les Grands Prophètes: Isaïe et Jérémie (5)

La Torah écrite: les Livres des Prophètes (4)?

ISAIE YISHAYAHOU

L’époque à laquelle Isaïe a exercé son ministère de Prophète se déroule, d’après certains historiens du VIIIème au VIIème siècle avant l’ère chrétienne mais on ne possède pas de repères historiques qui pourraient permettre de connaître ses dates.

Les prophéties d’Isaïe sont très longues puisque ce livre d’Isaïe contient 66 chapitres ! Lors des 39 premiers chapitres, le prophète prévoit et avertit le peuple du fait que la puissance étrangère voisine se renforce et constitue une immense menace qui pourrait se terminer par une invasion et un exil de la population d’Israël.

Il fut un contemporain du roi Hizkiyahou (Ezéchias) du royaume de Juda (de 766 à 701).

Cette période est témoin de la montée en puissance de Babel. Le Royaume de Juda est en pleine croissance et, la population a tendance à relâcher les mœurs et, évidemment, ces inconduites déplurent à D.

Le roi Hizkiyahou eut pour fils Menashé qui exerça donc à la place de son père cependant, il fut un souverain cruel qui n’acceptait pas ceux qui auraient pu s’opposer à lui et ainsi, il fit exécuter plusieurs personnages. 

Dans la haphtara Yitro, tirée du livre d’Isaïe, il y a une sorte de mise en parallèle avec la révélation au Sinaï. Nous assistons à un autre récit de révélation divine étonnante: la première vision d’Isaïe durant laquelle il fut ordonné comme prophète pour Israël.

Le prophète rapporte l’image, Dieu est assis sur un trône, entouré d’anges, créatures à six ailes. Ces dernières, appelées Séraphins, se hèlent: «Saint, saint, saint! Le Seigneur des Armées! Sa présence remplit toute la terre! » (Isaïe 6: 3). Ce verset sera intégré à la liturgie de la synagogue dans la prière des 18 bénédictions (amida) et porte le nom de « Kedousha ».

Alors que les Séraphins invoquent, les poutres de la porte tremblent et la maison de Dieu se remplit de fumée. Isaïe est totalement surpris et humilié: «Malheur à moi; Je suis perdu! Car je suis un homme aux lèvres impures et je vis au milieu d’un peuple aux lèvres impures; pourtant mes yeux ont vu le roi seigneur des armées » (6: 5).

Malgré les hésitations et les doutes d’Isaïe, son initiation se poursuit. Un séraphin prend un charbon ardent et brûle ses lèvres, déclarant qu’avec ce geste le péché d’Isaïe serait pardonné.

Alors Isaïe est interpellé directement par Dieu qui lui demande: «Qui dois-je envoyer? Qui ira pour nous? ”Isaïe se propose:“ Je suis là; envoie-moi » (6: 8).

Isaïe apprend qu’il est envoyé en mission pour informer le peuple d’Israël de leur destruction imminente.

La destruction sera complète, fait-on savoir à Isaïe. Les villes et les maisons seront vidées de leurs habitants et la terre sera complètement déserte (6:11). Mais tout espoir ne doit pas être perdu.

Comme les térébinthes et les chênes, dont les souches vivent même après avoir été abattues, un dixième de la population restera une “graine sacrée” (6:13).

Cette illusion, bien que sujette à interprétation, semble indiquer que tout le peuple sera ravagé, mais un dixième survivra et régénérerait Israël.

Les textes prophétiques d’Isaïe tout comme plus tard celles d’Ezéchiel ont parfois permis, selon les tournures historiques et conflictuelles traversées par le peuple juif, d’être interprétées selon des évidences immédiates telles que pendant la guerre du golfe ou lors de certaines attaques particulièrement meurtrières.

De leurs côtés, des commentateurs de croyances étrangères ne se sont pas gênés pour interpréter à leur avantage des textes d’Isaïe notamment.

JÉRÉMIE   YRMIYAHOU

Ce prophète est le deuxième des quatre grands prophètes.

Dans ce nom on trouve la racine  du verbe hébraïque larom élever le sens de ce nom est HaShem élèvera tout comme les prénoms Yoram ou Yéhoram. La différence entre ces prénoms résidant dans la façon d’utiliser le nom divin soit en postant une partie du Tétragramme en tête du prénom ou en fin.

Jérémie est fils de prêtre (Cohen Gadol) et donc, son père Hilkiyahou HaCohen le prépare à lui succéder. 

Quant au contenu du livre des prophéties de Jérémie, évidemment aucune preuve historique ou scientifique ne permet d’établir sans qu’aucune tergiversation ne soit possible le fait que Jérémie ait effectivement composé ce texte ou que ce soit son aide (Baroukh ben Neriya). 

Jérémie est né à Anatoth sur les hauteurs de Jérusalem. Anatoth, aujourd’hui, est une zone industrielle aux abords de la capitale.

Jérémie fait, comme quelques-uns avant lui (Abraham, Moïse, Samuel…) l’expérience de la nomination prophétique : il se trouve seul et perçoit une voix qui lui dicte ce que sera sa vie et son ministère. Même s’il ne comprend pas immédiatement l’importance de cette fonction il en fera l’apprentissage rapidement. Il se frotta à l’incompréhension totale de cette population devenue hostile à la tradition ancestrale et Jérémie devra prophétiser différents événements qui eurent lieu, en effet, avant que d’être pris en considération : ainsi il eut à prédire la mort de Hananya qui se présentait comme prophète et dont la conduite était déplaisante au regard de l’Eternel et ses prédictions se réalisèrent tout comme le furent ses prédictions d’exil du peuple et la fin d’autres peuples…

On suppose qu’il est l’auteur du livre des Lamentations d’où le fait qu’elles aient été appelées « les jérémiades ».

Jérémie eut une existence au long de laquelle il essuya nombre d’épreuves physiques et morales des plus dures.

JForum avec Caroline Elishéva REBOUH

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