L’ingérence iranienne dans les élections en Israël
Israël se trouve dans une situation préoccupante à quelques mois d’une année électorale majeure : neuf ans après la première identification de la menace, le pays ne dispose toujours pas d’une politique nationale ni d’un organisme gouvernemental dédié à la coordination de la lutte contre les campagnes d’influence étrangères en ligne. Cette lacune a été mise en lumière par le rapport du Contrôleur d’État sortant, qui souligne la vulnérabilité accrue d’Israël face à la manipulation du débat public et à la désinformation, notamment orchestrées par des acteurs hostiles comme l’Iran.
Le rapport révèle que depuis 2017, plusieurs tentatives pour créer une réponse interinstitutionnelle ont échoué. Divers organismes, dont le Conseil de sécurité nationale, la Direction nationale du cyber, le Shin Bet et d’autres, ont reconnu le danger, mais aucune initiative n’a abouti à un cadre national opérationnel. Un plan d’action proposé en 2024 par la Direction nationale du cyber n’a pas été examiné par le bureau du Premier ministre avant d’être transféré tardivement au Conseil de sécurité nationale. Par ailleurs, ces entités ont progressivement réduit leur engagement, limitant leurs interventions aux cyberattaques, laissant ainsi un vide dans la surveillance globale des opérations d’influence étrangères.
Le rapport pointe également des difficultés techniques et organisationnelles persistantes, notamment au sein du Shin Bet, et l’absence d’un canal officiel permettant aux citoyens et aux organisations civiles de signaler des activités suspectes. Cette carence est d’autant plus critique que plus de la moitié des Israéliens s’informent régulièrement via les réseaux sociaux. Plusieurs campagnes d’influence ont été identifiées, notamment une opération massive sur la plateforme X, avec des centaines de faux comptes diffusant des messages pro-Gaza, ainsi qu’une campagne d’envoi de SMS alarmants attribuée à l’Iran et au Hezbollah, visant à semer la panique.
Le rapport critique aussi le manque de préparation éducative et électorale face à ces menaces numériques. Les initiatives pédagogiques sur la désinformation restent marginales et peu suivies, tandis que les dispositifs de prévention des ingérences lors des scrutins ne sont pas à jour, notamment en ce qui concerne les avancées de l’intelligence artificielle. Le Contrôleur d’État recommande la création urgente d’un organisme coordonné doté d’un budget, un renforcement des capacités de surveillance du Shin Bet, un canal officiel de signalement, une meilleure traçabilité des demandes de retrait de contenus en ligne, ainsi qu’une éducation numérique obligatoire et une préparation électorale renforcée.
L’absence d’une stratégie claire et coordonnée pour contrer les campagnes d’influence étrangères expose Israël à des risques accrus de désinformation et de manipulation, particulièrement sensibles en période électorale. Le rapport appelle à une action nationale décisive pour protéger la démocratie et la sécurité publique dans l’espace numérique, soulignant que les lacunes actuelles laissent le public israélien vulnérable face à des menaces bien identifiées mais insuffisamment combattues.
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