L’avenir incertain de la communauté juive de Nice

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Frappée par le terrorisme (14 juillet 2016) et une économie stagnante, la communauté juive, jadis dynamique, de Nice est confrontée à un avenir incertain

NICE, France ( JTA ) – Cette ville méditerranéenne endormie est un refuge pour les Juifs depuis près de 1000 ans.

Il y a 15 ans à peine, cet ancien pôle commercial caractérisé par la tolérance abritait la quatrième communauté juive de France, regroupant environ 20 000 membres. Mais les effets combinés de l’antisémitisme, du terrorisme, des problèmes financiers et de l’assimilation ont eu des conséquences néfastes.

L’année dernière, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le Consistoire français, une organisation nationale qui fournit des services religieux aux juifs orthodoxes, a estimé que la population juive de Nice était tombée en dessous de 3 000 membres, bien que certains responsables juifs locaux pensent que ce nombre pourrait être supérieur.

La sécurité et l’économie changent la vie des Juifs partout en France, mais ils frappent particulièrement durement à Nice, qui manque d’une économie dynamique et de débouchés professionnels solides, qui permettent de soutenir les communautés juives des autres métropoles françaises.

«[Nice] est une petite ville avec une petite communauté juive et vous ressentez vraiment la vague d’aliya», a déclaré Yaacov Parienti, un étudiant de 29 ans, utilisant le mot hébreu désignant l’immigration en Israël. La sœur de Parienti est déjà partie pour Israël et ses parents prévoient de partir bientôt.

«Ma communauté a-t-elle un avenir? Je ne sais pas », a déclaré Parienti. «Je pense que c’est un problème général pour tous les Juifs en France. Mais c’est plus ressenti dans un petit coin comme le nôtre.

Juifs français célébrant l'inauguration d'un nouveau rouleau de la Torah à la Grande Synagogue de Nice le 11 juillet 2019. (Gracieuseté de Consistoire Nice / Henri Belhassen)

Juifs français célébrant l’inauguration d’un nouveau rouleau de la Torah à la Grande Synagogue de Nice le 11 juillet 2019. (Gracieuseté de Consistoire Nice / Henri Belhassen)

Plusieurs responsables juifs locaux ont évoqué l’attaque terroriste de 2016, au cours de laquelle un islamiste avait tué 86 personnes et en avait blessé des centaines d’autres en se servant d’un un camion pour foncer et renverser la foule, sur une promenade populaire au bord de l’eau le 14 juillet, jour de fête, ce qui a marqué un tournant décisif pour la ville et sa communauté juive. L’attaque ne visait pas spécifiquement les Juifs, “mais elle a introduit la peur dans l’équation, d’une manière inédite”, a déclaré Simone Darmon, secrétaire générale adjointe du bureau local du Consistoire.

Le rabbin Yossef Yitschok Pinson, émissaire du mouvement chabad hassidique, estime que le nombre réel de Juifs à Nice est d’au moins 10 000, mais il a convenu que l’attaque de 2016 “avait créé une vague de départ de personnes “.

Nice a encore plusieurs restaurants casher et 15 synagogues, mais la plupart d’entre elles peinent à atteindre le collège de 10 hommes requis pour les prières en semaine, selon Pinson. Le mouvement de la jeunesse juive Bnei Akiva, jadis actif, a fermé sa succursale dans la ville. Et la Grande Synagogue, qui était si remplie de fidèles le jour du Shabbat que le grondement de leurs bavardages résonnaient dans les rues environnantes, a maintenant plus de sièges vides que d’occupés.

Zacharie Frankel, un local âgé de 30 ans qui a immigré en Israël en 2009, remonte plus tôt plus tôt dans le temps, pour situer les débuts des soucis de la communauté juive, face à la violence antisémite, qui a commencé à s’intensifier au cours de la Deuxième Intifada, le violent soulèvement palestinien lancé à l’automne 2000. L’immigration française en Israël a fortement augmenté après 2013 (Affaire Merah de Toulouse en mars 2012), avec environ deux fois plus de personnes arrivées au cours des six dernières années que les six années précédant 2013.

« On a commencé à être harcelé dans la rue», a déclaré Frankel, qui a été transféré d’une une école publique à école juive en 2001 et qui porte une kippa en public. «J’ai commencé à être menacé non seulement sur le chemin de l’école mais en classe. Parce que je suis juif. “

Parienti porte également la kippa et n’a jamais subi de harcèlement à Nice, mais il a déclaré que les effets de l’antisémitisme se faisaient «indirectement» ressentir.

“Cela a provoqué le départ de nombreuses personnes”, a déclaré Parienti, “particulièrement après l’attaque de 2016”.

La situation économique à Nice n’aide pas les choses. La région de Nice, les Alpes-Maritimes, affiche le troisième taux de chômage en France et beaucoup de Juifs de Nice ont des difficultés financières. Selon le Consistoire, environ 120 d’entre eux bénéficient de l’aide de la communauté.

“Il n’y a pas de réelles possibilités ici, en termes de carrière”, a déclaré Parienti.

Pourtant, Nice possède des qualités qui retiennent de nombreux Juifs – la moindre des préoccupations est la politique de sécurité, d’abord du maire Christian Estrosi. Allié de nombreux juifs français – il s’est déclaré «juif de cœur» et «fier ami d’Israël» en 2014-, le maire de droite est «un élément important pour rassurer les juifs de Nice et inspirer un sentiment de sécurité», a déclaré Franck Médioni, président de la communauté juive Masortie de Nice.

L’ an dernier, le CRIF, coordinateur des communautés juives françaises, a fait l’éloge Estrosi pour sa gestion d’une attaque dans laquelle plusieurs hommes ont attaqué un Juif portant une étoile de David en pendentif, que les autorités ont décrit comme une « agression antisémite ». En quelques heures, la police avait mis quatre les suspects en détention, tous issus de familles immigrées de pays musulmans.

Un tram arrivant à la place Garibaldi à Nice, en France, le 10 août 2010. (Myrabella / Wikimedia Commons)

Un tram arrivant à la place Garibaldi à Nice, en France, le 10 août 2010. (Myrabella / Wikimedia Commons)

Plusieurs habitants disent que le départ de milliers de Juifs de Nice a renforcé la cohésion de ceux qui restent. La communauté de Médioni, Maayane Or, est passée de 84 familles à 135 au cours des cinq dernières années, a-t-il déclaré. Les relations entre communautés libérales et orthodoxes à Nice sont «positives et fraternelles», ce qui constitue une grosse différence avec les interactions souvent acrimonieuses entre ces deux courants, ailleurs en France.

«À cause du terrorisme, il y a une volonté d’être ensemble et d’exprimer notre judaïsme», a déclaré Médioni.

En 2015, le mouvement Chabad de Pinson a ouvert un nouveau centre communautaire dans une vieille villa du centre de Nice et organise des événements pour des centaines de personnes lors de fêtes juives, a-t-il déclaré. La fréquentation des trois écoles juives de Nice, qui comptent environ 600 élèves, a sensiblement augmenté ces dernières années, a ajouté Pinson.

“Bien qu’en réalité”, a déclaré Pinson, “cette évolution dans les écoles juives est probablement due à la montée de l’antisémitisme dans les écoles publiques“.

 

Hit by terror and a sluggish economy, Nice’s once-vibrant Jewish community faces uncertain future

4 COMMENTS

  1. Monsieur le Rabbin Teboul, avec tout le respect, si vous dites vrai alors c’est encore plus grave. Israel n’est plus en exil, le peuple est de retour sur sa Terre – l’un des sens de la Techouva n’est-il pas ? Ce retour est bien le dernier. Demeurer au sein des Nations n’a plus de sens, plus de justification, si ce n’est l’aspect économique et pratique. La richesse, la lumière que promet la Terre d’Israel aux Juifs est toutefois sans commune mesure. Ajoutons que l’alyia contribue à réparer le monde.

  2. Bonjour tout ce que vous dites est faux je suis rabbin régional de Nice Franck Teboul. Je suis rabbin depuis 20 ans a Nice ,. Tout d’abord vous semblez vraiment méconnaître la communauté. En effet. Si vous preniez le temps de faire le tour des synagogues a roch Hachana et kippour vous vous rendiez compte qu’il y a au moins dans les 15 synagogue s et a Acropolis, au moins 7000 personnes, sans compter les personnes seules et âgées de plus , en effet adeloys la synagogue est grande mais je vous rassure et je vous invite à y venir il y’a au moins tous les Chabat 150 personnes seulement en effet elle est grande, et on a pas l’impression qu’ils y en a autant. Mes amis de la corniche Fleurie explose en nombre de personnes, allez y peut être pour vous y rendre compte. A Michelet idem , Marceau. Idem. Chez les Habad idem il faut aussi rappeler qu’il n’y a aucune vague de alya a Nice , je suis bien place car c’est moi qui délivre les certificats pour la alya merci de prendre vraiment en compte ces informations et merci de vous renseigner vraiment avant d’écrire un article.

  3. L’alyia ajoute bien plus qu’un renforcement du Peuple Juif sur sa Terre, un renforcement de la Nation Juive, il ajoute à la réparation du monde. Même si les Nations y perdront dans un premier temps, devenant exangues peu à peu. Amis Juifs, dépêchez-vous de rejoindre Israël pour de bonnes raisons, avant d’avoir à le faire pour de mauvaises. En attendant, les Nations perdent l’instinct de conservation.

  4. Faut-il s’en plaindre ?
    Et quoi ? Il y a quelques siècles, nous cherchions, portant rouelle ou chapeau pointu, quelle baronnie et duché pouvaient nous héberger sans nous piller, dans nos biens comme dans nos enfants, et guettions les pogroms en préparation, mises à sac et autre brûlerie…
    Aujourd’hui, nous pouvons, à quelques heures d’avion, Rentrer à la Maison, sans trop s’attarder sur ce qu’on laissera, du matériel…
    Ne regardez pas derrière vous, avaient dit les 2 Envoyés à Lot, sortis de S’dom…

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