Des larmes à la fureur. « Gaudin démission ! Gaudin assassin ! » Les slogans qui ponctuaient la marche blanche de samedi inauguraient hier, celle de la colère.

 Ils étaient de nouveau des milliers (8 000 selon la Préfecture de police) dès 18 heures, massés dans la rue d’Aubagne et ses alentours, jusqu’au cours Saint-Louis et La Canebière, les portraits de six des huit victimes du drame du 5 novembre en front de cortège.

Immeubles en carton slogans en béton 

Au même moment, dans la rue de Chateauredon, à quelques mètres à peine des « 63 » et « 65 », les marins-pompiers évacuaient, par leur fenêtre, les habitants d’un immeuble devant des Marseillais atterrés.

La mairie en ligne de mire, la vague de colère s’est propagée le long de La Canebière, embrasée par ces torches qui guidaient la manifestation. Avec, à bout de bras, ou sur les têtes, des immeubles de carton menacés par le « Godinzilla » affiché sur les nouveaux murs de la place Jean-Jaurès.

Mais aussi des pancartes en pagaille sur lesquelles l’édile de Marseille et ses fidèles étaient expressément invités à quitter leurs fonctions. Sur les banderoles évidemment, nulle tendresse : « Vingt millions pour détruire La Plaine, zéro pour sauver Noailles. À qui profite le crime ? » Les combats se chevauchent et finalement, ne font qu’un.

Et ils étaient comme un seul homme, la rage en commun, de tous âges, comme samedi, à aborder le quai d’Honneur, après une longue minute de recueillement. Et une autre, d’applaudissements.

Avant la « bronca », les sifflets et les cris, devant la mairie. Jusque-là, point de violence. Mais c’était sans compter sur une poignée d’individus qui, malgré les protestations des organisateurs – « La violence n’est pas de notre fait ! Reprenons le cortège dans le calme, soyons dignes !  » – ont ciblé l’édifice avec différents projectiles.

Les CRS, d’abord postés derrière l’hôtel de ville, ont formé leur usuel cordon avant de propulser plusieurs grenades lacrymogènes. Il était 19 h 30. S’ils furent nombreux à revenir crier leur colère malgré les gaz, beaucoup sont partis, écharpes enroulées sur les visages, têtes baissées, protégeant comme ils l’ont pu les quelques enfants et personnes âgées venues manifester. Des larmes aux larmes. La boucle est bouclée ? Pas sûr.

Quelques incidents et six arrestations

Dans la colère ambiante contre la municipalité Gaudin, la fin de la marche a été émaillée par quelques incidents.

À l’arrivée du cortège devant l’hôtel de Ville, un petit groupe de manifestants a lancé des fumigènes et des gros pétards contre le bâtiment, avant que certains ne renversent les barrières métalliques installées autour du bâtiment.

Très discrètes jusque-là, les forces de l’ordre ont alors fait massivement usage de gaz lacrymogène, à plusieurs reprises, pour disperser la foule dense et hétéroclite encore sur place.

Incommodés par les fumées, de nombreux manifestants se sont plaints d’une réplique jugée « disproportionnée et sans sommation ».

Six personnes ont été interpellées pour « jets de projectiles » sur les fonctionnaires de police.

Par Antoine Marigot avec L.D’A.

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