Un bilan sans appel et sans surprise. Comme le révèle Europe 1, le rapport sur les extractions judiciaires demandé aux inspections des services judiciaires, de la police et de la gendarmerie met en lumière des années d’échec dont les premiers à en pâtir sont les justiciables. Depuis 2010, un transfert de compétence de la police et de la gendarmerie aux personnels pénitentiaires pour l’extraction des détenus a tourné au fiasco.

Le rapport révèle qu’un détenu sur quatre ne peut être sorti de prison faute de personnels suffisants. S’en sont suivies une accélération des incidents graves à mesure que la planification de ce transfert d’activité avançait. En moyenne, dévoile Europe 1, un tribunal sur six a dû remettre un détenu en liberté faute d’avoir pu respecter les délais de présentation devant le magistrat. Même si les tribunaux n’ont de cesse, depuis deux ans, de tenter de prévoir à l’avance les déplacements et les audiences.

L’estimation de personnels minimisé

Mais cela s’avère très largement insuffisant. En 2015, affirme le rapport, 4000 patrouilles de gendarmerie ont été sollicitées par la pénitentiaire et détournée de leur mission première pour effectuer ces extractions, dont le rapport révèle l’organisation kafkaïenne. C’est lorsque ce type de réquisition est impossible que les incidents surviennent Trop souvent, les personnels affectées au pôle de rattachement d’extractions judiciaires sont obligés de faire une centaine de kilomètres pour extraire un détenu dont l’établissement pénitentiaire se trouve dans la même ville,et parfois à quelques rues seulement, du tribubal.

Il faut dire qu’en 2010, la Place Bauveau avait sciemment minimisé l’estimation de personnels pour accomplir ces missions qui ne concerne pas seulement les extractions judiciaires mais aussi hospitalières. 2000 personnels avaient été évoqués pour pouvoir prendre la relève de la police et la gendarmerie à qui incombaient ces missions. L’enjeu étant une diminution des effectifs pour ces deux corps, les besoins avaient été minorés par les intéressés. Faute de moyens, l’administration pénitentiaire avait aggravé l’affaire et nommé à ces fonctions seulement 800 personnels. C’est à cause de cette carence qu’ont été mis en place des pôles régionaux plutôt que des personnels rattachés aux établissements eux-mêmes. Eloignement des établissements et manque de personnels ont rendu la situation chaotique.

La Chancellerie et Jean-Jacques Urvoas, le garde des Sceaux, ont fini par convaincre le gouvernement d’accorder les moyens nécessaires à l’administration pénitentiaire face aux désastres croissants. Des embauches de personnels devraient permettre de changer d’organisation afin que ce soit les établissements eux-mêmes qui pratiquent ces extractions, mais qui prennent aussi en charge toutes les mesures de sécurité liées à la détention. Que ce soit la garde de détenus dans les hôpitaux comme la sécurisation des domaines pénitentiaires qui, jusque-là, relevaient de la police et de la gendarmerie.

Le Figaro

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