Quand on célébrait Lag Baomer à Alger (Vidéo)

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LAGH que l’on écrit en Hébreu avec un lamed et un guimel signifiant 33 car il s’agit du 33ème jour du Ômer, est le jour anniversaire de naissance et du décès de Rabbi Shimôn bar Yohay. C’est la date du 18 Iyyar.

On raconte qu’une épidémie ravagea les rangs des élèves de Rabbi Akiva mais, le 33ème jour du Ômer, la mortalité cessa subitement ce jour devint un jour d’allégresse. L’interdiction de se marier ou de célébrer des bar mitsvoth est suspendue et chez les sefaradim, surtout, les cérémonies familiales avec musique sont à nouveau célébrées.

A Alger, où l’on prononçait l’hébreu avec tous les « daguesh » on ne disait pas LAGH BAOMER mais on « fêtait LARH ».

Etant enfant je me demandais bien comment cela pouvait s’écrire en français mais apparemment personne n’avait compris ma question….

Ce n’est que bien plus tard que j’ai enfin compris en apprenant les règles grammaticales hébraïques.

Dans l’après-midi qui précédait cette célébration, on se préparait et on allait acheter de grosses bougies décorées de fils dorés et d’autres couleurs, et de dentelle de cire de bougie.

Ce sont ces mêmes bougies que certains qualifiaient de l’appellation « cierge » qui servaient aussi pour le henné de la Bar Mitsva (nous en reparlerons plus tard).

Chacun – selon l’enseignement qu’il avait reçu de ses parents ou de ses grands- parents – tenait, le soir de « larh », à faire le tour des synagogues certains disaient qu’il suffisait de se rendre en une seule synagogue alors que d’autres tranchaient de manière savante en postulant qu’il fallait se rendre dans au moins 3 synagogues, d’autres ajoutaient qu’il fallait un multiple de 3 soit se rendre dans 3, 6 ou 9 synagogues.

Pour nous, la question était vite réglée nous allions à l’ancienne synagogue de la rue Suffren puis rue de Dijon à la synagogue Lebhar. Puis, mon père nous emmenait en voiture à la synagogue de St Eugène.

Les femmes apportaient à la synagogue des bouteilles d’huile pour allumer des veilleuses puis, elles offraient ensuite des friandises, des gâteaux au miel, et des bouquets de fleurs composés le plus souvent de petits œillets embaumant l’air de la synagogue et de fleurs de lin.

Les hommes entonnaient des hymnes à la gloire de Bar Yohay et chacun allumait des bougies et priait avec ferveur pour que se réalisent les vœux les plus pieux s’élevant de chaque cœur.

Lorsque plusieurs décennies plus tard je fis mon aliya et que je vis les « medouroth » sur le rivage de Tel Aviv, Lagh BaOmer prit une autre dimension et je m’aperçus qu’en Israël Lagh BaOmer est un véritable enjeu car, dès le lendemain de Pessah, des groupes d’enfants se formaient pour accumuler des quantités de bois énormes, chaque groupe respectant le stock de bois constitué par d’autres jeunes garçons.

L’après-midi précédant Lagh BaÔmer, les bois et les cartons s’amoncellent et forment de petites montagnes auxquelles sera mis le feu à la tombée de la nuit. Les jeunes garçons ou les jeunes filles ont disposé sous les feux des pommes de terre et de gros oignons tous enveloppés de papier aluminium et ces légumes rôtis sous les cendres seront dégustés à la lueur des feux s’éteignant lentement.

Les sons des guitares donnent à ces soirées de « koumzitz » (les pommes de terre rôties) un goût qui ne s’effacera jamais des mémoires, les transformant en des souvenirs merveilleux. Plus tard, dans la nuit, sur les cendres encore chaudes, des marshmallows embrochés sur des piques de bambou se caraméliseront.

Les horizons changent et les coutumes aussi. BAR YOHAY NIMSHAHTA ASHREIKHA SHEMEN SASSON MEHAVREKHA …BAR YOHAY SHEMEN MISH’HAT KODESH NIMESHAHTA MIMIDAT HAKODESH NASSATA TSITS NEZER HAKODESH HABOUSH AL ROSHEKHA PEEREKHA ….

Caroline Elishéva REBOUH

 

 

Le Tana (talmudiste) Rabbi Sim’ôn bar Yohaï vécut au deuxième siècle de l’ère vulgaire. Il fut l’un des éminents élèves de Rabbi Akiva et tout comme son maître, il participa au soulèvement contre les Romains qui le poursuivirent et c’est la raison pour laquelle, avec son fils, ils se réfugièrent dans une grotte située dans la montagne de Mérone dans l’une des plus anciennes communautés d’Israël à Pékin.

Ils y vécurent de longues années (13 années) sans ressources si ce n’est que le Saint Béni soit-IL a suscité un caroubier et une source d’eau de manière tout-à-fait miraculeuse.

Pendant cette période d’ascèse complète, Rabbi Shim’ôn bar Yohay, écrivit le Zohar qui servit de base à toutes les études cabbalistiques et, lorsqu’ils sortirent de la grotte, ils se retrouvèrent tous deux dotés de pouvoirs ultra naturels.

Le père et le fils furent enterrés dans une grotte à Mérone où chaque année pour lagh baomer se pressent des dizaines de milliers de pélerins.

En Eretz Israël, les fidèles se rendent à Mérone où se trouve le tombeau de Rabbi Shimône et de manière à trouver une place relativement près de la « grotte » certains plantent déjà leur tente une semaine ou dix jours avant la hiloula.

Des familles profitent de cette date pour y amener leurs petits garçons âgés de 3 ans pour le « halaké » ou première coupe de cheveux et le port du premier talith katane.

C’est encore le prétexte de faire des grillades « âl haesh » et de régaler les voisins de bonnes brochettes odorantes.

Caroline Elishéva REBOUH

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