Alors que Téhéran vient de commémorer le 40e anniversaire de sa « révolution islamique » et que vient de s’ouvrir, à Varsovie, une conférence sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient, un attentat suicide particulièrement meurtrier a visé les Gardiens de la révolution iraniens [pasdarans] dans la province du Sistan-Balouchistan [sud-est], le 13 février.

Les pasdarans revenaient d’une patrouille effectuée le long de la frontière pakistanaise quand une voiture piégée a explosé au passage de leur bus. Le bilan est de 27 tués et de 13 blessés.

Très vite, les responsables iraniens ont attribué la responsabilité de cette attaque à des jihadistes, qu’ils ont accusés d’être des « agents des services de renseignement liés à l’arrogance occidentale. »

Effectivement, selon SITE Intelligence, spécialiste de la surveillance des activités numériques de la mouvance jihadiste, cet attentat a été revendiqué peu après par Jaich al-Adl [Armée de la justice], un groupe créé par d’anciens membres de l’organisation sunnité appelée « Joundallah » [les soldats de Dieu].

Cette dernière s’était notamment fait connaître à la fin des années 2000 après avoir commis plusieurs attentats contre les Gardiens de la révolution déployés au Sistan-Balouchistan.

À l’époque, Téhéran avait accusé ce groupe « Joundallah » d’avoir des liens « directs » avec le renseignement américain, britannique et pakistanais.

Le président iranien, Hassan Rohani, en a fait de même avant de s’envoler en direction de Sotchi [Russie] pour assister à un sommet sur la Syrie avec ses homologues russe et turc.

« La racine principale du terrorisme dans la région sont les États-Unis, les sionistes [Israël ndlr] et certains pays pétroliers [de la région] qui [les] financent », a en effet affirmé M Rohani. « Nous ferons certainement payer à ce groupe mercenaire le prix pour le sang versé par nos martyrs », a-t-il assuré.

En outre, le président iranien a également demandé à pays voisins de l’Iran d’assumer leurs « responsabilités » et de plus permettre aux « terroristes » d’utiliser leur territoire pour planifier des attaques sur le territoire iranien.

« Si ils ne sont pas en mesure d’arrêter les terroristes nous nous réservons le droit d’agir », a-t-il prévenu. Et cet avertissement vise essentiellement le Pakistan.

À l’époque où le Joundallah était encore actif, les autorités iraniennes avaient accusé le Pakistan de servir de « base arrière » à cette organisation et l’ISI [Inter Services Intelligence, le renseignement pakistanais] de lui prêter main-forte.

Cela étant, comptant une importante minorité sunnite, le Sistan-Balouchistan est régulièrement le théâtre d’attaques contre les forces iraniennes.

L’une d’entre-elles fit 13 tués parmi les garde-frontières, en octobre 2013, soit quelques mois après la création de Jaich al-Adl par Salaheddine Farouqi.

Puis, en février 2014, cinq militaires iraniens furent enlevés par ce groupe et emmenés au Pakistan.

Ce qui donna lieu à de vives tensions entre Téhéran et Islamabad, les autorités iraniennes ayant menacé leurs holomologues pakistanaises de mener une opération transfrontalière.

Par ailleurs, une autre région iranienne est également concernée par le terrorisme. Ainsi, en septembre 2018, 24 personnes perdirent la vie quand cinq assaillants ouvrirent le feu sur une foule réunie pour regarder un défilé militaire.

L’attaque avait été revendiquée par la « Résistance nationale d’Ahvaz », un groupe séparatiste arabe, ainsi que par l’État islamique.

Par la suite, l’Iran lança une salve de missiles contre des positions jihadistes établies en Syrie et affirma avoir ainsi éliminé le « cerveau » de cet attentat.

LAURENT LAGNEAU

Source: opex360.com 

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