Un Mur au dessus de la mêlée

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De très vives échauffourées ont opposé manifestants et forces de l’ordre, vendredi dernier au petit matin, sur l’esplanade du Kotel. La présence d’un groupe de femmes libérales-conservatives venues prier, a provoqué la colère de milliers d’orthodoxes et l’espace de quelques heures, le Kotel a perdu de son éclat consensuel et unitaire. Nissim Liel, qui était sur place nous livre ses sentiments.

Vendredi dernier, premier jour du mois de Sivan, à l’aube, j’étais au Kotel. Non pas pour manifester. Mais pour prier, comme je le fais, presque chaque matin, depuis plusieurs années. La prière de Cha’harit, à l’heure précise du lever du soleil, celle que l’on appelle « Vatikin », est pour moi plus qu’un simple épanchement. C’est un symbole: celui de l’unité d’Israël. En effet, cet office a une règle très stricte : il faut entamer la Amida, ces 18 bénédictions que l’on récite à voix basse, à la minute précise du lever du soleil (actuellement 5h40 à Jérusalem).

Sur l’esplanade du Kotel, il y a donc, au petit matin, plusieurs offices « communautaires » : celui des hassidim, celui des ashkénazes lituaniens, celui des Sépharades « bavlim » originaires d’Irak, celui des Nord-Africains, celui des Yéroushalmim, les purs et durs originaires de Jérusalem. Alors que la nuit s’éloigne, chacun entame la prière à son rythme, selon sa propre liturgie dans un sympathique brouhaha. Soudain, à l’instant précis où le soleil point à l’horizon, à l’instant dit du « Netz » de l’étincelle , tous entament la Amida à l’unisson. Et un impressionnant silence descend sur l’esplanade. Pendant ces quelques minutes de grâce, chaque fidèle, homme et femme, dialogue en étroite communion, seul avec son Créateur Mais tous vibrent ensemble, unit et réunit, dans une sorte de symphonie silencieuse. Pendant ces instants d’élévation, les barrières disparaissent, les clivages s’estompent. Les communautés d’Israël se recueillent ensemble.

Et si je vais régulièrement au Kotel chaque matin depuis plusieurs années, c’est pour saisir ces étincelles d’unité qui font tellement défaut dans la vie de l’Etat d’Israël.

Vendredi dernier, ces instants de cohésion ont été troublés, piétinés, bafoués : d’un coté, un groupe de femmes appartenant à la mouvance libérale-conservative a tenté de pénétrer dans la Ezrat Nachim de l’esplanade, et conformément à une récente décision de la Justice israélienne. Revêtues de Talit, portant kipa et pour certaines les Téphilin, elles ont voulu prier à leur manière avec un Sefer Torah. Elles n’ont pas pu le faire. En effet, des milliers de jeunes filles des séminaires orthodoxes ont répondu ce matin là à l’appel des grands rabbins Ovadia Yossef et Aaron Leiv Steinman et ont, de par leur simple présence dans la Ezrat Nachim, empêché les « Femmes du Kotel » d’organiser leur propre office. Celles-ci ont donc du se replier plus en arrière. La tension a vite grimpé, obligeant la police à dresser des barrières entre les différents courants, afin de permettre malgré tout au groupe de femmes de prier. Des orthodoxes leur ont lancé des verres d’eau et ont sifflé pour empêcher la poursuite de cet office « dissident »: « C’est terrible de voir le Kotel ainsi » m’a dit stupéfait le rav Shmouel Rabinovitz, grand rabbin du Kotel.

La polémique ne date pourtant pas d’hier. Cela fait près d’un quart de siècle que ces femmes exigent de prier selon leur conviction devant le Kotel. Au fil des ans, plusieurs propositions de compromis ont été avancées, puis rejetées de part et d’autre. La dernière, celle de Nathan Sharansky , qui avait pourtant obtenu l’aval du grand rabbin Rabinovitz, et prévoyait d’instaurer un lieu de prière particulier pour ces femmes à l’extrémité sud du Mur Occidental, sous l’arche de Rubinson. Les femmes du Kotel l’ont rejeté exigeant, de prier avec les autres femmes sur l’Esplanade centrale.

Dans ce débat, comme souvent, les torts et les raisons sont partagés. Comme le disent les femmes du Kotel et ceux qu’elles représentent, « chaque Juif et Juive doit pouvoir prier librement devant le Mur ». Mais comme leur répondent les orthodoxes: « A condition de ne pas heurter les convictions de l’autre ». Une chose est sure : le Kotel doit être au dessus de toutes les mêlées idéologiques religieuses et politiques. Le Kotel est le vestige du Second Temple de Jérusalem qui a été détruit par la haine gratuite entre Juifs. Il y a deux mille ans, il a été le témoin de la perte de notre souveraineté sur Jérusalem et sur la Terre d’Israël. Mais il y a 46 ans, il a aussi été témoin du retour de cette souveraineté, lorsqu’ensemble les soldats de Tsahal, ont combattu pour libérer et réunifier Jérusalem, la ville qui, selon un commentaire, doit rendre les Juifs, amis….

Vendredi matin, après avoir assisté aux échauffourées entre manifestants et forces de l’ordre sur l’esplanade du Kotel, je me suis promis, sur le moment, de revenir y prier plus tard dans l’après-midi, lorsque les esprits se seraient calmés. En ce jour de Roch Hodesh Sivan, où il est écrit dans la Torah, que les Enfants d’Israël sont arrivés au pied du Mont Sinaï pour y recevoir la Torah, unis comme un seul homme, avec un seul cœur, c’était là mon remède personnel pour balayer les disputes du matin, et tenter de capter encore et toujours, devant le Kotel, quelques étincelles d’unité…

Nissim Liel

1 COMMENT

  1. La Tephila que l’on adresse a Achem doit se faire ,sans provoquer son voisin,afin qu’elle puisse être
    accepter du ciel,
    Gardez-vous de provoquer par votre acharnement a déranger ,
    la colère du ciel.

    Votre mouvement rejette la Thora Écrite et leurs Docteurs de la Loi ( exemple RACHI)
    La définition des tephiline ne se trouve pas dans la Thora Orale mais dans la Thora Écrite
    expliqué par ces même Docteurs de la Loi que vous rejetez.
    Votre Démarche de porter des Téphiline et en contradiction avec vos convictions
    ou alors ce n’est QUE de la PROVOCATION

    Il est permis de tout remettre en question a l’intérieur de règles ,définis dans la Thora écrite, celles qui ont aidé le peuple juif a survivre a un exil Bimillénaire.
    Merci de laisser le peuple Juif continuer son chemin dans les règles de la Alaha .
    Car en vivant en dehors de ces règles vous allez malheureusement vous détachez et disparaitre dans les méandres de l’assimilation. Bonne Route

  2. j y etait sans talith ce que ces Hahidims ont fait etait un hilloul hashem Heureusement que les flics nous ont protege sinon ils nous auraient lynche Plus tard lorsque nous avons visiter la vieille ville avec notre rabbin je me suis achete un talith chez un juif hahidi tres sympas Le matin en partant de Carmiel je n ai point penser a l achete
    1> ces filles auraient du etre aux beit Yacov entrain d apprendre
    2> les garcons auraient du etre a la yeshiva entrain d apprendre un peu de guemara
    3>Les filles de Rachi etaient des meloumadots
    4>MEHAL LA FILLE DE SHAOUL ET FEMME DE DAVID PORTE DES TEPHILINES
    4>חג שמח a tous

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