Seli’hot, Shoffar, dans quelques jours Roch Hachana, l’heure est venue de demander pardon. Aussi, je demande pardon à ceux dont je dis du mal, assez nombreux, et à ceux dont je pense du mal sans le dire, moins nombreux. Me’hila, Me’hila.

Liora et Léa 

Mais, car il y a un mais, ne peut-on demander également à certaines institutions de demander pardon, des institutions, qui, grâce à leur image qui fut un temps honorable, imposent leurs règles, trop souvent arbitraires. Comment ne pas parler de ces deux jeunes femmes Liora et Léa, qui, brisant la loi du silence et des menaces, ont exposé ce que fut leur parcours pour obtenir leur Guett. Des exceptions, des cas exceptionnels, nous dit-on. Exceptionnels parce qu’ils ont été rendus publics. Malheureusement, une simple recherche met à jour de multiples cas exceptionnels qui émergent régulièrement. Avant le scandale du Guett et après. Quant à celles qui endurent en silence accablées par une attente injustifiable, personne ne s’en soucie, l’essentiel étant qu’on ne les entende pas

https://fb.watch/fEGhquvT00/

On comprend mieux l’étendue de l’arbitraire qui rend tout possible, surtout le pire. De façon inhabituelle, certains Consistoires régionaux ont fait entendre leurs voix, heureusement. Une note brève et surprenante du Consistoire Central a révélé, en septembre 2022, une décision de 2020 autorisant le Guett avant le divorce civil.  Néanmoins, en parallèle, le site du Consistoire de Paris, comme ses documents, affiche toujours que le Guett « doit être précédé du divorce civil ». Entre les deux options, un jeu de ping-pong, entre la théorie et la pratique, de quoi faire et dire tout et son contraire. Ici, l’une doit attendre le divorce civil, l’autre doit réunir des papiers difficiles à obtenir, le seul résultat étant d’écraser, de briser des vies par l’attente, l’humiliation et le mépris.

Asymétrie, lorsque celui qui « attend » est un homme, il n’attend pas.

Bien sûr, il y a le cas contraire, cette autre femme harcelée par des convocations multiples devant de multiples Beth Din : Strasbourg, Paris, Amsterdam, Jérusalem, bien avant que son divorce civil ne soit prononcé. Ce qui permit de la déclarer « récalcitrante » et d’organiser un Guett très rapidement après le prononcé du jugement, toujours en appel.  Ce dernier Guett, où la femme ne fut même pas convoquée, est donc d’une validité douteuse d’où la suite, une procédure d’exception par la signature de 100 Rabbins devant permettre au mari de prendre une « deuxième » femme. Quelle diligence, quelle mise en œuvre de moyens extraordinaires pour venir « au secours » d’un mari qui lui n’encourt pas le risque majeur : un enfant Mamzer. L’absence de toute information sur les enfants et personnes qui se trouvent actuellement dans cette situation parce que leurs mères ont dû faire face des années durant au blocage du Guett, donne une indication de l’importance du problème.

Asymétrie totale entre des femmes laissées sans réponse et cet homme pour lequel n’importe quoi a été fait. Le mari, qui occupe toujours un poste de rabbin, a pu compter sur la totale solidarité de ses pairs. Pourquoi pas ? Le flou savamment entretenu, Guett avant le divorce, Guett après le divorce permet toutes les manœuvres. Tant de sollicitude pour quelqu’un qui n’avait rien fait de plus que vouloir faire interner sa femme pour récupérer les enfants sans passer par le fastidieux et hasardeux tribunal. Donnant ainsi un bel exemple de Chalom Baït : deux tentatives d’internement la première abusant de son statut, a abouti à trois jours d’hospitalisation, trois jours, le temps qu’il faut à l’administration pour gérer une procédure d’entrée et de sortie d’une personne admise sans raison réelle ni sérieuse dans un service spécialisé. Trois jours qui, depuis, ont permis à cet abominable personnage de clamer partout que sa femme était folle, multipliant les procédures et les interventions pour récupérer le dernier enfant aujourd’hui âgé de neuf ans. La deuxième tentative de demande d’internement a été refusée par le médecin. Et depuis, cinq ans d’acharnement judiciaire, financier, moral, soutenus par un silence complaisant au mieux, au pire, par des participations au lynchage social de la femme. Alors oui, il pourrait y avoir au minimum une expression d’excuses, de regret, face à l’étendue des dégâts occasionnés.

Le temps du changement 

Le sinistre individu qui, de plus, a initié une procédure en diffamation contre les rares qui ont parlé de ce cas, JForum et  moi, a demandé 13 000€ de dommages et intérêts, avec son avocat, un très proche du Consistoire vraisemblablement mis à disposition par le Consistoire. Les 400 € demandés par le Tribunal n’ont même pas été consignés par le sinistre. Procédé minable aux mains de minables. Je ne leur demande pas pardon, ils sont trop minables.

Je pense que le Consistoire devrait demander pardon à toutes celles qu’il a maintenues prisonnières des années à la merci de minables, car il faut être minable pour refuser de donner le Guett. Et au-delà des mots, il est plus que temps que le Consistoire sorte de la préhistoire et trouve, comme en Israël et aux Etats-Unis, les moyens de mettre un terme à ces procédés opaques et vils.

Que 5 783 apporte à chacun la santé et qu’enfin une solution mise en œuvre pour résoudre le  problème du Guett cesse de nous faire ressembler aux iraniens et à leur brigade des mœurs. Même en iran la révolte gronde.

Tous mes vœux en particulier à Liora et Léa et beaucoup de force encore pour Tsipora.

Evelyne Gougenheim.

 

Quelques articles qui, étrangement, ne figuraient pas dans la newsletter du Consistoire

La Croix

https://www.la-croix.com/Religion/Le-tribunal-rabbinique-Paris-nouveau-mis-cause-affaire-divorce-religieux-2022-09-06-1201231945

Jforum

https://www.jforum.fr/divorce-religieux-le-grand-rabbin-de-paris-nous-embrouille.html

Charlie Hebdo

https://charliehebdo.fr/2022/09/societe/religions/divorce-juif-la-loi-hebraique-contre-celle-de-la-republique/

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