Situé porte de la Chapelle, le centre humanitaire Paris-Nord voulu par la maire de Paris, Anne Hidalgo, accueillera jusqu’à 600 personnes.

Le bruit des marteaux et des scies électriques emplit le volume immense de cette cathédrale de béton, exposée aux quatre vents et toisée par les hautes barres d’immeubles de la porte de la Chapelle. 13.550 m² de chantier où vole un essaim d’ouvriers et de bénévoles en chasuble Emmaüs Solidarité, tous se hâtant pour les derniers préparatifs. Jeudi matin, après seulement trois mois et demi de travaux, ils auront réussi à créer le plus gros centre en Europe de transit pour migrants, le centre humanitaire Paris Nord, voulu par la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo. Trente entreprises, cent ouvriers par jour qui, dans des délais records, ont réhabilité ce site désaffecté de la SNCF, fait de vieux hangars et de friches, pour abriter jusqu’à 600 personnes. 6,5 millions d’euros d’investissement, dont 80 % seront pris en charge par la Ville, 13 millions pour les coûts de fonctionnement, dont 50 % assumés par la Ville, et le reste par l’État.

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Dans quelques heures, les premiers migrants arriveront, selon un mode d’«accueil inconditionnel», indique sur les lieux Anne Hidalgo. Un lieu ouvert à ceux qui comptent demander l’asile mais aussi à ceux qui ne le veulent pas, et même aux déboutés, énumère-t-elle, car «il ne peut pas y avoir de concurrence des publics» dans cette démarche qui se veut «humaniste» et qui doit «répondre au défi immense» des flux migratoires en Europe. Eux aussi «relèvent de l’hébergement d’urgence», précise la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, présente sur le site. La vocation de ce centre, dont le séjour est fixé entre cinq et dix jours, est une structure d’accueil où «dormir, se laver, manger et avoir des soins dans des conditions dignes» pour que les migrants puissent «avoir des idées plus claires» sur leur parcours à venir. Un «sas» et «non un lieu d’hébergement» pérenne, souligne Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs Solidarité, l’association gestionnaire des lieux pour la Ville de Paris, «le temps qu’on mobilise des solutions adaptées». Ainsi, hommes, femmes, familles et mineurs isolés pourront tous se présenter – spontanément, via des maraudes ou des associations – avant que leur situation individuelle ne soit examinée pour orienter chacun vers une structure adaptée. Le site de la porte de la Chapelle n’accueillera que des hommes isolés, tandis que son pendant, dédié aux femmes et aux enfants, doit ouvrir à Ivry en janvier prochain avec une capacité de 350 places. Avec ce centre de transit, autorités préfectorales et municipales croient que «c’est une réponse à la reconstitution des campements» sauvages dans la capitale, comme celui de Stalingrad, où vivaient 3852 migrants jusqu’au 4 novembre avant d’être évacués. Il sera néanmoins un lieu temporaire. Dans dix-huit mois, ses structures démontables partiront sur un autre site, pour laisser la place au projet initial de construction du campus universitaire Condorcet.

Seize personnels de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) sont affectés au site pour informer les publics sur la demande d’asile

Quatre pôles constituent le centre: la bulle d’accueil, un espace sous chapiteau de 900 m², ouvert de 8 heures à 20 heures, où les migrants auront leur premier contact avec les quelque 120 salariés du site et 500 volontaires. Fauteuils, prises pour recharger les téléphones, livrets d’accueil traduits en cinq langues… Munis d’un ticket avec un numéro, ils auront ensuite un «entretien de préévaluation» dans une des vingt pièces de rendez-vous créées à l’étage de la bulle. Seize personnels de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) sont affectés au site pour informer les publics sur la demande d’asile. «Tout l’enjeu», pour le directeur général de l’Ofii, Didier Leschi, reste «la capacité à trouver suffisamment de places en province pour réorienter» les migrants «dans des délais rapides». Et «ce ne sera pas simple», estime-t-il.

Autre lieu emblématique du site: le pôle santé, pour une prise en charge à la fois physique et psychique, avec une équipe médicale composée de personnels du Samu social de Paris, de Médecins du monde et de traducteurs. À l’intérieur, plusieurs cabinets médicaux individuels où un diagnostic infirmier de vingt minutes, «volontaire», précise une salariée d’Emmaüs, sera systématiquement proposé. Des «petits soins» relevant de la «bobologie», précise-t-elle, seront aussi dispensés.

Un peu plus loin, la «halle hébergement», adossée au «magasin» où sont stockés tous les dons de vêtements, les kits d’hygiène et les 50 machines à laver de la buanderie, est organisée en 8 villages de 50 personnes. Chaque village, chauffé et composé de 12 cabanes de 4 lits chacune, a son code couleur et son équipe dédiée. De nombreux containers maritimes, comprenant des sanitaires pour 8 personnes, y sont installés. Chaque village a son point de repos, avec canapés et télévisions, son point de restauration, où seront donnés trois repas par jour, et son point d’animations. Tables de ping-pong, baby-foots, agrès de fitness… Dehors, un terrain de football et un terrain de basket sont même construits.

Au contraire de celui de la «bulle accueil», l’accès à la «halle hébergement» sera contrôlé. «Sans doute avec un système palmaire, plébiscite le directeur général d’Emmaüs Solidarité. Au même titre qu’il y a un règlement intérieur, c’est une sécurisation nécessaire et positive, aussi bien pour les personnels et bénévoles du centre que pour les migrants.» Les résidents auront la liberté d’aller et venir jusqu’à 23 heures.

Le Figaro

 

2 Commentaires

  1. Un peu juste 600 personnes …non ? faut de suite agrandir et prévoir 6000 personnes/ jours les socialistes n’ont jamais rien fait pour les 220 000 sdf français de souches qui crèvent dans des taudis ou dans la rue… mais pour les « mus » dont ils espèrent un soutien sans faille au prochaines élections rien n’est trop beau..quels hypocrites….

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