Maïmonide: L’oeuvre et la pensée (vidéo)

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1955

L’œuvre et la pensée de Moïse Maimonide HaRambam  (1135-1204)  sont tellement vivantes, qu’elles se transmettent depuis le Moyen Age.

Au douzième siècle le judaïsme était alors menacé tant à l’extérieur sur ses deux flancs : la croix en Europe, le sabre en Espagne et en Afrique qu’à l’intérieur par l’hérésie karaite.

Les ouvrages étaient tous écrits en langue arabe qui servait de medium culturel aux sages juifs d’Andalousie tout comme le latin était l’outil indispensable pour les lettrés chrétiens du Moyen-âge.

Seul le fameux Michné Torah fut rédigé en hébreu: un vaste mouvement de traduction hébraïque amplifia ce processus après l’installation de la famille des Tibbonides en Provence.

C’est au cours de ces années d’errances, dans la précarité et l’inconfort que Maimonide posa les fondements de sa prodigieuse érudition qui fusionnait la littérature talmudique et rabbinique, la philosophie grecque, la médecine, l’astronomie.

Ses premières études étaient déjà d’une grande maturité: comme le Traité du calendrier et du Traité de Logique.

L’œuvre de Maimonide suivait un fil directeur : elle commença avec Le Traité de Logique et s’acheva avec Le Guide des Perplexes.

Commencée dès sa jeunesse, au cours de nombreuses années d’errances et de troubles, l’œuvre de Maimonide fut phénoménale et diversifiée. Philosophe, médecin, commentateur, décisionnaire ou compilateur de lois,

Rambam se sentit investi d’un destin historique, destin qu’il entend ait assumer, qu’il assuma d’ailleurs pleinement comme il l’avoua à un de ses correspondants de Lunel.

Compilé entre 1170 et 1180, le Michné Torah fut appelé également Yad Ha-Hazaka, La Main forte.

Il était composé de quatorze traités et réunit toutes les lois religieuses, morales, civiles et sociales rapportées dans les Talmud de Babylone et de Jérusalem, ainsi que dans les ouvrages de Midrach et les écrits des Guéonim, d’où son titre Michné Torah, la Répétition de la Torah qui faisait référence au cinquième livre de Moïse, Dévarim,.

 

Un manuscrit extrêmement rare, datant de près de 600 ans a été transmis au Musée d’Israël ( 2010)  par la famille Steinhardt de New York. universtorah.com

 

Selon Maïmonide le but du livre était :

« En ces temps… la sagesse de nos Sages est perdue, et notre compréhension est enfouie. Les commentaires, responsa et règles compilées par les Gueonim sont devenus trop difficiles pour notre époque, et peu les comprennent comme il faudrait…
C’est pourquoi moi, Moshe, fils du rav Maïmon l’Espagnol… je me suis efforcé de réunir toutes les paroles dispersées dans ces compilations, en matière d’interdit et de permis, de pur et d’impur avec les autres jugements de la Torah, de les rédiger dans une langue claire et un style concis, afin que toute la Loi Orale se trouve réunie dans sa plénitude, sans difficulté, et sans subdivision, et sans ‘un tel dit ceci, un autre dit cela’ ; mais au contraire des phrases simples, proches, justes, selon le jugement qui explique tout ce qui se trouve dans ses compilations et commentaires existant depuis l’époque de notre saint Rabbi jusqu’aujourd’hui… jusqu’à ce que tous les jugements soient connus, pour le petit et pour le grand, pour chaque prescription, et pour tous les arrêts rendus par les Sages et les prophètes : le but de cet ouvrage, est qu’il n’y ait pas besoin d’autre source, mais que cette œuvre rassemble toute la Loi Orale, avec tous les nuances, les coutumes et les arrêts rendus depuis Moïse notre Maître jusqu’à la compilation du Talmud… C’est pourquoi j’ai appelé ce code Mishneh Torah, car si l’on commence à lire la Torah écrite, et qu’on lit ceci ensuite, on saura toute la Loi orale, et il n’y aura pas besoin d’autre livre entre eux ».

Dès la  préface au Mishneh Torah, Maimonide  énonça les 613 commandements avec leurs règles, leurs modalités, leurs exceptions. Maïmonide les a subdivisées en :
– Prescriptions positives (מצוות עשה) : comput des 248 prescriptions à réaliser (le Rama”h)
– Prescriptions négatives (מצוות לא תעשה) : comput des prescriptions de ce qu’il ne faut pas réaliser (ex : mentir, tuer, voler).

Considéré comme un monument de la halakha, le Michné Torah a été maintes fois commenté et critiqué, d’aucuns reprochant au Rambam de fixer la Halakha (loi) selon son opinion personnelle au mépris des autres.

Ce fut sur cet ouvrage en particulier que se basa l’autre référence en matière de halakha, le Choulhan Aroukh du Rav Yossef Karo ( XVIème siècle).

 

Dossier préparé par  Jforum

Les 14 livres du Michné Torah:
1. Maddah (Connaissance) : principes fondamentaux du Judaïsme, hygiène de vie, étude de la Torah, prohibition de l’idolâtrie, considération sur le repentir et le monde à venir.
2. Ahavah (Amour) : préceptes à observer en tout temps, si l’amour dû à Dieu est à rappeler continuellement (prière, téfilline).
3. Zmanim (Temps, Périodes): lois limitées à certaines périodes, comme le Shabbat et les commémorations dans le judaïsme.
4. Nashim (Femmes) : lois sur le mariage, le divorce, le lévirat et la conduite appropriée entre les sexes.
5. Kedoushah (Sainteté): relations sexuelles prohibées, aliments interdits, méthode de l’abattage rituel
6. Hafla’ah (Séparation) : lois sur les vœux
7. Zeraïm (Semences) : lois sur l’agriculture
8. Avodah (Culte) : Lois de Temple de Jérusalem
9. Korbanot (Offrandes) : lois sur les offrandes dans le Temple, excepté celles de toute la communauté
10. Tohorah (Purification) : Lois de pureté rituelle
11. Nezikin (Préjudices) : code pénal et civil
12. Kinyan (Acquisition): lois de l’acquisition, du commerce
13. Mishpatim (Lois): code civil
14. Shoftim (Juges): lois en rapport avec les législateurs.

3 COMMENTS

  1. Vous aurez beau effacer tous mes commentaires , boucher vos yeux et vos oreilles devant l’ Appel de la Grace de YHWH, vous ne pourrez jamais effacer le NOM de JESUS-CHRIST, LE SEUL NOM QUI AÏT ETE DONNE AUX HOMMES POUR LEUR SALUT. Vous allez bientôt le reconnaitre ….dans des circonstances tragiques pour vous.
    VERITAS Août 6, 2019 at 19 h 44 min

    Il y a la loi par laquelle personne ne peut être justifié et qui est une prison ;
    et il y a la Grâce, venue en la personne de Jésus-Christ, par laquelle tout être humain
    peut être justifié sur la base de sa foi dans le sacrifice et la resurrection de Jésus-Christ ,
    Machia Yechoua.
    CELA NE PEUT ETRE EFFACE !!!!

  2. Dans l’immense oeuvre de Rambam, le Mishné-Thora tient une place fondamentale, même s’il n’a pas atteint son but, n’ayant pas été accepté comme code Juif universel.

    Je tiens à préciser que chné en Hébreu veut dire deux, c’est-à-dire se référant à la Thora écrite (be-catav) et la thora orale (be-pé) de la Mishna. Le Mishné-Thora présente de nombreuses caractéristiques distinctives:
    -d’abord la langue utilisée, il est rédigé en Hébreu Mishnique, plutôt qu’en Hébreu Biblique jugé inadéquat et qu’en Araméen Talmudique jugé trop difficile, ceci afin d’être accessible au plus grand nombre. Les puristes y trouveront malgré-tout quelques arabismes dans la grammaire et le vocabulaire employé.
    -ensuite, Rambam a abandonné la séquence de la Mishna et arrangé et reclassé les Lois selon son ordre.
    -il a aussi donné à son texte une forme codifiée et a étendu son domaine même à des Lois impraticables à l’époque, telles celles concernant les sacrifices et la Terre d’Israël.

    Des milliers de pages d’articles ont été publiées sur le Mishné-Thora, mais le point sur lequel je souhaite insister est que Rambam a réalisé ici la fusion de la Halakha et de la Philosophie. J’ai toujours considéré que la sécularisation du Judaïsme pouvait remonter à Philon d’Alexandrie, s’être poursuivie avec Saadia Gaon, et Rambam n’a fait que la confirmer, au moins pour les Séfarades. Disons simplement que Rambam ne sépare pas la Loi de la Philosophie, ni la pratique du concept, ni l’observation de la Loi et sa signification intrinsèque. Il s’engage dans une rationalisation pour pénétrer l’essence de la Loi et sa réelle motivation. La Loi elle-même est une force éducative menant vers la perfection éthique et intellectuelle: elle doit donc être comprise et appréciée autant qu’obéie et appliquée. Rambam ne sépare jamais la Loi de la Raison Humaine, ni de la Morale. C’est ainsi que dans le Mishné-Thora il a codifié plusieurs chapitres concernant les jugements (mishpatim) et les Juges (shoftim) montrant combien les juges ne sont aucunement au-dessus des Lois et condamnables en cas de perversion.

    Pourquoi ceci est-il toujours d’actualité? Je rappelle d’abord qu’Israël, en tant qu’Etat Juif ne s’est jamais donné la Constitution prévue par la résolution Onusienne du 29 novembre 1947, les partis religieux ayant toujours considéré que la Constitution d’un état juif ne pouvait être que la Thora, et c’est donc la sécularisation du Judaïsme réalisée par nos Sages qui permet le consensus, et le statu-quo, entre religieux et laïcs en Israël. Je voudrais surtout souligner cette question chez les non-Juifs. Chez les Américains, inspirés du Judaïsme, la Morale prime le Droit et tout mensonge d’un Président peut entraîner l’impeachment, mais chez les français, pays catholique, le Droit est séparé de la Morale, et les candidats au Concours de l’ENA apprennent à accepter le mensonge en Droit Français, ce qui avec la pratique de l’hypocrisie catholique permet de pratiquer tous les abus possibles dans une fausse Nation. Bien-sûr, les Ministres et parlementaires Juifs de 1936, les Blum, Mendes-France, Jean Zay, etc., nourris de Judaïsme, faisaient primer le Morale sur le Droit, et Mendes-France a même publié “la Vérité guidait leurs pas”, mais les politiciens catholiques, considérant que la Politique c’est l’art de la guerre, il n’y a pas de Morale en politique. J’ai déjà souligné dans un post précédent, la philosophie d’Hitler et le code d’éthique de Philippe Pétain, je pourrais y ajouter le cas de De Gaulle. Salan justifiait la contre-attaque OAS en soulignant combien De Gaulle avait trop menti aux Français et trop triché et qu’il refusait toute discussion. En d’autres termes, si l’on appliquait le Droit Talmudique et les règles du Mishné-Thora, on devrait nécessairement envoyer un grand nombre de juges pervers et corrompus à la guillotine ou au poteau. C’est dire combien, en tant que Juifs, nous différons des goyim.

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