Mohamed Merah inhumé en France après le refus d’Alger

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Les obsèques de Mohamed Merah, l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban, auront lieu en France après le refus des autorités algériennes d’accueillir le corps.
Abdallah Zekri, conseiller du recteur de la Grande Mosquée de Paris, a précisé à Reuters que l’inhumation aurait lieu jeudi “dans le carré musulman de la ville de résidence, donc Toulouse, comme le veut la loi française”.


Les obsèques de Merah seront organisées en… par BFMTV

Le responsable religieux a précisé que l’inhumation était prévue à 17h00 au cimetière de Cornebarrieu. Le refus en Algérie a été formulé, par craintes de troubles à l’ordre public, par le maire de la commune où la famille voulait inhumer Mohamed Merah.

“Le maire a émis un avis défavorable”, a-t-il dit.

Mais une source gouvernementale algérienne a dit que la décision venait d’Alger.

“L’Algérie n’a rien à voir avec cette affaire et nous ne comprenons pas pourquoi certains milieux en France veulent nous impliquer”, a-t-on dit.

“C’est pourquoi nous avons pris la décision de ne pas accepter le corps pour le moment. C’est une décision temporaire”, a ajouté cette source.

La famille française du ‘tueur au scooter’ mais également son père, ainsi que son oncle du village de Bezzaz, espéraient jusqu’à mercredi soir une réponse favorable des autorités algériennes pour faire inhumer Mohamed Mera, 23 ans, en Algérie.

ÉCOUTES TELEPHONIQUES

Sur le plan de l’enquête, les services de police suivent toujours la piste d’un possible troisième homme, voire d’autres complices.

Les policiers privilégient l’hypothèse selon laquelle Mohamed Merah ne faisait pas partie d’un réseau structuré mais pensent qu’il a pu être aidé au plan local par des amis ou des relations.

L’audition d’Abdelkader Merah, le frère aîné de l’auteur des tueries mis en examen et incarcéré dimanche pour complicité d’assassinats, a renforcé l’idée qu’une autre personne avait participé au vol du scooter utilisé par Mohamed Merah.

Abdelkader Merah a reconnu s’être trouvé sur les lieux et a laissé entendre que l’auteur du vol n’était pas Mohamed Merah mais, peut-être, une autre personne, dit-on de source policière.

Depuis, les enquêteurs passent au crible toutes les relations du jeune homme, d’autant qu’ils cherchent à savoir qui a posté la copie de la vidéo des assassinats envoyée à la chaîne de télévision qatarie Al Djazira, qui a répondu aux appels du gouvernement et des familles à ne pas la diffuser.

Une Clio blanche immatriculée dans la Haute-Garonne retrouvée mercredi dans un village de l’Aude n’a aucun rapport avec l’affaire, a indiqué par ailleurs la police judiciaire.

Des responsables politiques continuent à s’interroger sur les éventuelles zones d’ombre ou des failles dans la surveillance de Mohamed Merah, qui s’était rendu en Afghanistan, puis au Pakistan.

François Fillon a expliqué jeudi que les écoutes téléphoniques du jeune homme et de sa famille effectuées entre mars et novembre 2011 avaient été levées parce qu’elles n’avaient rien donné et pour ne pas attenter aux libertés.

“Aucun élément permettant de penser que Mohamed Merah était dangereux n’a été décelé dans ces écoutes et donc naturellement il a été mis fin à ces écoutes. Nous devons défendre les libertés individuelles”, a dit le Premier ministre sur France Inter.

PARIS (Reuters)
Gérard Bon avec Nicolas Bertin, Guillaume Serries à Toulouse et Lamine Chikhi à Alger, édité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser

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