Assemblée nationale : bac à 25 ans, Vendée Globe, parachutages… 4 choses à savoir sur Éric Coquerel, nouveau président de la Commission des finances.

Candidat commun de la coalition de gauche Nupes (LFI, PS, EELV, PCF), l’élu de Seine-Saint-Denis s’est imposé au troisième tour avec 21 voix contre 11 pour le candidat RN Jean-Philippe Tanguy et 9 pour la LR Véronique Louwagie, alors que les députés de la majorité se sont abstenus.
C’est un trophée de poids pour les Insoumis : le député Eric Coquerel a été élu jeudi 30 juin à la présidence de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, un poste stratégique dévolu à l’opposition et qu’espérait le RN.
La commission des Finances, dont la présidence est réservée à l’opposition depuis 2007, occupe un rôle stratégique d’examen des budgets avant leur arrivée dans l’hémicycle ou de projets de loi comme celui sur le pouvoir d’achat attendu en juillet. Éric Coquerel occupera donc un rôle clé après des années de militantisme à gauche. Retour sur un parcours atypique.

Il obtient son bac à 25 ans

Éric Coquerel est né le 30 décembre 1958 à Courbevoie d’une mère employée de bureau, et d’un père ayant profité de « l’ascenseur social » pour devenir orthophoniste, comme l’expliquent nos confrères de 20 Minutes. L’élu rate le bac une première fois à 19 ans et l’obtient comme candidat libre à 25 ans en 1983. Il s’est engagé dans des études d’histoire pour passer le Capes.

Communicant au service de la voile sportive

Le nouveau président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale est un navigateur amateur. Et en 2002 il crée l’agence de communication Effets Mer. Avec cette société il s’occupera notamment de la communication du Vendée Globe et des skippers Isabelle Autissier et Michel Desjoyeaux, selon TF1 Info.
Engagé en politique depuis son pus jeune âge, Eric Coquerel gère sa vie professionnelle et militante en parallèle. « Je tiens à garder un pied dans le milieu professionnel et ne pas être complètement dépendant de la politique. C’est l’une des bases de la 6e République que l’on propose. Que tout le monde puisse faire de la politique, que ça ne soit pas un métier où on rentre à 22 ans comme attaché parlementaire en ressortant à 70 ans, ancien élu », avait-il confié à Ouest-France en 2017.

De la LCR aux Insoumis

Le parcours d’Eric Coquerel est celui d’un homme de gauche. Il rejoint la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) en 1983, et la quitte en 1998 lorsqu’elle se rapproche de Lutte ouvrière. Il adhère ensuite au Mouvement républicain et citoyen (MRC) de Jean-Pierre Chevènement qu’il quitte très rapidement pour fonder en 2004 le Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS) dont il prend la tête. Ce n’est qu’en 2008 qu’il participe à la création du Parti du gauche qu’il dirigera, fondé par Jean-Luc Mélenchon après départ du Parti socialiste. Un parti qui est depuis devenu La France Insoumise.

Parachutages en séries

Éric Coquerel obtient son premier mandat dans la région Ile-de-France, en étant élu conseiller régional de 2010 à 2017. Comme l’explique TF1 Info, lors des élections législatives de 2012, il est parachuté en Corrèze, où il se présente et est sèchement battu dès le premier tour avec 7% des votes. Aux élections européennes de 2014, il est deuxième de la liste du Front de gauche dans le sud-est de la France. Puis en 2020 pour les Municipales, il est sur une liste dans la ville de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Avant cela il venait d’être élu député de la 1ere circonscription de  Seine-Saint-Denis en 2017 où il a été réélu en 2022.

On vous résume la polémique autour du député Eric Coquerel, mis en cause par Rokhaya Diallo pour « son comportement avec les femmes »

La journaliste Rokhaya Diallo a évoqué, sans les préciser, des faits reprochés par plusieurs femmes au député LFI, fraîchement élu à la tête de la commission des finances de l’Assemblée nationale.
La nomination d’Eric Coquerel à la présidence de la commission des finances de l’Assemblée nationale continue de faire des vagues. La journaliste Rokhaya Diallo s’est étonnée de ce choix, évoquant, jeudi 30 juin au micro de RTL, des suspicions de comportement inapproprié « avec les femmes » de la part du député de La France insoumise investi par la Nupes. Franceinfo retrace les étapes de cette polémique qui a forcé les instances de La France insoumise à réagir.

1 – Rokhaya Diallo relaie des témoignages de « sources internes »

Le point de départ de cette affaire est l’intervention de la journaliste Rokhaya Diallo, invitée jeudi soir sur RTL. Alors qu’elle réagissait à la nomination d’Eric Coquerel à la présidence de la commission des finances de l’Assemblée nationale, cette dernière a fait part de son « étonnement » et a évoqué la question « assez sensible » de témoignages concernant « la personnalité » du député de la France insoumise (LFI). « J’ai plusieurs sources au sein de LFI, j’ai entendu plusieurs fois des femmes qui m’ont parlé du comportement qu’il aurait avec les femmes », a déclaré la journaliste, sans préciser ce que recouvrait ce terme.

« J’ai conscience que ce sont des accusations », a-t-elle reconnu, après avoir cité un article du magazine Causette, publié en décembre 2018 et intitulé « La France insoumise les préfère soumises ? » Cette enquête évoquait, sans le nommer, « un responsable, aujourd’hui député LFI » accusé de « dérapages connus et courants » par plusieurs jeunes militantes de l’époque. Interrogée sur l’absence de plainte contre Eric Coquerel, Rokhaya Diallo a fait valoir que Taha Bouhafs, journaliste et ex-candidat de la Nupes aux législatives dans le Rhône, avait mis fin à sa campagne à cause, notamment, d’un signalement envoyé à la cellule contre les violences sexistes et sexuelles de LFI, comme l’a rapporté Mediapart. Cet organe est chargé de recevoir les alertes concernant des membres du mouvement, d’éventuellement enquêter et de transmettre ensuite les informations circonstanciées aux instances dirigeantes de LFI.

2 Le comité contre les violences sexuelles de LFI n’a reçu « aucun signalement »

Cette instance du parti est montée au créneau dès jeudi soir. « Depuis plusieurs semaines, le député Eric Coquerel est l’objet d’attaques sur les réseaux sociaux portant une suspicion sur son comportement envers les femmesAttaques qui se sont amplifiées ce jour suite à son élection comme président de la commission des finances », écrit le comité. La cellule, qui assure être indépendante de la direction politique de LFI, atteste n’avoir « jamais reçu aucun signalement » concernant Eric Coquerel, « pour quel que fait que ce soit ».
Alors que Rokhaya Diallo assure simplement vouloir « que la lumière soit faite » sur ces rumeurs, le comité se dit « à disposition pour écouter les femmes et recevoir leurs témoignages » mais déplore « la mise en circulation de rumeurs ne s’appuyant sur aucun élément concret ».

3Des cadres de la Nupes mettent en garde contre « des accusations sans aucune preuve »

Invité de BFMTV jeudi soir, Manuel Bompard, député LFI (Nupes) des Bouches-du-Rhône, a déclaré que « jeter des accusations sans aucune preuve » était « très grave », dans un contexte qui l’est tout autant. « Les violences sexistes et sexuelles, c’est un sujet suffisamment sérieux pour que ça ne soit pas sur l’angle des rumeurs, des choses qui circulent sur les réseaux sociaux (…) Si Rokhaya Diallo a des information, qu’elle oriente les personnes vers les instances mises en place au sein de notre mouvement. Elles seront traitées », a-t-il lancé.
Le député a par ailleurs questionné la mention de l’article de Causette lors de l’intervention de la journaliste : « Je ne sais pas de quels éléments elle dispose pour faire le lien avec ce député [Eric Coquerel]. Je trouve cela assez curieux qu’on se permette de lancer ce type d’accusation au moment où Eric Coquerel a été nommé président de la commission des finances de l’Assemblée nationale », a-t-il réagi.
De son côté, la députée EELV (Nupes) Sandrine Rousseau a déclaré vendredi matin à l’antenne de BFMTV qu’elle ne disposait pas de « témoignage direct » concernant de tels faits, « dont on ne sait pas du tout l’ampleur, ni sur quoi est fondée cette rumeur », a-t-elle souligné. « Et ce n’est pas faute d’avoir cherché, j’ai vraiment essayé (…) de trouver, car moi aussi, on m’a rapporté cette rumeur », a ajouté l’élue écologiste, qui évoque une enquête personnelle effectuée sur les dernières semaines.
Pour Sandrine Rousseau, la diffusion d’accusations sans preuve risque surtout de « nuire au combat des femmes »« J’envoie un message à toutes les victimes, s’il y en a : j’écouterai avec beaucoup de respect leur parole, a assuré la députée de la 9e circonscription de Paris. Mais pour l’instant, je n’ai aucun témoignage. »

France Info La Dépêche

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