TiSHRi: le mois du Repentir (vidéos)

Caroline Elisheva Rebouh le 17.09.2020

Le mois de Tishri marqué par la fête de Roch Hachana,  est le septième mois de l’année mais, ainsi que nous le lisons dans le traité de Rosh Hashana, il y a quatre « jours de l’an » dans le calendrier hébraïque : Le 1er nissan pour le décompte des années de règne d’un souverain et fixer les fêtes, le 1er eloul pour la dîme sur le bétail, le 1er tishré pour le décompte des années, pour les années shabbatiques (shemita) et pour le jubilée et pour la semence des légumes ; le 15 shevat (10 bishevat selon beit shamaï et le 15 selon beit hillel) pour la plantation des arbres.

Le sept, on le sait, est l’indice de pureté mais aussi de préférence et dans le cas du septième mois, il est bien aussi, en inversant les voyelles et en laissant les lettres à leur place on peut appeler tishri comme le mois le plus « savéâ » (rassasié) שבע de fêtes de l’année puisque Tishré ne compte pas moins de 4 « convocations saintes » : Rosh Hashana, Yom Kippour, Souccoth et Simhat Torah ou fête de la clôture.

Les lettres de Tishré nous rappellent l’esprit de ce mois de la manière suivante : la première lettre tav qui nous indique que nous devons beaucoup prier (tefila) et faire repentance (teshouva).

La deuxième lettre, le shin qui est l’initiale de shofar qui va ponctuer nos prières, ces deux lettres regroupant les devoirs de l’homme par rapport au Créateur,
La troisième lettre : le resh, initiale de rahamim (miséricorde : nous demandons au Créateur d’avoir pitié de nous, pauvres pécheurs),
Et enfin, la quatrième lettre, le youd qui nous rappelle que c’est vers D. que nous prions et demandons Son pardon ; ces deux dernières lettres font allusion à ce que nous attendons et espérons du Saint béni soit-Il : Sa clémence et Son pardon.

Tishri est donc tout un programme très sérieux.
Nous reviendrons, par la suite sur chacune des fêtes.
L’année qui commence va être l’occasion pour chacun de formuler de bons vœux et de bons souhaits aux proches, aux voisins, aux amis et connaissances selon certaines formules consacrées :
Shana tova oumevorékheth שנה טובה ומבורכת
שנה טובה תכתבו ותחתמו בספר החיים shana tova tikatévou outihatémou besefer ‘hahayim : bonne année, soyez inscrits dans le livre de la vie.
Que l’année vous soit douce – shana tova oumetouka: שנה טובה ומתוקה

LE REPENTIR ou LA TESHOUVA :

Il est écrit (Isaïe LV, 6) : « Cherchez l’Eternel pendant qu’Il est proche, appelez Le quand Il est là! » « Cherchez » fait allusion à la Teshouva, car en faisant un retour sur soi et « appelez-Le » fait allusion à la prière.

C’est que pendant cette période qui va du 1er Eloul jusqu’à Yom Kippour, D. Se tient près de Ses enfants comme un Père veillant sur eux.

Les dix jours qui s’étirent entre Rosh ‘Hashana et Yom Kippour sont appelés « asseret yemé teshouva » (dix jours de pénitence) ou les jours redoutables « yamim norayim », redoutables car notre bonne fortune, notre vie, tout est sous condition.

Dans les pirké avoth, les sages nous conseillent de faire teshouva un jour avant notre mort et, puisque nous ne savons pas quand arrivera notre échéance, il est bon de faire pénitence aujourd’hui de manière à ne pas être pris au dépourvu car tant que le souffle de vie nous anime, nous pouvons nous amender, nous corriger, prendre de nouvelles et bonnes résolutions, nous pouvons essayer d’améliorer notre comportement. Après, il sera trop tard. D. est là, Il tend l’oreille. Il n’attend de nous qu’un mot : Je Te demande pardon.

Mais la teshouva n’est pas seulement envers D. elle existe aussi vis-à-vis du prochain : D. ne pardonne que les fautes commises envers Lui et qu’en est-il des fautes commises envers autrui ? Celles-ci ne seront pardonnées que si nous nous sommes adressés à notre prochain et qu’avec humilité et sincérité nous lui demandons pardon pour une faute bien précise ou pour un tort que nous lui avons causé, volontairement ou involontairement.

Et, de même nous devons, chaque jour, au moment où nous lisons le shémâ avant de nous endormir, passer en revue les évènements de la journée et nous devons déclarer qu’en notre âme et conscience, nous pardonnons à tous ceux qui nous auraient offensés volontairement ou pas et leur accorder le bénéfice du doute.

Il est utile, plus particulièrement pendant cette période où nous faisons un retour sur nous-mêmes de rencontrer des personnes proches ou de téléphoner : famille, amis, relations de travail, voisins etc…. et de demander selon la formule consacrée : mehila, seliha oukapara im pagâti beyodeîn oubelo yodein. Pardon si je vous ai offensé exprès ou sans faire exprès. מחילה, סליחה וכפרה אם פגעתי ביודעין ובלא יודעין.

La réponse est mahoul ! mahoul ! pardonné pardonné ! מחול, מחול..
Le degré atteint par la personne qui demande pardon à son prochain est tel que D Lui-même peut intervenir pour sauver un tel tsadik de la mort.

On raconte ainsi qu’un homme voyageant à pied d’un village à un autre et voyant la nuit arriver, avisa les ruines d’une habitation et s’y réfugia pour y passer ces quelques heures et pouvoir ainsi le lendemain reprendre son chemin. Il posa à terre son baluchon, y posa sa tête et s’endormit tout en s’emmitouflant dans son manteau devenu trop fin par l’usure des années.

Un vieil homme habitant en face vit soudain deux brigands s’approcher dans l’intention sans doute de dérober au dormeur son maigre bagage mais, soudain les deux hommes se disputèrent et ils se séparèrent. L’un d’eux revint à cet endroit et soudain parut un chacal qui mordit le brigand le contraignant à s’enfuir pour trouver du secours…………

Le matin venu, le vieillard traversa la rue pour s’enquérir du salut du dormeur qu’il trouva en train de réciter ses prières. Il lui adressa la parole et le pria de rentrer chez lui pour s’alimenter un peu et lui conta ce qui s’était passé dans la nuit : « quelles sont les mitsvoth que tu fais pour mériter que le Saint béni soit-Il t’ait sauvé Lui-même à deux reprises d’une mort certaine ? »

Après avoir hésité, le voyageur répondit peut-être est-ce parce que chaque soir je pardonne à tous ceux qui m’ont offensé et je demande aussi pardon pour les actions faites ce jour-là !!

Si le repentir est une démarche individuelle, c’est-à-dire que chaque être humain va décider pour lui-même d’amender son comportement et de s’astreindre à ne plus faire de lashon ‘harâ (médisance) ou à faire d’avantage de tsedaka, à s’attacher à faire d’avantage de mitsvoth ou de prier d’avantage, de secourir, d’aider, ceux qui en ont besoin, d’un peu plus étudier etc…..

Le repentir ne nous aidera pas uniquement sur le plan individuel mais, il aura aussi une retombée positive sur l’ensemble de la communauté car il est écrit : Israël ârévim zé lezé ישראל ערבים זה לזה Chaque individu du peuple d’Israël est garant de son prochain.

C’est-à-dire que chaque action bonne ou mauvaise faite par l’un d’entre nous grève ou crédite notre compte tout en rendant le pardon de toute la communauté plus facile ou plus difficile.

Les prières récitées au long des selihoth sont toutes dites à la première personne du pluriel : nous pour bien illustrer notre souci de demander pardon collectivement à notre Père qui est aux Cieux, אבינו מלכנו ou encore : אבינו שבשמים.

Il faut aussi tenter de se débarrasser des mauvaises habitudes car comme leur nom l’indique, nous les faisons automatiquement, sans réfléchir et, de même que nous nous inspectons avant de nous rendre à un rendez-vous, nous devons examiner notre comportement avec une loupe et nous poser la question suivante : si j’étais à la place de l’un de mes parents et que je sache ce qui se passe chez moi serai-je satisfait ? Devrai-je réclamer une correction, une punition ? Serai-je fier de mon enfant ?

Et, par conséquent s’examiner sans aucune bienveillance et exiger de nous-mêmes le meilleur et de faire en sorte que notre nouveau comportement nous vaille des bénédictions de la part de ceux auxquels nous serons venus en aide.

La teshouva parfaite ne s’accompagne pas seulement d’un retour sur soi mais aussi de la confession de la faute et de l’abandon véritable de cette seconde nature dont nous avons fait de la mauvaise habitude.

Les sacrifices présentés au Temple étaient payés par le klal Israël – par tout le peuple d’Israël – et, lorsque le Grand Prêtre présentait le bouc émissaire sur lequel il imputait tous les péchés commis par le peuple, le fil d’écarlate qui représentait les péchés d’Israël devenait blanc c’est-à-dire que tous étaient purifiés.
Il est temps de se préparer moralement à la nouvelle impulsion à donner à l’année qui se présente à nous.

Caroline Elisheva Rebouh

C’est fou ce que l’on peut faire avec un choffar

Amit Sofer publie chaque année une adaptation musicale d’une mélodie traditionnelle juive. Cette année, voici la version de la chanson Mi Aïsh Hahafetz Haïm.

Un psaume bien connu, une mélodie qui trotte dans toutes les têtes et un choffar. C’est la performance annuelle d’Amit Soffer pour ce Roch Hachana 5781.

Source 

EST-IL PERMIS DE DORMIR A ROSH HASHANA ? EST-IL PERMIS DE PLEURER A ROSH HASHANA ?

L’après-midi de Rosh Hashana, souvent on interdit aux adultes comme aux enfants de dormir car la Tradition nous enseigne que pour Rosh Hashana, l’après-midi, un ange passe et enregistre tous les Juifs pour les inscrire sur le Livre de la Vie.

C’est la raison pour laquelle, malgré les agapes du repas de fêtes et le fait que nous soyons en pleine digestion, nous tentons de rester réveillés. Lorsque Rosh Hashana tombe un shabbat, la Tradition nous « permet » de dormir car l’Ange ne peut inscrire personne un shabbat !

Cependant, il sera « permis » de dormir (après 12h) si le fait de pouvoir sommeiller quelques instants rendra l’étude de la Torah possible et effective.

Lors de la grande supplique de Avinou Malkénou, nous demandons que D. nous inscrive dans différents registres tels celui de la Vie, de la Santé, de la parnassa, du shalom etc……. et prier pour les autres revient à prier pour soi-même en premier lieu ainsi qu’il est dit :
המתפלל על חברו נענה תחילה
CELUI QUI PRIE POUR SON PROCHAIN EST EXAUCE EN PREMIER (Baba Kama 92 sur Bereshit XX, 14)

PLEURER POUR ROSH HASHANA : EST-CE PERMIS ?

Depuis l’enfance on nous répète que pour Rosh Hashana il est interdit de pleurer, car il est écrit : ושמחת בחגך Tu te réjouiras lors de tes fêtes…. Nous nous efforçons donc de nous réjouir des fêtes que D. nous as ordonné d’observer et pourtant, peu importe à quelle communauté nous appartenons mais Rosh Hashana et Yom Kippour sont des jours « redoutables » où notre avenir va être considéré par le Maître incontesté du Monde !

Ces jours sont redoutables car nous avions conscience que nous ne sommes que des êtres de peu de valeur et que nous contrevenons sans cesse et sans le vouloir aux commandements reçus et nous supplions notre D. d’absoudre nos fautes. En ce cas, comment nous réjouir en entendant le récit des épreuves subies par des Justes comme Abraham Avinou, comment ne pas se sentir fragile comme la feuille tremblante sur la branche ?

En entendant les selihoth et les suppliques adressées au Créateur, si des larmes perlent à nos yeux et inondent nos joues, nous ne devons pas les stopper et prier D. de recevoir nos larmes et nos prières surtout si ces larmes sont engendrées par notre teshouva (repentir) et surtout si ces larmes sont naturelles et sincères.

Ce qui est interdit, en revanche, c’est de provoquer volontairement un chagrin et des larmes.

On a rapporté qu’en Pologne le Gaon de Vilna (1720-1797) versait de chaudes larmes lors des fêtes des jours redoutables (rosh hashana et yom kippour) et pour le côté séfarade HaAri zal (1534-1572) et R’ Hayim Vital (1543-1620) son disciple, on reconnaît aussi que les larmes versées sincèrement et spontanément lors des prières des yamim norayim sont permises d’autant plus que la Tradition enseigne pour cela aussi que lorsque « toutes les portes célestes sont fermées, la seule qui reste ouverte et accessible à tous est la porte des larmes ».

Pour et pendant Rosh Hashana, il est bon de lire des psaumes, de prendre de bonnes et de nouvelles résolutions, avant ou après la fête multipliez des dons (charité) faites aussi don de vous-même : aidez ceux qui sont défavorisés, ceux qui sont âgés ou seuls, rendez leur visite, dites leur de gentilles paroles et encouragez les, bénissez les: ça ne coûte rien et cela fait tellement plaisir !

Soyez tous inscrits sur le livre de la vie, de la santé, d’une parnassa tova, pour ceux qui en ont besoin que leur mariage soit célébré cette année avec la personne adéquate, pour ceux qui le souhaitent aussi que leur foyer s’éclaire par la naissance d’un être plein de bénédictions, que la réussite vous sourie cette année que la paix règne en Israël et que le Mashiah arrive enfin !

Caroline Elishéva REBOUH et excellente nouvelle année à tous !

 

 

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