Sermon d’un kabbaliste anonyme marocain du début du XXe siècle

Jacques-Henri ABIHSSIRA & Maurice-Ruben HAYOUN le 04.06.2020

Présentation du manuscrit et analyse succincte du contenu doctrinal de ce sermon. Ce manuscrit est parvenu entre nos mains par d’heureuses circonstances ; nous allons tenter d’en analyser le contenu sans jamais porter atteinte à son esprit originel et à son authenticité .

Le contenu de ce document se présente en un seul feuillet d’un  papier à en-téte , appartenant à un négociant renommé à Agadir (Maroc), Jacob Hayoun (ZaL) ; il remonte au tout début des années 30 , ce qui nous place dans une actualité vieille de 90 ans .

Nous devons cette délicate attention à Madame Anath Ittah , fille de Jacob Hayoun (ZaL) et à sa sagacité de l’avoir opportunément extrait des archives familiales , pour le mettre à notre disposition.

Connaissant par ailleurs les grandes qualités humaines de Jacob Hayoun (ZaL), nous n’avons pas rencontré de difficultés particulières pour remonter son cheminement , et expliquer sa conservation dans les archives familiales.

Jacob Hayoun (ZaL) avait la réputation d’offrir l’hospitalité aux rabbins de passage dans sa ville ,venus là , pour l’avancement de leurs propres œuvres exégétiques ou pour soutenir les institutions talmudiques dont ils avaient la charge.

Cette générosité était ancrée dans la conscience du plus grand nombre des juifs du Maroc de cette époque. Il n’est donc pas exclu que l’auteur de ce document ait voulu laisser à son bienfaiteur un témoignage de reconnaissance . une sorte d’hommage , de gratitude , à l’adresse d ‘un chef de famille , soucieux de participer à la diffusion d’un message spitituel .

Description et déchiffrage du manuscrit :
Ce texte, bref mais d’une grande densité, présenté sous la forme d’un sermon , ne contient pas le moindre indice permettant l’identification de son auteur . Il est possible qu’il ait achevé son sermon sur d’autres feuillets et qu’à la fin ,il ait exprimé des remerciements et dévoilé son identité . Par contre , beaucoup d’indices nous permettent de penser que cet auteur , était instruit des thèmes kabbalistiques , quand bien même nulle référence séfirotique n’est mentionnée dans ce texte . En revanche, une attention soutenue est accordée à la symbolique des Noms divins.

Il existait une véritable tradition de la Kabbale espagnole et plus tard, lourianique au Maroc ,ce qui remonte à l’expulsion des juifs de la péninsule ibérique en 1492 et même bien après ; le Zohar ,la Bible de la kabbale espagnole , dite aussi l’ancienne kabbale , ont connu sur le territoire marocain , une diffusion remarquable. De très nombreuses autorités rabbiniques locales ont même rédigé des commentaires du Zohar , au point que les masses populaires furent imprégnées des thèmes mystiques les plus connus.

Enfin il y eut à partir du XVIIe siècle , le déferlement de la Kabbale de Safed , dite aussi lourianique, du nom de son fondateur Isaac Louria (Ha-Ari Ha-Kadoch) et cela modifia , presque de fond en comble , la physionomie de ce vieux judaïsme marocain. Pour s’en tenir à un seul exemple , celui de la réception du chabbat (en hebreu , kabbalat Shabat  shél Ha-Ari) , foisonne des symboles mystiques , jusque dans les plus infimes détails .

Il est vrai que notre auteur aborde le sujet des Noms divins , sans jamais parler de l’arbre séfirotique avec son exubérant symbolisme de la divinité suprême  mais il s’arrête sur le passage du livre de la Genèse et de l’Exode ; le passage de El Shaddai ,au Nom tétragrammate de D.ieu. C’est unr problème que la tradition talmudique a tenté de résoudre à sa façon, contrairement à ce que fera plus tard la critique biblique.

La lecture de ce document s’est révélée des plus difficiles ,car il ne s’agit pas du simple «alphabet Rashi» (ktav- Rashi) , mais d’une calligraphie particulière supposant des lecteurs richement dotés du lourd bagage traditionnel courant à cette époque au Maroc , tels , Bible , Talmud et Midrash , sans oublier la riche littérature kabbalistique.

Ce qui peut ressembler fort à une contraction de texte ou d’entente à demi-mot. Ce qui explique aussi le temps très long , qui a été nécessaire, pour déchiffrer ce texte

Dernier détail technique , le document compte 22 lignes écrites dans un corps de caractères très  serrés et presque miniaturisés , avec des abréviations rabbiniques habituelles , comme celles-ci indiquées pour l’exemple : Ha-Kadosh Baroukh Hou (Le Saint Béni Soit-Il) , Malakhé Ha-Sharet (les Anges de Service) , Hazal (Nos Sages de Pieuse Mémoire) etc…

Enfin le texte semble inachevé , ce qui laisse supposer que le sermon avait probablement une suite , qui s’est égarée au fil des ans .Mais on peut dire qu’il  s’agit d’un authentique érudit ,tant les caractères sont tracés avec soin , et le raisonnement clair et rigoureux , suivi de spéculations exégétiques pas du tout courantes.

On voit clairement , que ce n’est pas une resucée , ni une simple reprise de dérivés talmudiques ou kabbalistiques , puisés servilement dans tels ou tels ouvrages disponibles .On notera aussi , que la toute dernière ligne du document , est une redite de ce qu’on peut lire plus avant dans le texte, concernant la distribution des lettres du Nom divin à des êtres humains méritants.

Il faut rendre un hommage très mérité au système éducatif des juifs du Maroc , qui a généré de nombreux érudits traditionnels , qui maitrisaient parfaitement la littérature rabbinique.

Ce sont ces mêmes érudits qui ont assimilé admirablementt les thèmes fondamentaux de la kabbale , à l’exemple de la réception du chabbat le vendredi soir ou était lu le fameux texte du Zohar qui commence ainsi : AzammerBi-Shevahim (Je chanterai les louanges) … et le samedi midi , Atkinou Séoudata de méhémnouta… (Préparez le repas communiel)

On a la certitude que l’auteur ne pouvait qu’être un de ces prédicateurs itinérants qui battaient la campagne pour récolter des fonds pour eux-mêmes ou pour les institutions talmudiques dont ils avaient la responsabilité.

Cette mentalité est bien ancrée dans la conscience juive traditionnelle et le Talmud en parle dans son Traité des pères (Pirké Avot) : s’il n’y a pas de grain de blé, il n’y a pas de Tora (im eyn kémah eyn Tora). Et comme Jacob HAYOUN (ZaL), négociant parmi les plus respectés et les plus généreux de la ville, avait la réputation de tenir table ouverte pour ces religieux en leur offrant longtemps le gîte et le couvert, il n’est pas exclu que l’un d’entre eux, en l’occurrence l’auteur du document, ait voulu laisser à son bienfaiteur un témoignage de reconnaissance.

Une sorte d’hommage, de gratitude, à l’adresse d’un chef de famille soucieux de participer à la diffusion du message rabbinique. Il faut rappeler aussi que Jacob HAYOUN (ZaL) et son frère cadet Isaac HAYOUN (ZaL) étaient les oncles maternels du grand rabbin d’Agadir, président du Beth-Din local, rabbi Yehouda Chetrit (ZaL) qui a fini sa carrière comme rabbin d’Afoula (Israël)..

Comment s’explique cette éclipse du judaïsme d’Afrique du nord ? Certes, ces grands érudits marocains ont été pris dans le processus de déclin des pays arabo-musulmans où ils vivaient, laissant leurs frères européens prendre le large et aller à la conquête et à l’assimilation de la culture européenne.

Notamment le retard considérable pris dans l’acquisition et la maîtrise des sciences humaines, en l’occurrence l’histoire, la philologie et la science des religions comparées. Ce déséquilibre de l’histoire intellectuelle mondiale condamnant le monde arabo-musulman à l’autarcie et à l’indigence culturelle a fait oublier que c’est ce même judaïsme qui a généré Maïmonide et ses commentateurs lesquels ont, à leur tour, irrigué les Lumières de Berlin au XVIIIe siècle ; or, sans les Lumières de Cordoue, pas de Lumières de Berlin.

Nous espérons effectuer une sorte de rattrapage en mettant à la portée du public cultivé un tel document anonyme, si réduit et si contracté soit-il !

Jacques-Henri ABIHSSIRA et Maurice-Ruben HAYOUN

Analyse doctrinale :
La première ligne procède à une équivalence assez inattendue et presque inconnue, dans sa forme présente, du corpus de la littérature rabbinique : il existerait une similitude entre trois cas : le chabbat, le roi David et le Saint béni soit-il.

On ne manquera pas d’être étonné (l’auteur le dit de lui-même à la fin de la première ligne) par ce triptyque   qui, au témoignage des meilleurs spécialistes, ne se trouve, sous cette forme, nulle part ailleurs dans la littérature rabbinique.

Nous avons consulté nos meilleurs spécialistes des matières traditionnelles que nous remercions de nouveau pour leur dévouement, mais aucun n’a dit connaître ni reconnaître ce type de spéculation. Notre collègue le professeur Günter Stemberger de l’université de Vienne pense qu’il s’agit peut-être d’une aggada inédite, ce qui expliquerait sa totale nouveauté. Reste alors la question de l’identité de l’auteur qui a dû être un érudit hors pair et disposer de fonds littéraires en propre. Madame le peorfesseur Rivka Ulmer (Bucknell University) est d’avis que ce sermon a été puisé dans un recueil d’histoires religieuses, les sifré ma’assiyot, si répandus au Maroc.

Le propos de l’auteur est donc de résoudre ce problème et de montrer, à l’aide d’exemples, que ces rapprochements sont possibles, voire même documentés par la Bible et son interprétation traditionnelle.

Le contenu de ce document se structure d’une triple façon : la nature spéciale, unique, du chabbat dans la vie religieuse juive puisque Dieu en fait le point nodal de la Tora dans son ensemble. Le chabbat est présenté comme la quintessence du message divin qui le considère comme le plus beau cadeau de tous ses trésors : et il jette son dévolu sur son peuple, Israël, censé le recevoir et en observer les commandements.

Il n’a pas de mots assez forts pour en évoquer la valeur spirituelle exceptionnelle. Dans d’autres contextes plus ésotériques, on aurait presque pu parler d’une mystique du chabbat, avant-goût du monde futur et gage de l’éternité d’Israël. Depuis l’époque talmudique jusqu’à Franz Rosenzweig, les penseurs juifs ont accordé à l’espace chabbatique une valeur hors du temps. Ces vingt-cinq heures hebdomadaires ne ressemblent aucunement aux jours ouvrables. Ce temps là transcende le temps normal. C’est un temps au-delà du temps.

Ensuite, il y a la personne du roi David dont la tradition a décidé qu’il sera l’ancêtre du Messie. D’où le thème du Messie fils de David qui fait face à un Messie mort prématurément au combat, le Messie fils de Joseph. Nous n’avions encore jamais vu un tel rapprochement entre le septième jour de la semaine et le roi David dont le texte rappelle qu’il devait mourir (haya raouï lamout) en raison de ses inconduites répétées. Il existe cependant une thématique du chiffre septénaire (le septième jour, la vie humaine qui dure soixante-dix jours, et…).

Mais Dieu, ému par son sincère repentir, a commué sa peine, ce qui fait que nous avons un David redivivus. Car, en principe nous le dit le document, David devait mourir en raison de ses graves crimes mais Dieu prolongea sa vie en abgérant un peu la vie des patriarches, Abraham, Isaac et Jacob dont il était censé prolonger l’œuvre. Il leur retira même cinq années de vie afin de les donner à David, faute de quoi David n’aurait pas survécu.

Enfin, le troisième thème porte sur le Nom divin, le Tétragramme, et les patriarches. Les trois versets bibliques (deux tirés de la Genèse et le troisième de l’Exode) s’en réfèrent au Tétragramme.

Le dernier verset tiré du livre de l’Exode a un contenu important car il vise à infirmer la thèse selon laquelle le Dieu de l’Exode (= le Tétragramme) n’est pas le même Dieu qui s’est révélé aux patriarches ; ce serait celui du beau-père de Moïse, Jethro. Dans l’histoire de l’exégèse biblique, cette théorie porte le nom de l’hypothèse kénite, car ce même Jethro était originaire de cette tribu… Mais nous pensons que ces considérations n’ont pas effleuré l’esprit de notre kabbaliste anonyme.

C’est un nouvel exemple de la générosité divine qui n’hésite pas à offrir les lettres constitutives de son propre nom afin de récompenser des individus très méritants. Dans cette dernière partie, l’auteur ne s’engage pas vraiment dans le domaine des spéculations ésotériques sur les Noms divins dont l’efficace est bien connue dans les milieux kabbalistiques médiévaux. Mais étrangement, notre auteur ne s’y engage point et préfère développer une thèse, connue, peu ou prou, et que nul, à ce jour, n’a pu identifier avec précision.

De quoi s’agit-il ? Dans son infinie miséricorde et sa totale adhésion aux Justes de notre bas monde, le Saint béni soit-il consent à donner à quatre êtres humains de grande valeur, les quatre lettres de son Nom que la théologie juive appelle Shem hawaya. Cette expression est citée dans notre document.

Qu’Abraham et son épouse Sarah fassent partie des heureux élus, cela ne nous étonne guère, que Josué, qui n’est autre que le successeur de Moïse, partage aussi cet honneur, passe encore, mais que Jethro en bénéficie lui aussi, voila qui ne manquera pas d’étonner… Il est vrai qu’il était devenu, par la force des choses, le beau-père de Moïse notre maître. Ceci pouvant justifier cela. Du moins, aux yeux de notre auteur.

On relève dans ce document comme dans toute la littérature rabbinique cette sempiternelle opposition entre les entités célestes et les hommes, notamment lorsque Dieu annonce son intention d’offrir le chabbat à Israël ou de lui remettre la Tora..

Il s’agit là d’un arrière-plan gnostique où l’angélologie rabbinique nous présente une sorte de plérôme divin au sein duquel Dieu en personne consulte ses proches (le talmud parle de la famélia shel ma’la : famille céleste) mais finit toujours par imposer sa décision.

Donc, le dogme du monothéisme est sauvé. Ici, dans notre document, si toutefois nous l’avons bien déchiffré, les anges sont victimes de leur ignorance, en ce sens qu’ils cherchaient une mention du chabbat dans le premier chapitre du livre de la Genèse (les six jours de la création) : s’ils avaient lu le reste de la Tora ils y auraient découvert de nombreuses occurrences portant sur ce jour sacré. Et l’auteur anonyme en cite deux provenant du livre de l’Exode et du Deutéronome.

Cette partie de cache-cache entre les humains et les entités célestes peut paraître puérile aux yeux de nos contemporains mais dans l’univers religieux du judaïsme antique, cela répondait à un besoin nécessaire. C’est la raison pour laquelle le début du document fait état de la volonté de Dieu d’annoncer son intention aux anges du service… Dans d’autres passages talmudiques, les sages expliquent de manière étonnante le fait que le Kaddish soit rédigé en araméen. C’est pour échapper au barrage des anges qui ignorent cette langue et ne veulent s’exprimer que dans la langue sacrée, l’hébreu.

Vu l’état de nos connaissances, il faudra bien poursuivre la recherche, quand ce ne serait que pour intégrer ces curieuses spéculations au corpus midrachique et aggadique. Deux fois au moins, l’auteur s’en réfère à des dicta rabbiniques que nul n’a réussi à identifier.

Conclusion :
Le dénominateur commun des trois cas n’est autre que la générosité de Dieu, l’amour qu’il voue à ses créatures, au point de se déposséder de son Nom qu’il offre par amour à des êtres de chair et de sang. Or, les mystiques connaissent l’efficace puissante des lettres du Nom divin , ces mêmes lettres qui furent les instruments de la création de l’univers :
En donnant naissance au jour du chabbat qui, tout en étant cité dans la Tora ne figurait pas parmi les six jours de la création. Il jongle avec les chiffres et parvient à dégager les vingt-quatre heures nécessaires.

En permutant à David de continuer à vivre alors que ses fautes étaient punissables de mort. Et en prenant là aussi des années de vie à Adam et aux patriarches en vue d’en faire bénéficier David.
En offrant à quatre membres éminents de l’humanité jusqu’à son propre Nom (les quatre lettres du Tétragramme). Sans que la validité de ce même Tétrgramme n’en soit affectée.

Jacques-Henri ABIHSSIRA & Maurice-Ruben HAYOUN dédient cette méditation à leurs défunts parents (ZaL)

 

Sermon d’un kabbaliste marocain anonyme du début du XXe siècle

Le cas du chahhat est comme le cas de David qui ressemble (à son tour) au cas du Saint béni soit-il. Or, ceci ne laisse pas d’étonner.

Mais il est possible d’interpréter cela (ce triptyque) par des exemples, en s’appuyant sur ce que nos sages de pieuse mémoire ont dit dans le midrash : le Saint béni soit-il a dit à Moïse notre maître: J’ai un beau cadeau dans le coffre de mes trésors et son nom est le chabbat. J’entends l’offrir à Israël.

Au même moment, ils (les anges) lui dirent : Maître de l ‘univers, le chabbat mais où est il donc ? Car il n’est pas mentionné parmi les six jours de la création. Ainsi qu’il est dit (Genèse 1 ; 4) : il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour.

Et il en fut ainsi pour tous les autres jours jusqu’au sixième. Pourtant, le jour du chabbat n’est guère mentionné
Cette question a fait l’objet d’un examen au sein duquel on s’est servi d’une prémisse extraordinaire.

Nos sages de pieuse mémoire enseignent : les six jours de la création à partir desquels le Saint béni soit-il a créé son monde, comptaient chacun vingt-huit heures, quatorze heures pour le jour et quatorze heures pour la nuit.

Et lorsque le Saint béni soit-il décida de créer le jour du chabbat il prit au jour deux heures et à la nuit deux heures……. De chacun de ces six jours il retira quatre heures. Et six fois quatre heures, donne vingt-quatre heures.

Mais les anges du service ne connaissaient pas ce secret établissant les heures du chabbat qui se trouve pourtant dans les versets suivants de la Tora, du type : Souviens toi du jour du chabbat (Exode 20 ;8) et aussi observe le jour du chabbat (Deut. 5 ;12). Et on trouve de nombreux versets de ce type disséminés dans la Tora.. Les anges se sont donc posés la question : mais où donc est le chabbat ?

Et ils (les anges) ont dit : mais le chabbat où est il ? Et David où est il ? Les anges ont posé cette question lorsque Dieu a dit : David, le roi d’Israël est bien vivant. C’est qu’en principe, il devait mourir ; alors que fit le Saint béni soit il ? Il retira aux patriarches du monde quelques années de leur vie, ainsi qu’il est dit dans le Psaume hinné bétohot natata yamaï.

Comme les anges du service ont vu que le Saint béni soit-il avait dit : David, le roi d’Israël, est bien vivant. ils (les anges du service) ont dit : Maître de l’univers, mais David où se trouve t il ? C’est qu’en principe il ne disposait pas de ces années de vie qui n’avaient pas été évoquées précédemment. C’est pour cela que le cas de David ressemble au cas du chabbat.
De ce qui précède il suit que le cas du chabbat ressemble à celui de David. Ils ont dit aussi : ce cas est similaire à celui du Saint béni soit-il. Comment faut il le comprendre ?

Nos sages de pieuse mémoire ont dit que le Saint béni soit-il a pris les quatre lettres sacrées (de son Nom) pour les donner à quatre êtres humains.. Comment cela ? La lettre YOD fut donnée à Yéhochoua (Josué), la lettre Hé fut donnée à Abraham, l’autre lettre Hé finale (du Tétragramme) fut donnée à Sarah dont le nom précédemment était Saraï et la lettre vaw fut donnée à Jethro dont le nom précédent était Yéter, Les anges du service ont donc aussi demandé mais où est le Nom tétrégrammate (puisque Dieu est censé l’avoir distribué aux Justes ) ?

Le Saint béni soit-il a distribué aux Justes les lettres de son Nom car il lisait dans la Tora jour après jour, des versets comme : Je suis l’Eternel ton Dieu qui t’ai fait sortir d’Ur en Chaldée. C’est que les anges du service ne connaissaient pas le fin mot de l’affaire.. D’où la question qu’ils ont posée.

La lettre yod dans on intégralité ( ?) donne 20 . Le Saint béni soit il a donné son yod qui n’en demeure pas moins à la place qui était la sienne à l’origine ; il a donné sa lettre hé qui n’en demeure pas moins à sa place originelle ; il a donné son waw qui n’en demeure pas moins à sa place originelle et il en va de même pour la lettre finale hé ( de son Nom). En vérité, Dieu n’a donné que la partie occulte de son Nom (Tétragramme) Conclusion : le cas de David ressemble bien au cas du Saint béni soit-il.

Les anges dirent : mais où est le Nom tétragrammate béni soit il?. Il est chez les quatre personnes évoquées plus haut. Il est dit de notre matriarche Rébecca (Genèse 25 ;22) :S’il en est ainsi, pourquoi moi ? Elle alla consulter l’Eternel Mais où puisqu’il a distribué son Nom aux Justes ? Et c’est à cet effet qu’il est dit : Mais mon Nom tétragrammate je ne le leur pas fait connaître….

Et nos sages de pieuse mémoire ont relevé un distinguo ; il n’est pas écrit hoda’ti (faire connaître, révéler) mais noda’ti (être connu à la voix passive, se faire connaître). Et ils ont occulté cette question des lettres sacrées car bien qu’offertes les lettres demeurèrent dans le Nom ; et c’est pour cette raison qu’il est écrit noda’ti et pas hoda’ti…

Et cela a un rapport avec ce qui fut dit de EL CHADDAÏ et du TÉTRAGRAMME : que me vaut l’un et que me vaut l’autre ? Abraham lisait chaque jours les versets de la Tora : Je suis l’Eternel ton Dieu… Dieu parla à

Lorsque le Saint béni soit il se révéla sous le Nom d’EL CHADDAÏ , il y avait une sorte de condition : s’ils (les enfants d’Israël) se conduisent bien lui (Dieu) aussi les gratifiera de ses bienfaits.

Mais si tel n’est pas le cas, lui aussi s’abstiendra. En revanche, avec le Nom tétragrammate, plus de clause suspensive : qu’ils se conduisent bien ou mal, Dieu les gratifiera de ses bienfaits. Puisse t il nous gratifier de ses bienfaits éternellement. Amen et puisse t il en être ainsi.

Bien qu’il ait distribué les quatre lettres de son Nom, le Tétragramme est resté dans son lieu.

Précédemment Abraham se nommait Abram et Jethro Jether. A l’origine, Sara se nommait Saraï et Yehoshoua (Josué) Yéshou’a… (Visiblement, le texte est incomplet et s’arrête abruptement ici)

 

 

 

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