Yom Yeroushalayim : Au nom de tous ceux qui sont morts pour unifier la ville

Le 28e jour du mois hébreu d’Iyar – qui, cette année, tombe durant la soirée du 9 mai et dans la journée du 10 mai – est l’anniversaire du jour de la conquête, par les parachutistes israéliens, de la Vieille Ville de Jérusalem pendant la guerre des Six jours.

Presque immédiatement après la libération de la Vieille Ville, les soldats qui avaient participé à la bataille avaient empilé des pierres, le long de Jericho Road, aux abords de la porte des Lions, et planté un drapeau sur le sol.

Ce qui avait été une manière, pour les militaires, de rendre hommage à la mémoire de leurs camarades morts au combat dans cette même rue – lorsque les soldats avaient commis une erreur d’orientation qui devait s’avérer être fatale. Les troupes israéliennes avaient conquis l’avant-poste jordanien au musée Rockefeller mais il restait deux importants obstacles à franchir : La Vieille Ville d’abord, et le complexe Augusta Victoria et ses fortifications, sur le mont des Oliviers, qui offrait une vision claire du mont du Temple, en dessous.

Les soldats qui s’étaient dirigés vers le mont des Oliviers avaient manqué un tournant dans leur ascension et, à la place, ils étaient redescendus le long de la rue Jericho. Malheureusement, en raison de leur positionnement dans la rue, les Israéliens n’avaient pas été en mesure d’apercevoir les troupes jordaniennes qui montaient la garde sur les murs de la Vieille Ville. Les militaires avaient été frappés avec férocité lorsqu’ils avaient atteint la courbe de la route qui sert de passerelle au-dessus de la vallée du Kidron. Une bataille avait fait rage sur le pont et les soldats israéliens avaient été appelés en renfort, pour tenter de permettre à leurs camarades de s’extraire et d’échapper à l’ennemi.

Plusieurs années plus tard, ce monument improvisé et très émouvant a été déplacé du lieu de la bataille vers l’endroit où il se trouve dorénavant, à la porte des Lions. A la place des pierres, un aigle sculpté dont l’aile s’élève vers le ciel. L’autre aile, brisée, s’incline à terre.

Jericho Road à Jérusalem, où des soldats israéliens avaient été tués après une erreur d’orientation. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Tous ceux qui ont circulé aux abords des murs de la Vieille Ville ont pu apercevoir le monument d’origine ou le plus récent. Mais il y a de nombreux mémoriaux en souvenir des soldats morts pendant la guerre des Six jours, moins connus, qui ont été érigés. Voici quelques-uns d’entre
eux :

Sur la rue Gmul

Les mémoriaux des caporaux Hanan Boch et Hanan Levine sur Gmul Street à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Deux pierres de commémoration posées au sol le long de la minuscule rue Gmul — dont le nom, en hébreu, évoque la rétribution ou la récompense – sont appuyées contre une clôture installée directement de l’autre côté de ce qui avait été la frontière entre Israël et la Jordanie à partir de 1948 et jusqu’en 1967. La rue, comme d’autres du quartier Arzei Habira, avait constamment subi les frappes ennemies. Sur les deux pierres, les noms de deux jeunes hommes : le caporal Hanan Boch et le caporal Hanan Levine.

Né en Europe de l’Est en 1944, Boch avait immigré en Israël à l’âge de 14 ans et il s’était installé au kibboutz Ein Shemer. Il avait fait son service au sein de l’unité des parachutistes de l’armée, il était retourné ensuite au kibboutz et il venait de se fiancer à une jeune femme lorsqu’à l’âge de 23 ans, il avait été rappelé en tant que réserviste, juste avant la guerre.

Levine, qui était lui aussi parachutiste, était né à Tel Aviv. A l’âge de 21 ans, il avait terminé son service militaire – peu avant qu’il ne retourne dans son unité pour se préparer à la guerre qui s’annonçait. Les deux jeunes hommes avaient été tués au deuxième jour du conflit, le 6 juin, près de la rue Gmul, au cours des batailles féroces pour Jérusalem.

Dans la rue Haneviim

Le mémorial en souvenir d’Elhanan (Hanan) Geva, Yehuda (Dudu) Binyamini et Yaakov-Mordecai (Yankele) Shahar sur Haneviim Street à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Une plaque, située sur la rue Haneviim, une artère de circulation majeure, pourrait être clairement visible. Mais elle est dissimulée par le bâtiment massif qui héberge le ministère de l’Éducation et par l’hôpital italien, derrière. Sur une inscription, les noms de trois soldats, d’origines très différentes, qui avaient servi dans la section de mortiers du 62e bataillon.

Elhanan (Hanan) Geva, 32 ans, né à Jérusalem, était mort le premier jour de la guerre ; Yehuda (Dudu) Binyamini, 23 ans, né en Iran, le deuxième jour ; Yaakov-Mordecai (Yankele) Shahar, 27 ans, d’origine hongroise, le troisième. Tous les trois étaient tombés sous les tirs massifs des Jordaniens à proximité du mémorial qui porte aujourd’hui leurs noms.

Le centre communautaire et le monument voisin à Abu Tor

Le centre communautaire Beit Nechemiah dans le quartier Abu Tor à Jérusalem, qui porte le nom du capitaine Nechemiah Cohen. (Crédit :Shmuel Bar-Am)

Le beau centre communautaire qui se trouve dans le quartier d’Abu Tor, un quartier où se mélangent Juifs et Arabes à Jérusalem, et le monument installé à côté portent le nom du capitaine Nehemiah Cohen, l’un des officiers les plus décorés du pays.

Né à Jérusalem en 1943 de parents originaires de Turquie et qui étaient venus après la Première Guerre mondiale, Cohen avait passé son service militaire au sein d’une unité de commando d’élite.

Le mémorial en souvenir du capitaine Nechemiah Cohen dans le quartier Abu Tor à Jérusalem. (Crédit :Shmuel Bar-Am)

Pendant son service, Cohen avait été récompensé de cinq médailles prestigieuses pour des actions dont les circonstances sont restées secrètes. Et, en 1973, il avait été honoré par une médaille remise à titre posthume pour une opération menée avec son frère, le pilote et ancien membre de la Knesset Eliezer Cohen, en Égypte, huit ans auparavant.

En février 1967, Cohen est nommé commandant en second d’une division de parachutistes. Pendant la guerre des Six Jours, après que leur commandant a été tué dans la région de Gaza, Cohen a dirigé les hommes dans la bataille. Il était dans le véhicule qui a été le fer de lance de l’avancée, et qui a continué à avancer malgré un feu nourri. Il est tombé le 5 juin 1967.

Le monastère de Mar Élias

Le monument à la mémoire du lieutenant Dan Givon de l’autre côté du monastère Mar Elias de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

En face du monastère de Mar Élias, sur la route de Hébron, la route qui mène à Bethléem, se dresse un monument à la mémoire du lieutenant Dan Givon. Jeune homme aux multiples talents et leader naturel, il s’est porté volontaire pour servir dans l’armée de l’air israélienne. Le deuxième jour de la guerre, quelques jours seulement après avoir reçu ses ailes, il a volé au-dessus du monastère pour tenter d’abattre l’artillerie jordanienne. Son avion a été frappé de plein fouet et s’est écrasé sur la hauteur que nous appelons Aircraft Hill. Il avait 21 ans.

La vallée de la Croix

Le mémorial dans la vallée de la Croix, à Jérusalem, qui inclut les noms des lieutenants Yuval Bihem et Yigal Vilk. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Fondé en 1919, le mouvement scout hébreu est le plus grand mouvement de jeunesse en Israël et a été le premier mouvement scout mixte au monde. Son siège est situé dans la vallée de la Croix à Jérusalem, ainsi nommée en raison de son emplacement à côté du monastère géorgien de la Croix, vieux de 1 000 ans.

De nombreux jeunes qui ont fréquenté le prestigieux lycée Rehavia de Jérusalem ont également appartenu à la troupe Massada. Ils se sont engagés dès leur plus jeune âge et ont grandi pour devenir des leaders, parmi lesquels le président israélien Reuven Rivlin. Un monument à la mémoire de plusieurs membres de la troupe tués pendant la guerre des Six Jours se dresse à côté de la voie piétonne dans la vallée.

L’un d’eux était le sergent Yuval Bihem, qui a passé plusieurs années de son enfance avec sa famille aux États-Unis. Dès qu’il est rentré à Jérusalem, il a rejoint la troupe scoute de Massada. Après avoir effectué son service militaire dans le corps des parachutistes et obtenu une licence en économie et statistiques à l’Université hébraïque, Yuval Bihem a commencé à étudier pour obtenir une maîtrise. En même temps, il travaille au bureau du Premier ministre en tant que conseiller économique.

Doté d’un extraordinaire sens de l’humour et d’une immense joie de vivre, il a été abattu par la balle d’un sniper lors d’une bataille pour la Vieille Ville, le deuxième jour de la guerre. Il avait 27 ans.

Le monument de l’aigle, érigé en mémoire des soldats de la guerre des Six jours aux abords de la Vieille Ville de Jérusalem, à la porte des Lions. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le lieutenant Yigal Vilk est né à Jérusalem en 1947, a fréquenté le Rehavia Gymnasia et a été actif dans la troupe de Massada, dont il est devenu le commandant de bataillon. Il était clair pour tout le monde que Vilk était né pour être un leader, et lorsqu’il s’est engagé dans l’armée et s’est porté volontaire pour l’unité des parachutistes, il a été envoyé au cours pour officiers.

Connu pour le sourire qui quittait rarement ses lèvres, Vilk ne faisait pas de cérémonie avec ses hommes, qui – comme les jeunes des troupes de scouts qu’il dirigeait – vénéraient leur commandant.

La guerre éclate alors que Vilk est en plein service militaire régulier. Le premier jour de la guerre, lui et sa compagnie reçoivent l’ordre d’attaquer un avant-poste vallonné bien défendu à la lisière de Gaza. Sans se soucier de sa propre sécurité, Vilk a foncé en avant, sauvant de nombreuses vies mais perdant la sienne dans l’assaut.

L’ancien consulat américain

Le monument en mémoire de 25 soldats disparus dans la guerre des Six jours à côté de l’ancien consulat américain, à Jérusalem-Est. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Près du poste de garde de l’ancien consulat américain, situé sur la route de Naplouse à Jérusalem-Est, une place abrite un monument spontané dédié à 25 parachutistes du 28e bataillon tués au combat à proximité. Bien qu’elle se trouve à proximité des vestiges historiques de la troisième muraille de Jérusalem – datant d’un peu plus de 2 000 ans – son emplacement en fait l’un des monuments commémoratifs les moins visités et les moins connus de la ville.

Un deuxième monument commémoratif se dresse au-dessus du monument original. Qui aurait pensé, dans les moments grisants où le premier monument a été érigé, qu’il serait nécessaire d’ériger un nouveau mur portant les noms des soldats du bataillon tombés dans les nombreuses guerres d’Israël depuis 1967 ?

Aviva Bar-Am est l’auteur de sept guides en langue anglaise sur Israël. Shmuel Bar-Am est un guide touristique agréé qui propose des visites privées et personnalisées en Israël pour les particuliers, les familles et les petits groupes.

9 May 2021

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