Pourquoi ce Montpelliérain a fait le choix de l’Alyah

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Jonathan Allouche revient sur son choix en ce jour de Yom Kippour, la fête juive du Grand Pardon.

“C’était un défi. J’avais besoin d’une renaissance.” Jonathan Allouche, 37 ans, nous parle depuis Tel-Aviv. Il y a cinq ans, avec son petit frère, ce Montpelliérain a fait l’alyah, l’ascension en hébreu, l’immigration en Israël comme des milliers de Français chaque année. Ils étaient par exemple 7 900 en 2015, un pic, ou près de 4 000 en 2017.

Ses raisons ? Multiples pour celui qui a co-écrit le scénario d’Un sac de billes, film tiré du livre de Joseph Joffo et sorti en 2017 avec Patrick Bruel et Elsa Zylberstein.

Il évoque la qualité de vie recherchée, lui qui est né et a vécu à Montpellier jusqu’à ses études avant de tenter l’aventure télévisuelle à Paris.

“J’ai trouvé la femme de ma vie, je n’avais pas envie de faire grandir mes enfants dans le bitume parisien”, avance-t-il. Et puis, bien sûr, il y a les actes antisémites, parfois violents. En 2017, les actes antisémites ont baissé de 7,2 % mais la part d’agressions a bondi de 26 %.

L’insécurité, Dieudonné...

“L’air du temps a tourné”, estime celui qui a passé sa scolarité en école publique, sans souci, jouant parfois le “Juif de service” mais pas plus importuné que celui qui est petit, bien portant ou rouquin.

Ce serait différent aujourd’hui pour ses enfants. L’affaire Merah, en 2012, a “joué évidemment, on ne se sentait plus en sécurité”. Il cite aussi l’influence de Dieudonné auprès d’une partie de la jeunesse.

“L’humour relie les peuples, lui, c’est un one man show de haine”, avance celui qui a travaillé avec Arthur ou pour la cérémonie des Césars aux côtés de Gad Elmaleh.

Les attentats des terrasses et du Bataclan, postérieurs à son départ, l’ont conforté dans son choix, lui qui habitait dans le quartier.

Même si en Israël, la menace pèse également ? “Il y a une sécurité folle ici, nous sommes protégés, mais personne n’est à l’abri”, répond-il.

Jonathan Allouche entend poursuivre l’œuvre de son père Hubert, figure de la communauté d’Occitanie, initiateur de la loi Gayssot contre l’antisémitisme: “Il défendait le vivre ensemble, l’esprit communautaire sans communautarisme, j’étais en contact avec les musulmans grâce à lui.”

L’alyah, il l’explique aussi par une quête spirituelle et l’envie de la vivre sereinement. “Ici, je porte ma kippa quand je veux, sans les regards que j’ai pu avoir quand je traversais la Comédie, lance celui qui travaille pour la chaîne d’info INews24. Mais “en venant ici, je n’ai pas perdu la France, j’ai gagné un deuxième pays, celui des Juifs”.

Il décrit un cadre de vie idéal mais n’occulte pas les difficultés que certains Français rencontrent et qui peuvent favoriser la yerida : le retour, qui toucherait 10 à 30 % des personnes parties la première année.

En Israël, il faut trouver du travail, accepter un système social moins protecteur, apprendre l’hébreu ou encore s’acclimater à une autre culture : des salons de l’alyah sont organisés le 14 octobre à Toulouse et le 16 à Montpellier.

Apprendre à devenir israélien

“Certains sont partis, c’était trop difficile, on est Juifs mais il faut apprendre à devenir israéliens. Moi, mon pouvoir d’achat a diminué, je vis comme à Montpellier avec des coûts parisiens”, analyse-t-il. Mais il ne voudrait en aucun cas repartir. “En vérité, en ce jour de kippour, la seule chose qui me manque, c’est ma famille qui vit en France et la communauté de Montpellier.”

YANICK PHILIPPONNAT

10 COMMENTS

  1. Jonathan Allouche, pour moi a fait le bon choix et au bon moment. Nous sommes encore dans les temps des pêcheurs, viendra le temps des chasseurs. Et la ce sera plus dur.

    Pour ce qui est d’apprendre l’Hébreu, il y a beaucoup de possibilités. Les synagogues bien sur mais aussi les instituts catholiques ou protestants. Il n’y a pas que de l’hébreu biblique dans ces cours.
    dany83270, parle du communautarisme des juifs français. J’ai entendu parler de ce phénomène. C’est vrai que les juifs français sont souvent mieux nantis que ceux d’Europe de l’est, sans parler des éthiopiens.
    C’est un phénomène typique de la 1ère génération d’immigrés. A la 3ème générations, la majorité ne connaitrons que l’Hébreux et l’Anglais

  2. Un reportage récent à montré comment le gouvernement de vichy a espionné la population faisant de chaque fonctionnaire un auxiliaire de sa police… Alors la population… Elle était plus à SeS difficultés…

  3. Et il a eu raison. Il n’y a plus rien à attendre de la France (ou de ce qu’il en reste) : cette république qui d’après la loi de 1905 garantit la liberté de culte (ce qui va plus loin qu’une autorisation et sous entend une obligation de résultat) a failli à sa mission.
    Je réfléchis moi aussi à un départ, vers là ou ailleurs, mais en tous les cas à un endroit où l’on nous fiche la paix et où l’on se sent plus en sécurité.
    Mes ancêtres ont rasé les murs de 1940 à 1944 et ont échappé aux bourreaux d’alors. J’espère en faire autant désormais, même si les bourreaux d’aujourd’hui n’ont plus d’uniformes ce qui les rend moins reconnaissables, d’autant comme le dit la propagande officielle, qu’il s’agit toujours de “déséquilibrés”….

    • Les véritables bourreaux de 39 à 45 n’avaient pas d’uniformes non plus ! les pétainistes qui dénonçaient leur voisin juif !!! Sans le zèle antisémite des français , les allemands auraient été incapable de rafler tous ces juifs !!!

      • Vous avez raison, mais j’ai volontairement restreint mes propos aux seuls wehrmacht, SS, gestapo et miliciens français. Il y avait évidemment les politiciens de vichy sans uniformes, et les delateurs civils zélés comme vous le dites… Cependant, il ne faut pas oublier que certains français non juifs ont aidé nos frères et sœurs en les cachant ou en les exfiltrant au péril de leur propre vie et de celle de leur famille, et que certains ayant échoué ont connu la deportation. Je pense pour des raisons familiales personnelles à deux d entre elles, Mlle. Suzanne Guiral et sa mère Henriette (de religion protestante) en occitanie, membres d un réseau très actif et qui ont été torturées puis déportées à Matthausen et qui n’ont jamais parlé. Henriette est décédée en camp et seule sa fille Suzanne, de 17 ans alors, est revenue mutilée à vie.

  4. La “quête spirituelle” comme motivation pour l’Alyah , c’est beau dans le principe, mais dans les faits les Juifs d’origine française ont tendance à se regrouper entre-eux dans certaines régions de sorte que cette situation pose un problème d’intégration et les critiques fusent dans lesquelles on les accuse d’être riches, communautaristes, et responsables de la hausse du prix de l’immobilier ; qu’en pense l’Auteur de cet article ?

    • c’est sans doute aussi une question de langue ! il faudrait savoir parler l’Hébreu parfaitement avant de s’installer définitivement !!! En fait il faudrait faire des stages de quelques mois ; je pense que les enfants s’intègrent mieux !

  5. tres bien, Jonathan Allouche :
    notre avenir n’est plus en Europe qui s’islamise progressivement. Notre avenir est dans le pays qui porte le nom de notre peuple et que le seigneur a bien voulu recréer.

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