LE HIDA–Rabbi Hayim Yossef David Azoulay 1724-1806

La famille Azoulay échappa à l’Inquisition espagnole en fuyant la péninsule ibérique pour s’installer dans la ville de Fès au Maroc puis, ils quittèrent le Maroc pour s’installer à Hébron après avoir longtemps voyagé. Le rabbin cabaliste Abraham Azoulay fut l’arrière- arrière-grand-père du Hida.

Son père lui-même était rabbin : Rabbi Rephaël Zerahya Azoulay. Le Hida était en fait la sixième génération de Juifs espagnols depuis l’expulsion des juifs du royaume très catholique. En revanche, sa mère, Sara Bialer, était d’origine ashkenaze. Elle était la fille du Rabbin cabaliste Yossef Bialer qui se trouvait à Jérusalem depuis qu’il avait fait son aliya avec Rabbi Yéhouda le Pieux (Yéhouda HeHassid). Le grand-père du Hida lui-même était Rishon LeTsion : le Rav Abraham Ben David Itshaki.

Hayim Yossef David Azoulay étudia à la Yéshiva Yif’ar Inouyim à Jérusalem chez le Rav Yona Navon1 qui jouissait d’une réputation sans tâche. C’est alors, qu’il apprit à rédiger les premiers responsa (shééloth outeshouvoth) sur des questions halakhiques (lois juives).
Les études de Hayim Yossef David Azoulay s’étendirent au-delà des murs de cette Yéshiva puisqu’il étudia chez Rabbi Hayim Ben Attar
2 à la Yéshiva Kenesset Israël, chez le Rav Isaac HaCohen Rappopport3 à la Yéshiva Beith Yaakov et chez le Shalom Shar’avi de la Yéshiva des Mekoubalim (cabalistes) avec le rav Yom Tov Algazi.

Le Hida (acronyme de Hayim Yossef David Azoulay) écrivit de nombreux ouvrages rabbiniques.

Hayim Yossef David Azoulay épousa en premières noces Rahel, fille du Rav Nissim Berakha du Conseil des Sages de Jérusalem. Leur naquirent 5 enfants (deux fils et trois filles dont l’une mourut bébé). Les fils furent des rabbins estimés et considérés et les filles épousèrent des Juifs italiens. Le Hida étant apprécié pour toutes ses compétences fut souvent envoyé en mission4 dans d’importantes communautés européennes et même en Afrique du Nord. C’est ainsi qu’un jour où il se trouvait en Tunisie, un messager lui transmit l’amère nouvelle du décès de son épouse sept mois auparavant à Hébron.

Il garda cette information pour lui sachant qu’on le presserait de prendre femme. Cependant, il s’installa un temps à Livourne5 en 1778 et il y prit épouse : Rahel, la fille du rabbin de la ville de Pise, Moshé HaLévy.

En dehors des ouvrages rabbiniques, le Hida tint un journal de bord pour tous ses déplacements dans les différentes communautés vers lesquelles il était dépêché : ainsi, il fut envoyé par la communauté de Hébron en 1752 et resta absent 6 années. Trois années après son retour à Hébron, en 1761, le Hida reçut une proposition : de se rendre à Amsterdam pour y démarcher les communautés de personnes originaires d’Espagne ou du Portugal qui, fuyant l’Inquisition, trouvèrent refuge en Hollande. Mais, il refusa, préférant rester à Jérusalem où lui fut proposé le poste de Dayan (juge rabbinique). Il séjourna donc dans le pays pour quelques bonnes années.

Cependant, il accepta de se rendre à Constantinople au nom des Juifs de Jérusalem afin de prier les Sultans ottomans de renoncer à nommer un président de la communauté mais il ne réussit pas dans sa mission.
En janvier 1764, il se rendit en Egypte où il fut nommé Rabbin de la communauté d’Alexandrie (Bena Amon d’alors) il exerça ces fonctions cinq années durant. A la suite d’événements politiques inquiétants il regagna Hébron et au bout de trois années
6, il reprit ses pérégrinations toujours pour sa communauté de Hébron. Il se rendit à Livourne en Italie, mais, en 1778, la communauté de cette cité le pria de rester parmi eux à la condition qu’il puisse consacrer son temps à la rédaction.

En 1957, un peu moins de 150 ans plus tard, le Rav Itshak Nissim Grand Rabbin d’Israël et fervent admirateur du Hida, s’enquit de savoir comment on pourrait rapatrier en Israël les ossements du grand sage. Furent alors organisées des réunions avec tous les facteurs intéressés tant à Livourne qu’en Israël et, le cimetière du Mont Scopus étant alors sous administration jordanienne, il fallut envisager un tombeau au Har HaMenouhoth de Jérusalem à Guiv’ath Shaoul. C’est, en définitive, en 1960 que le Hida, hiérosolomytain de naissance fut mis en terre en Israël. A ce propos, il est une anecdote à rappeler : le Grand Rabbin Mordékhay Eliahou, fut chargé alors d’organiser la cérémonie. Il apparut alors que les ossements étaient en désordre et Rabbi Eliahou (zatsal) formula une brève supplique et les os se rangèrent immédiatement permettant ainsi de passer au reste des dispositions.

Cinquante ans plus tard, la dépouille de celui qui fut Grand Rabbin d’Israël (Rishon le Tsion) le Rav Mordékhay Eliahou fut enseveli non loin du Hida, et un seul toit relie les deux sépultures.

Caroline Elishéva REBOUH

1 Yona Navon auteur du Nehpa bekessef 1713-1760

2 Hayim Ben Attar auteur du Ohr HaHayim et du Peroth Guinossar 1696 à Salé au Maroc-1743 à Jérusalem.

3 Isaac ben Yéhouda HaCohen Rappopport, 1685 à Jérusalem-1755;

4 Shadar soit שד« רabréviation signifiant émissaire de Rabbins (shaliah dérabanan).

5 Peut-être parce que l’une de ses filles y vivait.

6En 1772.

L’histoire exceptionnelle des ossements du ‘Hida

www.juif.org

En 5716 (1960), le Professeur Nakhon, l’un des membres de la communauté juive d’Italie, s’efforça de faire amener les ossements du Gaon, le ‘Hida, d’Italie en Israël.

Secrètement, ils sortirent les ossements, et les firent venir en Israël. Le Richon Letsion, le Rav Nissim, délégua le Rav Mordékhaï Eliahou afin de surveiller l’enterrement.

Arrivés à Sanhédria, à Jérusalem, se trouvaient dans la chambre de purification quatre personnes : Rabbi Its’hak Abi’hssira – Baba ‘Haki, le frère de Baba Salé -, le professeur Nakhon, le menuisier, et le Rav Mordékhaï Eliahou.

Les ossements du ‘Hida se trouvaient dans une petite caisse, et ils avaient pensé la mettre dans un plus grand cercueil sans les toucher.

Rav Mordékhaï Eliahou dit à Baba ‘Haki : « Comment pouvons-nous mettre la caisse comme cela ? Le ‘Hida lui-même s’opposait fermement à enterrer dans une caisse dans le cercueil et non dans la terre ! »

Baba ‘Haki lui répondit alors : « Mais qui oserait toucher à ses saints ossements ? »

Rav Mordékhaï Eliahou voyant que personne n’osait le faire, demanda au menuisier ses instruments. La caisse était en haut sur un lit, et en-dessous se trouvait le grand cercueil. Rav Mordékhaï Eliahou fit passer un tournevis entre les planches, et lorsqu’il réussit à ouvrir le couvercle et qu’il s’apprêtait à toucher les ossements, un énorme bruit d’explosion se fit entendre dans la chambre de purification, et les ossements tombèrent de la caisse du haut vers le cercueil qui se trouvait en bas.

Baba ‘Haki s’évanouit, et le Professeur Nakhon et le menuisier  lui mirent de l’eau sur son front et l’assirent sur une chaise.

Entre temps, Rav Mordékhaï Eliahou ferma ses yeux et tendit sa main pour voir s’il y avait besoin d’arranger les ossements, et incroyable… Il vit que tous les ossements et le squelette tout entier était à leur place, il s’empressa donc de fermer le cercueil.

Baba ‘Haki venant juste de se remettre de ses émotions, il vit que la caisse était vide et demanda étonné : « Où sont les saints ossements ? » Rav Mordékhaï Eliahou lui raconta ce qu’il s’était passé, et Baba ‘Haki fut très enthousiasme et dit à Rav Mordékhaï Eliahou : « Ouvre, je veux voir », mais Rav Mordékhaï Eliahou lui dit : « Maintenant, je n’ouvre pas, si le Rav veut ouvrir, voici le marteau et le tournevis… »

Baba ‘Haki ria et dit : « Tu as raison, qui oserait ouvrir à présent ? Mais comme je n’ai pas eu le mérite de toucher ses saints ossements, le mérite m’est réservé d’être dans la tombe lorsqu’on l’enterrera »

Baba ‘Haki descendit donc le cercueil, et juste avant de mettre les ossements, Rav Mordékhaï Eliahou se soucia d’ouvrir le dessous du cercueil afin que les ossements soient à même le sol.

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