Le Parlement britannique a dévoilé, ce jeudi, les retranscriptions de deux conversations téléphoniques entre l’ancien premier ministre britannique et le «Guide suprême».Tony Blair demandait au leader libyen de l’époque de partir et se mettre en sécurité, peu avant sa chute en 2011.

Voilà un nouvel éclairage sur les liens supposés entre Tony Blair et Mouammar Kadhafi. L’ancien premier ministre britannique serait bien intervenu auprès du «Guide suprême» juste avant les bombardements en Libye. C’est du moins ce qu’il ressort des retranscriptions de deux conversations téléphoniques dévoilées ce jeudi par le Parlement britannique. Le contenu de ces deux coups de fil, passés à deux heures d’intervalle le 25 février 2011, ont été remis à la commission des Affaires étrangères par Tony Blair lui-même. L’ancien premier ministre avait été auditionné dans le cadre d’une enquête parlementaire le 11 décembre dernier, après la parution d’un livre, début septembre, affirmant que l’ancien aurait tenté en 2011 de sauver le chef d’État libyen.Lors de ces deux conversations, à son initiative, Tony Blair dit à Kadhafi, en parlant du leader libyen à la troisième personne: «S’il existe un moyen de partir, il devrait le faire maintenant. Il faut qu’il montre qu’il accepte le changement et qu’il se retire pour que ce changement s’opère sans violence.» Et d’insister, plus direct: «Si vous avez un endroit sûr où vous rendre, vous devriez y aller car ceci ne va pas se terminer sans violence.» «Où doit-il aller? Il n’a pas de mandat», répond Kadhafi en parlant de lui à la troisième personne. «Je n’ai pas le pouvoir ou de mandat, je ne suis pas le président, je n’ai aucun poste à quitter», dit-il plus loin, alors qu’il fait face à une révolte populaire dans son pays.

Au début de la première conversation, il affirme que son pays est «attaqué par des cellules dormantes d’Al-Qaïda en Afrique du Nord, similaires à celle aux Etats-Unis avant les attentas du 11 septembre». «Nous sommes confrontés à une situation de djihad», ajoute-t-il. A la fin de la deuxième conversation, il demande à Tony Blair: «Laissez-nous tranquille, nous n’avons pas de problème». Il l’invite à plusieurs reprises à venir voir sur place qu’il n’y a «aucune violence en ce moment à Tripoli».

Dans ces conversations, le dictateur libyen s’inquiète également d’une intervention militaire internationale. «Pas du tout, personne ne le souhaite», lui répond Tony Blair. Or, peu après cet échange, le 17 mars 2011, une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU autorise le recours à la force contre les troupes gouvernementales libyennes pour protéger la population. Peu après, sous l’égide de l’ONU, l’armée britannique participe, avec, entre autres, la France et les États-Unis, à une opération militaire visant à destituer le raïs libyen. A l’époque, Tony Blair ne résidait plus au 10 Downing Street. Il a été premier ministre du Royaume-Uni de 1997 à 2007.

Le Figaro (avec AFP)

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