BaLaK: L’ânesse de Bilam (vidéo)

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Résumé de la Paracha
Balak, roi de Moav, en appelle au prophète Bilam pour maudire le peuple d’Israël. Celui-ci accepte, mais D.ieu l’avertit par avance, qu’il ne maîtrisera pas sa parole, et qu’il ne pourra dire que ce qu’Il “mettra dans sa bouche”. D.ieu envoie un ange sur le chemin de Bilam pour l’empêcher de commettre cette erreur.
L’ânesse de Bilam voit l’ange, et s’arrête à trois reprises, provoquant la colère du prophète qui ne le voit pas, et qui frappe son animal. L’ânesse réprimande Bilam, et D.ieu ouvre ses yeux de sorte qu’il voit l’ange de D.ieu armé d’une épée qui s’apprétait à le foudroyer. D.ieu laisse néanmoins partir Bilam, tout en l’avertissant à nouveau qu’il ne pourra dire que ce qu’Il lui inspirera.
Arrivé chez le roi de Moav, Bilam tente à trois reprises de susciter la colère de D.ieu contre le peuple d’Israël, mais il n’y parvient pas. Seules des paroles de bénédiction sortent de sa bouche. Finalement, Bilam livre aussi une prophétie sur la fin des temps.
Le peuple tombe malheureusement sous la séduction des filles de Moav, qui les entraînent à se livrer au culte de l’idole Péor, et une terrible épidémie se déclare.
Lorsqu’un prince de la tribu de Chimon prend publiquement une fille de Moav et l’amène dans une tente, Pin’has, petit-fils d’Aharon, les tue tous deux, stoppant par là l’épidémie qui aura fait 24 000 morts.
Jeûne du 17 Tamouz 5779
(reporté au lendemain, du fait de Chabbat)
DIMANCHE – 18 TAMOUZ 5779 – 21 Juillet 2019
Début du Jeûne: horaires selon ville –  Fin du jeûne: horaires selon ville
Réflexions sur la Paracha Balak par Philippe Haddad

La paracha de la semaine se nomme Balak, du nom du roi de Madian (dans la Jordanie actuelle) qui régnait à l’époque où nos ancêtres traversaient le désert. Pourtant le vrai héros de la paracha est Bilâm que le roi Balak va convoquer pour maudire Israël.

Bilâm était un sorcier, un devin, une sorte de Raspoutine, qui possédait une réputation ainsi définie par Balak : èt achèr tévarekh mévorakh véète achère taor youar « car je sais que ce que tu bénis est béni et ce que tu maudis est maudit ».

Ici, Balak engage Bilâm pour maudire Israël.

Le texte est d’une étonnante actualité : constatant que le peuple d’Israël ne pouvait être vaincu militairement, le roi décida de maudire Israël. Aujourd’hui l’on dirait : quand on ne peut détruire par les armes Israël, on utilise la propagande depuis la tribune de l’ONU jusqu’aux réseaux sociaux d’Internet.

Pourtant Bilâm ne pourra pas maudire Israël, car Dieu transformera toutes ses mauvaises intentions en autant de bénédictions.

En fait, il faudrait lire le texte à l’envers pour savoir à quel point Bilâm haïssait Israël. Mais voilà pris dans son extase mystique il devenait l’instrument de Dieu qui dès le début avait annoncé la couleur : lo taor èt haâm qui baroukh hou« tu ne maudiras pas le peuple, car il est béni ».

Bilâm bénit Israël alors qu’il vaudrait maudire.

D’un point de vue psychologique, on pourrait dire que le peuple d’Israël provoque des ambigüités dans le monde non juif : entre fascination et haine.

Comment comprendre que ce vieux peuple, si petit, si malmené au cours des siècles, qui a connu tant de massacres, tant de pogroms, la Shoah, est toujours vivant ? Comment ce petit peuple a produit et continue de produire des prix Nobel, des artistes, des intellectuels, des chercheurs, etc. ?

Déjà Pharaon s’étonnait de ce mystère d’Israël, comme il est dit dans la paracha Chémot « plus on le frappait, et plus il se multipliait »

Un midrach offre une réponse intéressante.

« Pharaon avait trois conseillers : Bilâm, Job et Yitro. Il leur demanda quoi faire pour diminuer le nombre des Hébreux. Bilâm conseilla de noyer les enfants, Job se tut, Yitro s’enfuit pour ne pas participer à un génocide. Bilâm fut tué plus tard par Pinhas. Job fut éprouver par des malheurs, Yitro mérita de donner sa fille à Moché »

Ce Midrach présente les trois types de réactions du monde non juif à l’égard d’Israël : les antisémites, les indécis et les justes des nations.

Les choses n’ont pas trop changé, mais puisque nous sommes là pour entendre la paracha, pour nous plaindre ou nous réjouir, c’est que nos ennemis n’ont pas eu le dernier mot.

Être juif c’est être un résistant de la vie. Elie Wiesel a écrit : « quand il n’y a plus d’espoir, le peuple juif invente un nouvel espoir ».

L’hymne de l’Etat d’Israël se nomme hatikva « l’espoir », c’est l’hymne de tout un peuple.

L’espoir d’Israël c’est chacun d’entre nous, ici et maintenant, contre tous les Balak et Bilâm de l’histoire.

Baroukh Hachem et chabbat chalom.

 

Philippe Haddad

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