Guerre Hamas-Israël: opérations à Rafah, pourparlers sur une trêve… Le point sur la situation

Alors que l’armée israélienne a lancé d’intenses bombardements sur Rafah, le mouvement terroriste du Hamas aurait accepté, au dernier moment, un accord de trêve.

Ce mardi 7 mai, l’armée israélienne poursuit ses bombardements à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, où une offensive est redoutée. En parallèle, de nouveaux pourparlers vont se tenir au Caire, après que le Hamas a accepté un accord de trêve au dernier moment, dont les modalités sont encore discutées par l’État hébreu.

L’administration Biden a envoyé un message à Israël selon lequel la proposition du Hamas est une contre-proposition dans les négociations, et qu’elle doit être considérée comme telle, comme nous l’avons rapporté ce soir (mardi) dans « The Central Edition ». Hier et aujourd’hui, une série de négociations tendues ont eu lieu entre des responsables israéliens et américains, au cours desquels les Israéliens leur ont demandé de ne pas soutenir publiquement la proposition du Hamas.

En Israël, on a dit que la proposition du Hamas était une tromperie, mais on s’est quand même rendu aux négociations du Caire pour faire peser une charge sur Israël ou plutôt une proposition qui permettrait de créer des voies pour des accords.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Yahya Sinwar (Photo : Yonatan Zindel, Flash 90, AP)

Binyamin Netanyahou et Yahya Sinwar Photo : Jonathan Zindel, Flash 90, AP

Le point sur la situation.

Sans progrès sur les otages, Israël « intensifiera » son opération dans Gaza

Tandis que des accords de trêve sont en cours au Caire, le ministre de la Défense israélien Yoav Gallant a indiqué, ce mardi, que Tsahal pourrait « intensifier » son offensive « dans toute la bande » de Gaza si le Hamas ne daignait pas libérer les otages détenus. « Nous sommes prêts à des compromis pour ramener les otages, mais si nous n’avons pas le choix, nous intensifierons l’opération dans toute la bande – au sud, au centre, et au nord », a ainsi déclaré Yoav Gallant.

Par ailleurs, une délégation israélienne a été missionnée par Benyamin Netanyahou afin de négocier les accords de trêve au Caire. Dans un communiqué publié ce mardi, le Premier ministre israélien a livré comme consigne à la délégation de « continuer à se montrer ferme sur les conditions nécessaires à la libération » des otages, ainsi que sur les conditions « essentielles » pour garantir la sécurité d’Israël.

Ce mardi, Washington s’est montré optimiste sur la possibilité qu’une trêve soit signée au Caire. Israël et le Hamas « devraient être capables de combler les lacunes qui restent » pour conclure un accord de cessez-le-feu, a ainsi soutenu le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Kirby, sans préciser de quelles lacunes il parlait.

Antonio Guterres appelle à Israël à « arrêter l’escalade »

Depuis le siège des Nations unies, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé ce mardi Israël à « arrêter l’escalade » et a réclamé la réouverture des points de passage de Rafah et Kerem Shalom « immédiatement », dont la fermeture par Israël coupe l’acheminement d’aide et du carburant vers Gaza.

Frappes aériennes à Rafah, Tsahal dit contrôler le point de passage avec l’Égypte

La défense civile dans la bande de Gaza, citée par l’Agence France-Presse (AFP), déplore de « nombreux morts » à Rafah après des frappes aériennes survenues dans la nuit de lundi à mardi. Des tirs d’artillerie ont également été signalés. « Des forces spéciales passent au peigne fin le point de passage » de Rafah, « nous avons le contrôle opérationnel de la zone », a affirmé l’armée israélienne ce mardi matin.

Les forces prennent le contrôle du passage (photo : porte-parole de Tsahal)

Des chars israéliens sont postés à proximité du point de passage de Rafah, qui relie le sud de la bande de Gaza à l’Égypte voisine. Tsahal, qui menace depuis plusieurs mois de mener une offensive terrestre sur la localité au sud de l’enclave, a tenu à préciser que l’opération « de contre-terrorisme » en cours est « d’une ampleur très limitée contre des cibles très précises ». L’armée israélienne a également annoncé ce mardi, à la mi-journée, que les roquettes tirées le matin en direction du territoire israélien, qui n’ont fait aucun dégât ou blessé, venaient de Rafah.

Lundi, l’armée israélienne avait annoncé avoir commencé une opération d’évacuation de dizaines de milliers de personnes dans l’est de cette ville. Ce mardi matin, le porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires a par ailleurs indiqué que l’ONU s’est vu refuser l’accès au point de passage de Rafah. « On nous a dit qu’il n’y aurait pas de passage de personnel ou de marchandises dans les deux sens pour le moment… Pour combien de temps ? Je n’en sais rien. Mais telle est la situation actuelle », a déclaré Jens Laerke, lors d’un point de presse.

Les négociations vont se poursuivre au Caire

Alors que les forces israéliennes continuent de mettre la pression sur le terrain, le pays va envoyer une nouvelle délégation au Caire « dans le but de maximiser les chances de parvenir à un accord à des conditions acceptables pour Israël », ont déclaré les services du Premier ministre Benyamin Netanyahou. Le Qatar a également envoyé une délégation en Égypte ce mardi 7 mai au matin. En milieu d’après-midi, un dirigeant du Hamas a qualifié auprès de l’AFP les discussions au Caire comme la « dernière chance » pour Israël de récupérer les otages.

« J’ai lancé aujourd’hui un appel très ferme au gouvernement israélien et aux dirigeants du Hamas pour qu’ils fassent un effort supplémentaire pour matérialiser un accord vital », a déclaré pour sa part le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Jusqu’ici, Israël s’est opposé à un cessez-le-feu tant que le Hamas n’aurait pas été défait. De son côté, le mouvement terroriste islamiste a demandé un cessez-le-feu définitif et un retrait israélien de la bande de Gaza.

Le Hamas « accepterait » une proposition de « trêve » au dernier moment

Après un week-end où les espoirs de trêve semblaient s’être totalement envolés, le Hamas a informé, lundi 6 mai, à la surprise générale, l’Égypte et le Qatar, pays médiateurs avec les États-Unis, qu’il avait « approuvé leur proposition pour un accord de cessez-le-feu » avec Israël. Aucun détail n’a officiellement filtré sur ledit accord.

Cette proposition est « loin des exigences israéliennes », a rétorqué le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou quelques heures plus tard, le cabinet de guerre a donc décidé à l’unanimité de poursuivre l’opération à Rafah pour accroître la « pression militaire » sur le groupe terroriste.

Reuters, qui cite un responsable israélien sous le couvert de l’anonymat, affirme que son contenu ne peut être accepté par Israël en l’état. « Cela semble être une ruse destinée à faire passer Israël pour la partie qui s’oppose à un accord. » Selon Khalil al-Hayya, numéro deux de la branche politique du Hamas, la proposition acceptée comprend trois phases de 42 jours chacune, qui inclut notamment un retrait complet des troupes israéliennes de la bande de Gaza et l’échange des otages contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël.

JForum.fr avec  www.lepoint.fr et mako
Prise de contrôle de Rafah par Tsahal Photo : porte-parole de Tsahal, Reuters

 

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Asher Cohen

Il n’y a rien à discuter avec cette merde parce qu’ils savent pertinemment qu’ils vont mourir, et donc ils ne respecteraient pas leurs engagements. Ils sont sur leurs talons. Tout le monde rêve de quelque chose sans savoir comment l’obtenir. On voit bien qu’ils n’étaient pas préparés à cette situation. Netanyahou fait mine de négocier, mais seulement en continuant à avancer. Il contrôle la dynamique, mais prend son temps, probablement dans le but d’expulser un maximum de gazaouis, auquel cas cela peut durer encore des mois.