Israël face au départ discret des nouveaux olim

Depuis le 7 octobre, Israël a vu arriver de nombreux Juifs de diaspora convaincus que, malgré la guerre, l’État hébreu restait leur refuge le plus naturel. Les scènes d’arrivée à l’aéroport Ben Gourion, les familles venues de France, d’Amérique du Nord ou de l’ex-Union soviétique, les discours sur le retour au pays racontent une histoire forte. Mais derrière cette image de mobilisation sioniste se cache une réalité plus dure : une part importante de ces nouveaux immigrants ne parvient pas à s’installer durablement.

Les dernières données de l’Assurance nationale israélienne révèlent un signal préoccupant. En 2025, 35 625 Israéliens ont vu leur statut de résident prendre fin, par départ du pays ou demande volontaire. Parmi eux, environ 20 000 étaient de nouveaux olim, soit 56 % du total. En 2024, le phénomène était déjà massif : 46 385 résidences avaient été résiliées, dont 18 841 concernaient des immigrants récents. Le chiffre global a donc baissé en 2025, mais la proportion des olim parmi les départs a fortement augmenté. C’est là que se situe l’alerte : Israël continue d’attirer, mais peine à retenir.

L’explication ne se limite pas à la guerre. La tendance avait commencé avant le 7 octobre. Dès 2022, plus de 18 000 nouveaux immigrants avaient quitté le pays dans l’année suivant leur alyah, et plus de 20 000 dans les deux ans. En 2023, près de 28 000 olim étaient partis dans les deux ans suivant leur arrivée. Ces données suggèrent un problème structurel : beaucoup ne rompent pas avec Israël pour des raisons idéologiques, mais parce que l’intégration devient trop difficile, trop coûteuse ou trop solitaire.

Le cœur du problème tient à l’écart entre la promesse d’accueil et la réalité quotidienne. Le dispositif d’aide initiale est jugé utile, mais trop court. Après les premiers mois, les nouveaux arrivants se retrouvent face au coût élevé du logement, à un marché du travail exigeant, à la reconnaissance parfois lente des diplômes et à une administration difficile à décrypter. Un psychologue étranger peut attendre des mois avant d’obtenir une validation professionnelle. Une famille peut découvrir trop tard les délais d’inscription scolaire. Pour un Israélien installé depuis longtemps, ces obstacles sont déjà pénibles ; pour un nouvel arrivant sans réseau, ils peuvent devenir décisifs.

À cela s’ajoute un climat politique qui a pesé sur certains profils, notamment ceux venus de pays de l’ex-Union soviétique, souvent sensibles aux questions démocratiques. Les débats autour de la réforme judiciaire ont pu renforcer chez eux une interrogation simple : Israël est-il vraiment le pays dans lequel ils veulent construire leur avenir ?

Le paradoxe reste entier. Une nouvelle vague d’alyah est attendue cet été, avec environ 2 300 arrivées annoncées depuis l’Amérique du Nord, dont plusieurs centaines de familles. L’élan existe donc toujours. Mais attirer ne suffit plus. Si Israël veut transformer l’alyah en enracinement, il devra considérer l’intégration non comme une formalité administrative, mais comme une stratégie nationale de long terme.

Jforum.fr

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

7 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
MKG

J’ai failli acheter un bien 180 000 € de 60 m2 il y a 17 ans à TEL AVIV. Vu que j’étais endettée au maximum ici, les banques n’ont pas voulu me prêter les 30 000 € manquants.
Aujourd’hui, cet appartement vaut : 1 200 000 €.
A BAT YAM, le prix du m2 dans l’ancien est de 8 000€/m et dans le neuf 13 000 €/m2.
Si je vends mon appartement ici, il vaut 4 000 €/m2.
Pourquoi ces prix délirants ?
Veulent-ils vraiment faire monter les Juifs en ISRAEL ?
Ou faire de l’argent sur leur dos ?

Michel06

Départ des nouveaux olim

Adam

Sur le plan économique et financier, la vie en Israel n’est pas facile.

1. Les produits du quotidien (huile, farine, sucre, lait, légumes, viande ….) sont entre 30 et 50% plus cher qu’en France, en raison de monopoles qui se gavent et étouffent la concurrence. Pour des français ou autres européens qui font leur alya, c’est un choc. Si de surcroît ce sont des retraités qui perçoivent de retraites en Euros, l’érosion de leur pouvoir d’achat est terrifiant, et on parle d’un euro à 2 shekel l’année prochaine !

2. L’immobilier est aussi un drame. Un 3/4 pièces se loue 8 à 10.000 shekels par mois, et on doit déménager tous les ans tant les propriétaires exagèrent et se gavent aussi. Faire la Alya si on n’a pas déjà son appartement est une folie.

Israel n’est pas un pays comme les autres. L’économie libérale doit être régulée pour permettre une alya facile et durable, car la survie du pays dépend en partie de cette alya. Il faut d’une part casser les monopoles et favoriser les importations qui feront baisser les prix de manière durable. Il faut aussi casser la spéculation immobilière par une taxation forte des revenus et des plus-values immobiiers, et mettre des lois qui protègent les locataires.

De telles réformes aideront d’abord et avant tout les israéliens eux-mêmes, notamment les jeunes couples et les soldats qui sacrifient leur vie pour que le pays vive.

André Perez

Je souscris à 100 %! Israel est devenu un pays aux inégalités choquantes,a la cherté de vie insupportable,aux monopoles honteux.Si rien ne change de plus en plus de gens,israéliens comme olim se sauveront!Et là il y aura vraiment un problème !!!

Madeleine

A propos de la Alya et des nouveaux arrivants qui repartent sans s’être intégrés
La vie en Israël est extrêmement chère, 51% de plus qu’à Paris. Il y a de l’abus en ce qui concerne les loyers trop trop chers
Les propriétaires ont tous les droits, le locataire aucun. La paperasserie est dingue, les jours et horaires d’ouverture des banques, kopatrolim, etc ne sont jamais les mêmes et leurs personnels ne sont pas aimables du tout. Mais j’aime mon pays Israël, j’ai « fait » quatre volontariat s dans des bases militaires. Je suis prête à tout pour aider mon pays Israël. Il faut l’aimer, le chérir, c’est notre diamant à nous les Juifs, on doit l’aider de toutes les manières. Qu’il soit béni ! Que Tsahal que nous aimons et respectons soit également béni ! Am Israël Hai !

meller danielle

la vie est tres dure Une partie des locataires ne payent plus la location Dany 58 ans au pays

marc

L’emploi et le logement
Il faut aider au maximum les olims sur ces
Obstacles
Sans évidemment défavorisé les Israéliens
La réponse n’est pas simple
Mais indispensable