Non seulement le leader mondial des génériques a dû annoncer lundi le départ de son PDG, Erez Vigodman, resté seulement trois ans à la tête du groupe israélien, dont il n’a pu assurer le redressement. Mais vingt-quatre heures plus tard, le laboratoire de Petah Tikva (près de Tel-Aviv) a dû aussi confirmer qu’il était visé par une enquête de police en Israël pour des faits présumés de pots-de-vin versés à des responsables étrangers. «Une enquête est en cours en Israël concernant les mêmes problèmes qui ont conduit à un accord avec les autorités judiciaires américaines», a indiqué le groupe. En décembre, Teva a en effet dû débourser un demi-milliard de dollars pour échapper à des poursuites aux Etats-Unis sur des faits de corruption entre 2007 et 2012 en Russie, Ukraine et au Mexique.

Pour ne rien arranger, le fleuron israélien des médicaments est par ailleurs soupçonné outre-Atlantique, avec une douzaine d’autres sociétés, d’entente présumée sur les prix de certains génériques. Au cours des dix-huit derniers mois, il a vu son cours de Bourse chuter de 50 % et sa dette atteindre des sommets. Et pour cause : afin de trouver des relais de croissance, suite à la perte du brevet de Copaxone, le traitement contre la sclérose en plaques qui représente un cinquième de ses ventes, Erez Vigodman a multiplié les acquisitions.

Point d’orgue de cette stratégie, le rachat des génériques Actavis pour 40,5 milliards de dollars. Un prix jugé trop élevé par les observateurs, qui estiment que le groupe a été trop lent pour se préparer à l’après-Copaxone. De fait, Teva misait encore sur son blockbuster, protégé aux Etats-Unis par de nouveaux brevets dans sa version de doses à 40 mg. Des brevets que la justice américaine a décidé d’invalider début février.

Vers une scission ?

Reste à savoir comment le groupe va gérer cette nouvelle crise de leadership. Ce n’est pas la première fois que Teva affronte une zone de turbulences. En octobre 2013, la firme avait déjà dû digérer le départ de son PDG, Jeremy Levin, ex-patron du laboratoire américain Bristol-Myers Squibb, après avoir mené un vaste plan de restructurations. Quatre ans plus tard, certains actionnaires poussent pour une scission. Mais cette fois, l’avertissement est clair : quelle que soit l’option choisie, le laboratoire, dont l’intérim sera assuré par l’actuel président, Yitzhak Peterburg, n’aura plus droit à l’erreur.

Nathalie Hamou, Correspondante à Tel-Aviv – Les Echos

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