L’ex-directeur de la prison de Fresnes incarcéré

Condamné à 4 ans de prison ferme, début janvier, dans une affaire de corruption, Khalid El-Khal, ancien directeur de division, a été placé en détention, ce lundi 30 janvier. Ses avocats ont aussitôt déposé une demande de mise en liberté.

Il ne s’attendait pas à se retrouver aussi vite derrière les barreaux. Khalid El-Khal, ancien directeur des services pénitentiaires à la prison de Fresnes (Val-de-Marne), a été incarcéré, lundi, au centre pénitentiaire d’Aiton (Savoie). Le placement en détention de cet ex-directeur de la 3ème division de Fresnes intervient après sa condamnation à 4 ans de prison prononcée le 11 janvier, pour des faits de « corruption passive » et « association de malfaiteurs ». Khalid El-Khal, 53 ans avait été jugé en novembre dernier avec trois autres prévenus, dont deux acteurs de l’arnaque à la taxe carbone, – Arnaud Mimran et Fabrice Touil -, devant le tribunal judiciaire de Créteil. Il s’était vu reproché d’avoir accordé des « avantages » à certains détenus en échange d’argent. Des faits commis entre janvier 2016 et mars 2018.

Les juges avaient assorti leur peine d’un mandat de dépôt différé afin de permettre à l’ancien directeur déchu de mettre en place sa détention au regard, notamment, de sa situation familiale. Outre ces 4 ans de prison, Khalid El-Khal s’est vu interdire de manière définitive toute fonction publique ou emploi public, et la confiscation de près de 100 000€ saisis au cours de l’instruction de cette affaire. Il a interjeté appel de cette condamnation et devra être rejugé prochainement, en compagnie de Arnaud Mimran, – qui a écopé d’une peine de deux ans de prison -, par la cour d’appel de Paris.

Dans la foulée de son incarcération, ses avocats, Mes Philippe Ohayon, Paul Aprile et Vera Goguidze, ont déposé une demande de mise en liberté qui devrait être audiencée dans un délai de deux mois. « Cette demande a pour objectif qu’il puisse comparaître en appel dans les mêmes conditions qu’en première instance, souligne Me Philippe Ohayon. C’est-à-dire libre et respectueux de son contrôle judiciaire. Il n’y aucune raison objective à ce qu’il soit maintenu en détention, et ce, alors que son état de santé est manifestement dégradé. »

« Je trouve que la justice n’a fait preuve d’aucune humanité »

En octobre 2016, au cours d’une visite du contrôleur général des lieux de privation de liberté à Fresnes, et notamment dans la 3ème division, où le taux d’occupation atteignait, 201% (861 détenus pour 428 places), ce dernier avait été alerté sur des soupçons de corruption d’agent public. Rapidement, une enquête avait été confiée à la police judiciaire de Versailles.

Selon les premières investigations, certains détenus de la 3ᵉ division auraient bénéficié de faveurs (plats de traiteur, téléphones, douches quotidiennes) en échange d’argent versé au directeur de cette unité. Ciblé, Khalid El-Khal avait fait l’objet d’une étroite surveillance et sa voiture avait même été sonorisée. Après plusieurs mois d’enquête, il avait été interpellé, en mars 2018, avant d’être mis en examen puis placé en détention provisoire pendant huit mois. Les investigations avaient également mis en lumière que les détenus favorisés par le directeur appartenaient au milieu affairiste parisien et étaient poursuivis pour certains d’entre eux dans l’affaire de l’escroquerie au CO2.

Contacté par Le JDD avant son incarcération, Khalid El-Khal, qui a retrouvé un emploi comme vendeur spécialisé, rappelle que « la seule chose qu’on peut (lui) reprocher dans ce dossier et qu’(il) a reconnu est d’avoir perçu 5 000€ en espèces de la part de Fabrice Touil* ». « C’est une faute, oui, mais est-ce que ça justifie mon incarcération avant d’être passé en appel ? interroge-t-il. J’ai respecté à la lettre les conditions imposées par la justice pendant quatre ans. J’ai pointé plus de 200 fois à la gendarmerie de mon lieu de résidence. Je n’ai jamais eu une seule défaillance. Je me suis présenté à la barre alors que le parquet avait requis 4 ans de prison à mon encontre. Je n’ai pas pris la fuite. Ma femme est très malade et moi-même, j’ai un certificat d’hospitalisation d’office au regard du choc que j’ai subi. Je trouve que la justice n’a fait preuve d’aucune humanité. »

*En fuite en Israël, Fabrice Touil a également écopé de 4 ans de prison, assorti d’un mandat d’arrêt.

Le JDD

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