/ou des enfants – à présent, le régime utilise les réseaux sociaux pour contester ces mêmes faits embarrassants.

Tandis que les manifestants accusaient les gardiens du régime d’avoir tué un enfant de 13 ans, le régime a utilisé les réseaux sociaux pour accuser les manifestants de l’avoir tué, déclare Gindin.

En outre, elle affirme que le régime utilise les réseaux sociaux pour mettre en lumière des éléments violents parmi les protestataires, dont l’incendie de banques, des bureaux des Ayatollahs et des commissariats de police (et Bassidjis) et le passage à tabac de membres du clergé.

Elle a ajouté que certains manifestants affirment que  les agents de police déferlent dans des boutiques dans le but de faire porter l’accusation sur eux, le régime contrant ensuite ces informations en proclamant que ceux qui sont en uniforme de la police et qu’on peut apercevoir en train de briser les vitrines et de piller des magasins sont des manifestants imposteurs essayant de ternir l’image de la police.

En définitive, dès les manifestations ont atteint un certain volume, le gouvernement iranien a annoncé qu’il commençait à bloquer l’accès aux réseaux sociaux afin de contenir les manifestations.

Gindin déclare qu’elle a obtenu des réactions mitigées de la part d’Iraniens actuellement dans le pays, concernant l’efficacité de ces efforts pour bloquer ces réseaux sociaux.

Certains lui ont confié que le régime emploie des nouvelles technologies pour contrer la technologie de communication mobile, en restreignant ou en filtrant l’accès aux réseaux sociaux des manifestants.

Ces personnes lui ont dit qu’il n’y a uniquement que ceux disposant de capacités techniques supérieures qui sont en mesure de surpasser les limitations imposées aux réseaux sociaux par l’Etat.

Mais d’autres lui ont dit “qu’il n’y a aucun problème. L’un d’entre eux m’a dit je peux parler grâce à mon mobile (téléphone) et faire des chats en vidéo avec des gens à l’étranger”.

Gindin résume les reportages concernant le blocage des réseaux sociaux par le régime comme restant inégal, variable selon les zones géographiques et les technologies employées et probablement exagérés.

Lorsqu’il est apparu que les manifestations baissaient d’intensité, à travers le pays, il y a eu des criantes que la situation sécuritaire puisse se détériorer vers quelque chose de similaire à ce qui s’est produit n Syrie. Des Iraniens ont commencé à tweeter :

We will not become Syria” (Nous ne deviendrons pas la Syrie) et à exprimer des craintes que les manifestations puissent dégénérer vers plus de violence. D’autres qui outiennent les manifestations répliquaient par le hashtag :  “We will become Tunisia.” (Nous allons faire comme la Tunisie -janvier 2011, révolution dite du Jasmin) (al-monitor.com)

Par YONAH JEREMY BOB
4 janvier 2018 06:31
Adaptation : Marc Brzustowski

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