Invité des Amis du Crif, le ministre de l’Intérieur a estimé qu’il «ne fallait pas voter» en faveur de ce texte qui rebaptise les lieux symboliques du peuple juif de noms arabes. Il le juge «mal rédigé».

«Je m’étonnais que cette question ne soit pas venue plus vite. Et j’ai bien l’intention d’y répondre». Invité des Amis du Crif ce lundi soir, Bernard Cazeneuve s’est longuement exprimé sur la résolution de l’Unesco, votée par la France, qui rebaptise les lieux symboliques du peuple juif de noms arabes. «Faisons attention aux résolutions mal rédigées», a fermement prévenu le ministre de l’Intérieur, après avoir fermement rappelé qu’il ne souhaitait «pas toucher» au statut spécial de Jérusalem, défini en 1967.

Plaidant «une position d’apaisement et de respect», Bernard Cazeneuve a rappelé qu’il fallait «toujours chercher la concorde». «Il n’y a pas d’avenir qui repose sur la tension, ça n’est pas vrai. Si nous voulons arriver à surmonter les difficultés dans la région, il faut qu’il y ait du dialogue, de la compréhension, du respect mutuel. Et le rôle de notre pays a toujours été de faire en sorte, sur le plan international, que cela puisse exister», a-t-il martelé, se félicitant de créer ainsi «davantage de chemins pour la paix que d’antagonismes».

Cazeneuve approuve «chaque mot» de la tribune de Korsia

L’hôte de Beauvau est cependant allé nettement plus loin dans la critique du texte voté, assurant qu’il n’y exprimait «pas une position de soutien» et qu’«il ne fallait pas l’adopter». «Cette résolution n’est pas rédigée comme elle devrait l’être», a-t-il encore ajouté, avant d’assurer être «sur la position développée par Haïm Korsia dans sa tribune» publiée par Le Figaro ce lundi matin. «Tout y est, avec (son) intelligence, sa finesse, sa subtilité, et l’exigence intellectuelle qui est la sienne», a loué le premier flic de France.

Dans son texte, le grand rabbin de France estime notamment qu’«on ne peut être que profondément choqué lorsqu’on apprend que notre pays, la France, pays des Lumières et de la laïcité, a apposé sa signature au bas» de cette résolution, tout en se refusant à «évoquer les conflits politiques et territoriaux qui occupent et déchirent les États du Proche-Orient». Un article qui semble avoir convaincu l’ancien maire de Cherbourg, qui a revendiqué l’approuver «mot pour mot, dans l’intégralité de son contenu».

Une «loyauté» qui impose une réserve

Mais face à l’insistance de la salle, qui réclamait des excuses publiques de François Hollande, l’élu de la Manche a d’abord botté en touche: «Il ne vous a pas échappé que je ne suis pas président de la République, que je n’ai pas l’intention de le devenir, et que je n’ai pas pour habitude de me prendre pour ce que je ne suis pas (…). (Mais s’il) me demande ce que j’en pense, je lui dirai des choses qui sont de nature à lui permettre de faire la déclaration que vous avez envie d’entendre. Je ne peux pas être plus clair», a-t-il glissé.

Enfin, Bernard Cazeneuve a tenu à revendiquer sa «loyauté» politique pour mieux tacler les ambitions d’Emmanuel Macron: «Quand on est membre d’un gouvernement, on a une responsabilité. (Elle) me conduit à dire de façon diplomatique ce que j’ai à dire». «Je sais que l’on est dans une période où, lorsqu’on exerce une responsabilité politique, certains considèrent qu’ils peuvent, en toute liberté, s’affranchir du fonctionnement d’un gouvernement: ça n’est pas mon cas. Je considère que ce ne serait pas convenable, et je ne le ferai pas».

Le Figaro.fr

14 Commentaires

  1. Pour avoir été présente, ce soir-là, je puis dire qu’effectivement, Cazeneuve, devant une assemblée qu’il estimait, avec beaucoup de perspicacité, majoritairement juive, a déclaré qu’il trouvait ladite résolution de l’Unesco « mal rédigée ».
    Pour moi, cela signifie que, sur le fond, il est d’accord avec son contenu, mais que l’on pouvait tourner de manière différente, cette turpitude.
    Il s’est raccroché , éperdument, à la déclaration du Grand Rabbin Korsia, comme à une bouée de sauvetage.
    Cela n’en fait ni un ami, ni un allié d’Israël.

  2. Trop facile de s’indigner après coup, …………. Il fallait le faire avant !

    Ce procédé est écœurant, lorsque l’on connait les condamnations exprimées par Mahmoud ABBAS, juste après les attentats qu’il a organisé.

  3. J aurai préféré le contraire .. Que notre Ministre soir’POUR cette résolution et que la France vote CONTRE
    Les paroles s’envolent les écris restent !!

  4. C’est un homme de gauche, il ne faut surtout pas penser que la responsabilitè revient uniquement au president, c’est toute la gauche qui est pour les musulmans.

  5. Ce même Cazeneuve avait déjà botté en touche envers les émeutiers des pogroms de Barbès et Sarcelles en juillet 2014. Il leur avait alors affirmé que « s’il n’avait pas été ministre de l’intérieur, il aurait manifesté pour Gaza à leur côté »

  6. on ne peut pas être plus clair dans le « je botte en touche » ou dans l’écran de fumée ou dans le politiquement correct:en fait qui ne dit mot ou presque consent et tout cela pour ne rien dire!!!!!!
    facile non?????

  7. parce que des excuses arrangent quelque chose ? C’est irrémédiable ce qu’a fait la France: Hollande achète des votes et est prêt a tout pour ne pas se faire bouter hors de l’Élysée. on se croirait dans un pays du tiers monde où les candidats paient les électeurs avant le vote

  8. Crif collabos

    EN OCTOBRE QUAND L’UNESCO DéCLARé LE CAVEAU DES PATRIARCHES ET LE CAVEAU DE RACHEL MUSULMAN , EST CE QUE LE CRIF ET SES AMIS ONT MANIFESTéS POUR DIRE NON DEVANT L’UNESCO ???

    NON , CE SONT DES COLLABOS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.