No sport. Pour perdre du poids, rien ne sert de courir.

Une joggeuse à St James's Park, dans le centre de Londres, le 24 février. AFP / JUSTIN TALLIS

Le sport permet de réduire le stress et de se maintenir en bonne santé, mais il n’aiderait pas à mincir. Pire, selon des recherches expliquées par le Sunday Times, l’exercice physique ne modifie même pas notre dépense d’énergie quotidienne. Qui faut-il remercier ? L’ingéniosité de notre métabolisme.

C’est l’heure de la remise en forme. Les parcs se remplissent de sportifs qui ne sont pas là pour plaisanter, en sueur, boudinés dans leur Lycra, alors que la Grande-Bretagne s’efforce de surmonter le confinement en faisant de l’exercice. Depuis le mois de mars de l’an dernier, nous sommes des millions à avoir téléchargé des applis de fitness comme Couch to 5k, Strava et Freeletics. Et avec tout ça, le poids que nous avons tous perdu au total n’est pas loin de… rien du tout.

Du moins si l’on en croit Herman Pontzer, anthropologue spécialiste de l’évolution. D’ailleurs, son livre Burn [“brûler”], qui sort en librairie en mars, est tout à fait convaincant. Il y affirme que nous aurons beau courir, pour la plupart, nous n’en mincirons pas pour autant. Car deux millions d’années d’évolution jouent contre nous.

Plus de douze kilomètres à pied chaque jour

Pontzer, qui enseigne à l’université Duke de Caroline du Nord, a passé une partie des dix dernières années à traîner chez les Hadza, un peuple de chasseurs-cueilleurs du nord de la Tanzanie, et à analyser leur urine. En leur fournissant de l’eau potable avec adjonction d’isotopes d’hydrogène et d’oxygène, puis en mesurant leur taux à la sortie, son équipe a été en mesure de calculer combien de dioxyde de carbone produisaient les chasseurs-cueilleurs – et de là, ce qu’ils dépensaient en énergie.Les hommes adultes courent en moyenne 14km par jour pour trouver leur nourriture.

Par un procédé, il a calculé via leurs urines la quantité de dioxyde de carbone qu’ils produisent. Soit l’énergie utilisée par leur corps (le dioxyde de carbone est relâché dans le sang par les organes, les muscles, lorsqu’ils sont actifs).

Ce faisant, le scientifique a remarqué que malgré leur très grande activité physique, l’énergie qu’ils dépensent (par rapport à leur masse corporelle) est sensiblement identique à un adulte de nos sociétés, beaucoup plus sédentaire.

En d’autres termes, courir de grandes distances tous les jours ne ferait pas brûler plus d’énergie que le fait de mener une vie moins sportive.

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UNE ÉNERGIE REDIRIGÉE OÙ LE CORPS EN A BESOIN

Herman Pontzer explique dans son livre Burn qu’un tel résultat s’explique par le fait que 60% des calories brûlées par notre corps le sont au repos. Elles sont utilisées par les muscles et les organes pour les tâches quotidiennes, et notamment par le cerveau, puisque l’hypothalamus est le principal brûleur de calories. Il s’occupe de ce que l’on ne voit pas, comme par exemple le fonctionnement de notre système immunitaire, la régulation de notre température corporelle ou la sécrétion d’hormones.

Or, selon l’anthropologue, lorsqu’une personne fait du sport, une partie de l’énergie utilisée par le cerveau est, pour résumer, redirigée vers les muscles et les parties du corps qui servent à l’exercice. C’est pour cela, par exemple, que le système immunitaire réagit beaucoup moins au stress lorsque le corps est mobilisé par une activité sportive. La production d’hormones est également réduite. L’étude pointe d’ailleurs que les Hazda ont un taux de testostérone deux fois plus faible que les hommes de nos sociétés.

Si ces résultats montrent que le sport en lui-même ne permet pas de grosse perte de poids, car l’énergie globale utilisée par notre corps (et donc les calories brûlées) reste stable quel que soit le niveau d’activité pratiqué, il est néanmoins important de rappeler que se dépenser physiquement est primordial.

Cela permet le bon fonctionnement du cœur et du corps en général, en faisant baisser la tension artérielle ou en gardant les muscles et les os en formes. Les bienfaits pour la santé mentale sont également prouvés.

En résumé, si le sport ne fait pas spécialement maigrir, il permet cependant de vivre plus longtemps, et mieux.

JForum – Sources diverses.

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