Refus d’un judoka émirati de saluer un Israélien: les EAU présentent leurs excuses

Moshe Pinto, left, Marius Vizer, second left, and two Emirates sports officials meeting in Abu Dhabi on October 28, 2017 Fédération internationale de Judo
Les organisateurs ont refusé de jouer l’hymne national des athlètes israéliens lors des remises de médailles

Les dirigeants du judo émirati ont présenté samedi leurs excuses à leurs homologues israéliens, après qu’un judoka a refusé de serrer la main à son adversaire israélien lors du tournoi d’Abou Dabi, qui s’est déroulé ce week-end.

Mohammad Bin Thaloub Al-Darei, président de la Fédération de Judo des Emirats Arabes Unis, et Aref Al-Awani, un autre responsable des sports des Emirats, se sont excusés auprès de Moshe Ponte, président de l’Association du judo israélien, après que Rashad Almashjari a refusé de serrer la main de son adversaire Tohar Butbul (Israël) au premier tour de la catégorie poids léger (66-73 kg), selon un communiqué de la Fédération internationale de judo.

Darei et Awani « ont présenté leurs excuses parce que les athlètes des EAU n’ont pas serré la main des athlètes israéliens ». Ils ont également félicité l’équipe israélienne pour leur succès ici, a déclaré le président de la FIJ, Marius Vizern, qui a qualifié l’initiative émiratie de « geste courageux ».

Handout (Israel Judo Federation/AFP)Israeli judoka Gili Cohen and teammate Tal Flicker pose with their medals during the 2017 Abu Dhabi Grand Slam
Handout (Israel Judo Federation/AFP)

Les organisateurs ont toutefois refusé de jouer l’hymne national des athlètes israéliens et interdit qu’ils portent le sigle de leur pays. Le drapeau bleu et blanc était également absent lors des cérémonies de remise des médailles.

« Comme vous pouvez le voir, je n’ai pas le drapeau », a déclaré le médaillé olympique Or Sasson samedi après avoir remporté le bronze dans la catégorie des plus de 100 kilos, pointant l’endroit sur sa poitrine où figurait le drapeau de ses concurrents.

« Mais mon cœur est toujours, toujours avec l’Etat d’Israël. J’espère que je t’ai rendu fier et je continuerai toujours à te représenter avec fierté « , a-t-il affirmé.

Les douze membres de la délégation israélienne ont été contraints de combattre avec des kimonos dépourvus du sigle ISR, les trois lettres désignant Israël dans les compétitions sportives, remplacé par celui de la fédération internationale.

Cette mesure discriminatoire a été imposée uniquement aux judokas israéliens. En tout, Israël a remporté cinq médailles lors du Grand Chelem d’Abou Dabi (1 or et 4 bronzes), se hissant à la sixième place du classement devant des pays comme la France ou l’Allemagne.

La Hatikva a capella

Jeudi, les organisateurs du tournoi ont refusé de jouer l’hymne national israélien et d’arborer le drapeau israélien lors de la remise de la médaille d’or à l’Israélien Tal Flicker pour sa victoire dans la catégorie des moins de 66 kg, les remplaçant par les symboles de la fédération internationale.

Une fois sur le podium, Tal Flicker a décidé d’entonner lui-même l’hymne israélien. « J’ai décidé de chanter HaTikva sur le podium parce qu’Israël est mon pays. Je suis fier d’être israélien et l’hymne des championnats du monde qu’on a joué n’était qu’un bruit de fond », a-t-il expliqué dans une vidéo diffusée ensuite sur internet.

Plus tard dans la journée, le drapeau bleu et blanc a également été mis de côté lors de la remise du bronze à Gili Cohen (femme -52 kg).

Le président de la FIJ, Marius Vizerna, a déclaré qu’Israël avait été bien traité durant le tournoi, malgré la polémique sur le drapeau et l’hymne de l’Etat hébreu.

« Parfois, avec courage, respect et politesse, vous pouvez résoudre des tensions et des conflits qui n’ont pas été résolus depuis des décennies. Je considère, que même sans le drapeau et l’hymne d’Israël, leur équipe a été très bien traitée avec respect lors de cet événement », a-t-il affirmé.

Selon le site d’information Ynet, les responsables du tournoi ont convenu que les symboles israéliens seraient autorisés lors de la prochaine édition, une information non confirmée par les intéressés.

« Au cours des dernières années, la FIJ a fait beaucoup pour que l’équipe israélienne participe et soit reconnue dans des pays comme le Maroc et les Emirats, et j’espère que bientôt nous pourrons briser les barrières pour favoriser la tolérance entre les pays, et pour que les nations expriment la valeur réelle du sport, de l’unité, de l’amitié et de la solidarité », a-t-il ajouté.

Les athlètes israéliens sont régulièrement victimes de discrimination lorsqu’ils affrontent des athlètes originaires de pays qui critiquent Israël.

Lors des Jeux olympiques de 2016 à Rio, le judoka égyptien Islam El Shahaby avait refusé de serrer la main d’Or Sasson après avoir été vaincu par l’Israélien. Il avait ensuite été exclu du tournoi pour avoir refusé de respecter le protocole.

1 COMMENTAIRE

  1. Sanctionner la fédération de judo de ce pays.
    Leur interdire d’ organiser des compétitions internationales.
    Sanction individuelle contre le judoka ayant refusé de serrer la main de notre athléte.

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