Tichri, un bilan spirituel

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Nous voici au terme d’un mois intense en émotions spirituelles. Mais a-t-on vraiment intégré le message de ces trois temps forts de notre calendrier, probablement les plus intenses en élévation de l’âme ? Je voudrais synthétiser ici cette échelle de progression religieuse pour démontrer la cohérence de cette succession de fêtes qui forment véritablement une unité, destinée à nous inculquer ce que doit être notre comportement dans l’existence. Car Tichri est un temps d’apprentissage de vie partagée avec les autres, où le Passé éclaire le Présent pour nous diriger vers le Futur.

• LE PASSE, c’est cette fête de Roch Hachanah où chacun de nous fait son autocritique, son examen de conscience, de retour sur soi, phase de repentir et de «techouva» . En ce jour de jugement, la sonnerie du Choffar agit comme un signal d’alerte pour éveiller les consciences et obtenir que chaque fidèle se remette en mémoire ses transgressions passées et qu’il identifie la façon dont il s’est comporté vis-à-vis de la collectivité.

• LE PRESENT, c’est le moment de Yom Kippour où l’on élève dans la synagogue ses prières vers Dieu, dans la crainte. On implore Dieu, à travers la confession de ses transgressions personnelles et la reconnaissance sincère des fautes commises, de façon à remettre, en quelques sortes, les pendules à l’heure, en ce jour précis et expier ses manquements à son devoir.

• LE FUTUR , lorsque la fête de Soukkot nous oblige à sortir de notre confort pour nous installer dans ces cabanes, symboles de la précarité de l’existence et nous démontrer par le bouquet symbolique du Loulav que nous sommes tous égaux dans cette solidarité communautaire propre au peuple juif. Et cette souccah nous permet de mettre en application ce que doit être une vie de modestie, de partage et de convivialité.

Cette prise de conscience de notre rôle dans l’existence n’a été rendue possible que parce qu’il y a eu au préalable cette préparation spirituelle de retour sur soi à Roch Hachanah puis d’introspection à Yom Kippour. C’est pour cette raison que les juifs ont une telle ferveur au moment des fêtes de Tichri qui leur permettent un exceptionnel retour aux sources, pour réaliser s’ils ont valablement assumé leur mission dans la collectivité humaine.

Moïse Cohen

Président d’Honneur du Consistoire de Paris

TAGS : Yom Kippour Tichri Soukhot Loulav Spiritualité

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