Jean-Luc Mélenchon, président du groupe "La France insoumise" à l'Assemblée nationale, était l'invité de BFM Politique.

Avec la défaite attendue, de la gauche, Jean-Luc Mélenchon n’a plus de grands espoirs à entretenir. La gauche paie maintenant le prix de son arrogance durant des années. Et même si elle continue sous des formes diverses un combat sans ligne directrice, sans vision, sauf à s’accaparer le combat des verts, des féministes, des islamistes voire des « wokistes »,  elle n’offre plus d’espérance pour la France.

La gauche ne croit plus au miracle, et pense déjà au lendemain d’une défaite en rase campagne annoncée. Mélenchon aura eu sa part dans cette mort, et dans cet enterrement qui aura lieu sans bruit le 11 avril 2022. Il partagera cette responsabilité avec Hollande, Benoît Hamon, Hidalgo et les autres.

Les petits camarades de Mélenchon n’ont rien à voir avec les dirigeants de la gauche des années 80-2000, ils n’en ont pas la culture. Alors ils peuvent penser à la succession de leur guide, ils peuvent faire de la politicaillerie, mais ils ne trouveront plus d’oreille pour les écouter.

« Ils sont en train de préparer l’après » : à LFI, la succession de Mélenchon est dans tous les esprits.

C’est la dernière campagnes présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Et ses camarades de la France insoumise pensent tous à la suite.

Ce n’était sans doute pas un grand secret, mais Jean-Luc Mélenchon a fini par le dire : cette présidentielle sera sa dernière. Depuis qu’il a quitté le Parti socialiste en 2008 pour structurer la gauche radicale, le tribun a toujours dominé, seul, son camp. Les députés Éric Coquerel, Alexis Corbière, François Ruffin, Clémentine Autain, Adrien Quatennens… des têtes ont bien émergé, mais sans jamais dépasser. Si bien qu’il est difficile de savoir qui pourrait lui succéder.

Dans Génération Mélenchon (Seuil), à paraître jeudi, le coordinateur de La France insoumise (LFI), Adrien Quatennens, l’assure : « Les fondations sont suffisamment solides pour résister à toutes les tempêtes et relever le drapeau aussi longtemps qu’il le faudra. » En plus des cadres historiques, Mélenchon a fait pousser une génération, à peine trentenaire : celle de Quatennens, de Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, et de Clémence Guetté, chargée du programme. « Jean-Luc Mélenchon est très attentif à la question de la formation, à la prise de responsabilité », note cette dernière. Un parlementaire LFI s’amuse, lui, de voir Mélenchon faire monter en grade les uns et les autres. Comme pour mieux les neutraliser…

Qui lui succédera? « Ce n’est pas à moi de trancher », confie le candidat dans François Ruffin, la revanche des bouseux (Les Arènes), une enquête du journaliste Rachid Laïreche. Et de poursuivre : « Je suis fier d’être entouré par des têtes dures, je sais qu’ils ne renonceront jamais, personne ne pourra les acheter. » Les Insoumis ne parient pas sur le député de la Somme. « Pas assez collectif », estiment-ils souvent. Ruffin lui-même ne semble guère convaincu : « C’est une question que je laisse ouverte, en suspens pour l’avenir, dit-il dans ce livre. Est-ce que je prends au sérieux la conquête du pouvoir? »

Le député de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel, lui, assure qu’après la présidentielle, en cas de défaite, Mélenchon ne « partira pas à la retraite », mais qu' »il ne faut pas croire qu’on retrouvera le même type de leader ». Et d’ajouter : « Le leadership sera plus partagé. Ce sera un défi de faire en sorte que personne ne se dise : ‘mon heure est venue.' »

Corbière met en garde ceux qui joueraient déjà le coup d’après.

Derrière son nom et son verbe, Mélenchon a été capable de maintenir ensemble des gauches venues d’horizons divers. Aussi un autre député de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière, met-il en garde ceux qui joueraient déjà le coup d’après. « La suite s’écrit aujourd’hui, dit-il. Si nous rencontrons un échec dans la campagne, tout volera en petits morceaux, tout le monde expliquera qu’il faut revenir à sa chapelle. Il peut y avoir des prétendants, mais s’il n’y a rien à quoi prétendre… »

À écouter les mélenchonistes, la question du « qui » ne se pose pas encore. « Il y a tellement de paramètres, pointe le directeur de campagne, Manuel Bompard. Que Mélenchon soit président ou pas, que l’on ait cent députés ou zéro… Cela change quand même quelque chose. Ce serait absurde de travailler à ça maintenant. » Un ancien compagnon de route ne croit pas à cette histoire : « Dans cette présidentielle, Mélenchon est obligé de planter le drapeau jusqu’au bout, car les autres ne sont pas mûrs. Mais ils sont tous en train de préparer l’après. »

Le JDD

 

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