Selon la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) – qui fait partie du Conseil de l’ Europe – la presse britannique est à blâmer car elle alimenterait le discours de haine et de violence raciste. Le 4 Octobre, 2016, l’ECRI a publié un rapport dédié uniquement à la Grande-Bretagne. Le rapport dit ainsi:

« certains médias traditionnels, en particulier les tabloïds … sont responsables de la majorité des actes discriminatoire et ont une terminologie provocatrice. Le Sun, par exemple, a publié un article en Avril 2015 intitulé « Les canots de secours? j’utilise des hélicoptères de combat pour arrêter les migrants », dans lequel le chroniqueur a comparé les migrants à des « cafards » …

Le Sun a également publié des manchettes anti-musulmanes qui enveniment la situation, telles que sa première page du 23 Novembre 2015, « dans la sympathie de 5 Britanniques musulmans pour les djihadistes », avec une photo d’un terroriste masqué armé d’ un couteau … »

Le rapport de l’ECRI établit un lien de causalité direct entre certains titres violents dans les tabloïds britanniques et l’insécurité des musulmans au Royaume-Uni. En d’autres termes, la presse britannique inciterait les lecteurs à commettre des actes « islamophobes » contre les musulmans.

L’ECRI considère que, compte tenu du fait que les musulmans sont de plus en plus sous les projecteurs à la suite de récents actes terroristes liés à l’Etat Islamique dans le monde entier, en alimentant les préjugés contre les musulmans on montre un mépris total, non seulement pour la dignité de la grande majorité des musulmans au Royaume-Uni, mais aussi pour leur sécurité.

L’ ECRI fonde son rapport sur une étude récente de Matthew Feldman, professeur à l’Université Teesside. Cette étude a compilé les incidents anti-musulmans avant et après les attaques terroristes.

« Au cours des sept jours précédant le massacre Charlie Hebdo à Paris, où 12 personnes ont été tuées, il y avait 12 incidents signalés (anti-musulmans), mais dans les sept jours suivants, il y avait 45. Cette tendance est similaire en relation avec les attaques terroristes à Sydney, en Décembre et Copenhague, en Février. »

Ainsi, selon l’ECRI et les chercheurs de l’Université de Teesside, lorsque les djihadistes musulmans tuent les gens et que la presse rapporte que les tueurs sont musulmans, la presse encourage les « incidents islamophobes » en Grande-Bretagne. Selon le président de l’ECRI Christian Ahlund, « Ce n’est pas un hasard si la violence raciste est à la hausse au Royaume-Uni en même temps que nous voyons des exemples inquiétants d’intolérance et de discours de haine dans les journaux, en ligne et même parmi les politiciens. »

Pour l’ECRI, le plus gros problème est:

« … lorsque les médias insistent sur l’origine musulmane des auteurs d’actes terroristes, et consacrent une importante couverture à celle-ci, la réaction violente contre les musulmans est susceptible d’être plus grande que dans les cas où la motivation des auteurs est minimisée ou rejetée en faveur d’autres explications « .

Le rapport ne précise pas ce que pourraient être les « autres explications. » Mais nous pouvons trouver des exemples dans la presse française: quand un musulman attaque un soldat et essaie de prendre son fusil, ce n’est pas un terroriste islamiste, mais un « fou ». De telles attaques par des «fous» sont très fréquentes en France.

La presse française minimise les attaques en décidant de ne pas nommer les auteurs musulmans: incriminer un «Mohamed» pourrait, dans l’esprit des journalistes français, inciter à des représailles contre les musulmans. Dans un autre exemple, les gangs musulmans ne peuvent pas être connectés à toute forme de violence, de sorte qu’ils deviennent des «jeunes». En France, les terroristes musulmans ne sont jamais des terroristes musulmans, mais des « fous »,  des « maniaques » ou des « jeunes. »

Mais c’est la France. En Grande Bretagne, les tabloïds ne sont pas si polis, et ils comprennent parfaitement les intentions du rapport de l’ ECRI: « . interdire d’associer le mot « musulman » aux mots de violence ou de terrorisme.

Nous sommes arrivés au moment où les lois contre les discours de haine deviennent une plus grande menace pour la démocratie et la liberté d’expression que les discours de haine eux-mêmes. Interdire aux journalistes de nommer le «terrorisme islamique» et les encourager à cacher l’association des musulmans au terrorisme, est une tentative de déformer la vérité de la même manière que l’ex-Union soviétique a censuré la vérité. Profiter de certains articles réels racistes dans les tabloïds – pas beaucoup, parce que pas beaucoup sont cités dans le rapport – pour attaquer la liberté de la presse et la liberté d’expression c’est se soumettre.

La preuve de la soumission se trouve dans les recommandations de l’ECRI au gouvernement britannique:

  • « Établir un régulateur de presse indépendante »;
  • « Une formation rigoureuse pour les journalistes afin d’assurer un meilleur respect des normes éthiques»;
  • « Examiner les dispositions relatives à l’incitation à la haine en vue de les rendre plus efficaces et utilisables»;
  • « Établir un véritable dialogue avec les musulmans afin de lutter contre l’islamophobie : il devrait les consulter sur toutes les politiques qui pourraient affecter les musulmans. »;
  • modifier le code de pratique de l’éditeur pour veiller à ce que les membres des groupes peuvent déposer des plaintes en tant que victimes contre reportages partiaux ou préjudiciables au sujet de leur communauté »

En suivant ces recommandations, le gouvernement britannique placerait les organisations musulmanes dans une sorte de situation de monopole: elles deviendraient la seule source d’information sur elles-mêmes.

On est dans l’ordre parfait de l’information totalitaire. Si cela devait se concrétiser, sans aucun doute tous les lobbies se précipiteraient dans la brèche: les partis politiques, les protestants, les catholiques, les juifs, les multinationales, tout le monde.

Le gouvernement britannique ne tombe pas dans le piège, et a fermement repoussé les demandes de l’ ECRI.

Voici ce qu’il a dit à la Commission:

« Le gouvernement est déterminé à avoir une presse libre et ouverte et à ne pas interférer avec ce que la presse fait et ne publie pas, aussi longtemps que la presse respecte la loi. »

En Grande-Bretagne, et dans tous les pays de l’Union européenne, les lois anti-haine existent déjà. Créées pour se prémunir contre le genre de propagande xénophobe et antisémite qui a donné lieu à l’Holocauste, les lois de discours de haine nationale ont de plus en plus été invoquées pour criminaliser la parole qui est simplement considérée comme insultante pour sa race, l’origine ethnique, la religion ou la nationalité.

Ces lois ont également été invoquées souvent par les islamistes pour poursuivre les discours anti-islamistes (caricatures de Mahomet, le blasphème contre l’islam, etc.) considérés comme des manifestations de «racisme» – heureusement, avec peu de succès. La plupart des affaires judiciaires que les islamistes ont lancées ont échoué parce que l’Islam n’est pas une race.

Agnes Callamard, spécialiste des droits de l’homme, écrit en référence à la Charte desNations Unies:

« L’ARTICLE 19 reconnaît que des restrictions raisonnables à la liberté d’expression peuvent être nécessaire ou légitimes pour empêcher la diffusion de la haine fondée sur la nationalité, la race, la religion, qui constitue une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence. L’organisation n’étend pas de telles restrictions légitimes aux offenses et expressions blasphématoires. »

Il est troublant de se demander combien de temps encore l’UE va encore inciter ses experts à rechercher, à travers les obstacles juridiques existants, à criminaliser tout type de critique de l’islam, et se soumettre aux valeurs du djihad.

Yves Mamou, basé en France, a travaillendant deux décennies en tant que journaliste pour Le Monde.

Gatestone Institute

Traduction Google adaptée par JFORUM

3 Commentaires

    • C’est écrit en toute lettre : Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) – qui fait partie du Conseil de l’ Europe A moins de considérer, comme bien des chercheurs de poux, que le Conseil de l’Europe ne fasse pas partie de « l’UE » et ne représente aucun de ses pays-membres. Merci de ne pas nous déranger pour des broutilles.

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