L’obscure entreprise à l’origine du fiasco américain en Syrie

Un contrat de plusieurs millions de dollars avec l’entreprise minuscule d’un marchand d’armes a conduit à la mort d’un citoyen américain, à des délais dans l’armement des rebelles syriens, à l’achat d’armes à une dictature pro-russe (le Belarus) – et tout cela pour un stock d’armes défectueuses vieilles de 30 ans.

posted on Sept. 17, 2015, at 5:00 p.m.

Aram Roston

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Un membre de l’Armée Libre Syrienne s’entraînant en 2012. Shaam News Network/Handout / Reuters

 

Au cœur des enjeux sensibles du programme américain en vue d’entraîner et d’équiper les rebelles syriens pour combattre Daesh, on retrouve un contrat d’armement d’une valeur de plusieurs millions de dollars que le Pentagone a conclu avec une petite entreprise privée très peu connue, appelée Purple Shovel LLC (« la Pelle Violette »). Une investigation de BuzzFeed News, fondée sur des documents internes et des sources confidentielles  proches de l’opération américaine en Syrie, a découvert que :

 

▸ Purple Shovel, grâce aux sous-traitants quelle a sélectionnés et supervisés, a tenté de vendre aux Etats-Unis des milliers de lance-roquettes propulsés (RPG) russes, considérés comme défaillantes, parce que fabriqués il y a trois décennies, avant la venue de Mikhaël Gorbatchev au pouvoir en Union Soviétique.

▸ Le gouvernement américain a rejeté cette offre et cela n’a fait que repousser les efforts visant à armer les forces rebelles syriennes.

▸ Un contractant américain de 41 ans, Francis Norwillo, s’est tué lors de l’explosion de quelques-unes de ces armes, en Bulgarie, alors qu’il s’entraînait avec de telles armes périmées.

▸ Les Etats-Unis ont enfreint leurs propres règles politiques en donnant son approbation à Purple Shovel, dans l’acquisition d’une valeur de millions de dollars de missiles de haute-technologie pour les rebelles, en Biélorussie (ou Belarus), une dictature qui est sous la pression de sanctions de la part de l’Union Européenne. La Biélorussie, qui a livré des armes au régime du Président Bachar al Assad et qui est accusé de violations des droits de l’homme, est ordinairement, hors d’atteinte pour les marchands d’armes américains. Mais l’armée américaine et le Département d’Etat ont décidé de faire une exception, en approuvant l’achat de 700 lance-missiles antitanks puissants, avec l’argent du contribuable américain, à destination des rebelles.

 

Une porte-parole du Pentagone a défendu son programme d’Entraînement et d’Equipement, en disant : « Nous demeurons engagés à l’expansion des nouvelles Forces Syriennes et nous continuerons de soutenir ceux que nous avons entraînés ».

Elle a déclaré que « les questions de livraison d’armes » identifiées dans ce compte-rendu « n’empêchent pas » l’entraînement de se poursuivre, tout en disant qu’elle « ne commenterait pas les « prévisions de livraisons ». Un porte-parole du Commandement américain des opérations spéciales, le Lieutenant Commandant Matthew Allen, a reconnu que les Etats-Unis ont acquis des missiles provenant de Biélorussie pour ce programme.

 

L’avocate et le PDG de Purple Shovel préfèrent démentir toutes les allégations appuyées aux faits qui leur ont été présentés.

 

Le problème est que ce contrat d’armes avec Purple Shovel se trouve au cœur des priorités internationales de l’Amérique : déjouer les plans de Daesh, qui s’est emparé de larges parties de territoires en Syrie comme en Irak, et provoqué un exode infernal de migrants, notamment vers l’Europe. L’an dernier, le Président Obama a offert un discours fleuve en primetime depuis la Maison Blanche, pour appeler le Congrès à approuver un programme à hauteur de 500 millions de $ afin d’équiper et d’entraîner les rebelles syriens « modérés ».  Il s’agissait de passer au crible ces rebelles syriens afin de s’assurer qu’il n’y avait pas d’infiltrés envoyés par Daesh ou le Front Al Nusra et de leur fournir l’armement adéquat pour leur mission. En décembre, le Congrès a approuvé ces financements.

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Stringer / Reuters

Pourtant en juillet 2015, huit mois plus tard, le Secrétaire à la Défense Ashton Carter a témoigné que seulement 60 Syriens ont été entraînés. Un peu plus tard, dans un revers dévastateur, le commandant syrien entraîné par les USA a été capturé avec certains de ses hommes par les rebelles du Front al Nusra, puis dans une vidéo de propagande, déclaré avoir été infiltré par le groupe.  Le Général Lloyd Austin, commandant du Commandement Central, a affirmé qu’à peine 4 ou 5 des rebelles syriens entraînés sont vraiment déployés et combattent Daesh. Mais bien que tous ces fiasco soient connus, les problèmes engendrés par les contrats fumeux d’armes émanant de Purple Shovel, n’ont fait l’objet que de très peu d’attention aux Etats-Unis, ce qui démontre que les tracas provoqués dans le cadre de cet effort de respectabilisation des rebelles sont certainement plus profonds qu’on ne s’en est tout d’abord aperçu.

 

Ils mettent aussi en lumière le monde obscur des contractants d’armement derrière de nombreux efforts de l’Amérique visant à propulser de l’avant des forces combattants amies. Les Etats-Unis sont l’un des plus gros acheteurs de fusils d’assaut AK-47 et d’autres armes russes au monde, les déversant sans compter en Irak, Afghanistan et dans d’autres pays déchirés par la guerre. Les USA fournissent des armes étrangères à des groupes qu’ils entraînent, soit parce que les combattants les préfèrent, mais surtout parce qu’elles permettent de dissimuler tout lien des Etats-Unis avec ces opérations et aussi parce qu’elles sont les moins chères. Comme a déjà pu le rapporter BuzzFeed News, Le Pentagone et la CIA sous-traitent souvent avec des petits marchands d’armes qui n’ont jamais fait leurs preuves dans l’achat de telles armes.

 

Une société minuscule remporte d’énormes contrats

 

Mise sur pied au Delaware en 2010, Purple Shovel a été fondée par Benjamin Worrel, qui travaillait dans le contre-espionnage de l’armée de 1993 à 2001, , selon des rapports de l’armée. Son entreprise s’inscrit en tant que petite affaire commerciale de service aux vétérans handicapés de guerre.

 

Sa dernière affectation s’est faite au sein de l’unité 902 de renseignements militaires, rattachée à Fort Meade, au Maryland.

Les sites internet de l’armée affirment que l’unité dirige “le spectre complet des activités de contre-espionnage” qui comprend “la détection, l’identification, la neutralisation et l’exploitation des services de renseignements étrangers, les menaces terroristes internationales et les menaces intérieures.”

 

Depuis 2005, selon sa page LinkedIn, Worrel a travaillé pourle gouvernement américain et une série d’entreprises contractantes. Sa femme et lui ont été mis en examen pour faillite personnelle en 2008, l’année où la crise financière a fait imploser l’économie globale. Il est parvenu à un accord avec le tribunal administratif pour éponger ses dettes et le greffe du tribunal fédéral  démontre que son dossier de faillite a été clôturé en 2012.

 

La percée déterminante de Purple Shovel est survenue en décembre 2014, lorsque l’entreprise a remporté deux contrats d’une valeur supérieure à 50 millions de $ pour le programme syrien, de la part du Commandement des opérations spéciales, ou le SOCOM, qui coordonne les activités des meilleures unités d’élite de tous les Etats-Unis.

 

Lorsque l’entreprise s’est vue accorder ces contrats cruciaux, selon les données du procureur fédéral, la société ne comptait que 6 employés pour un revenu annule de moins de 2 millions de $.

 

Un de ces contrats, d’une valeur de 23.5 millions de $, ne concernait pas les fusils, mais plutôt l’entraînement et l’équipement. Avec le temps, ce contrat a intégré des besoins particuliers, tels que « des claviers en arabe » et s’est élevé à 31 millions de $. Purple Shovel, d’après les documents disponibles, a obtenu ce contrat comme bénéficiaire de « source unique », ce qui signifie qu’il n’y a eu aucune mise en concurrence et qu’aucune autre entreprise n’a pas tenter de l’obtenir à des taux inférieurs.

 

La loi fédérale est pourtant censée décourager les contrats sans obligation de résultats ni de moyens, et le Pentagone a refusé d’expliquer quelles contreparties ont été exigées sur ce dossier, bien que le procureur fédéral affirme que tout provient du fait qu’il n’y a « qu’une seule source bénéficiaire ».

Pire, le gouvernement lui a accordé un rapport jugé excellent quant à la valeur de son travail, encore complété en juillet par la mention « exceptionnel ».

 

L’autre gros contrat avec le SOCOM était d’environ 26, 7 millions de $, destinés à l’achat « d’armes et de munitions étrangères », selon son intitulé. Dans ce dossier, Purple Shovel aurait remporté ce contrat dans le cadre d’une mise en concurrence contre deux autres entreprises. Ce contrat s’est, en définitive, monté à plus de 28, 3 millions de $.

L’équipementier Purple Shovel et ses sous-traitants étaient censés acheter à l’intention des rebelles syriens, selon les documents et sources proches de cette opération de livraison, en Bulgarie : 12. 640 lance-roquettes RPG perceurs de blindage, du type PG-7VM, avec des centaines de lanceurs portables à l’épaule. Il y avait aussi 6.240 lance-roquettes antitanks de plus longue portée, appelés PG-9Vs, qui sont tirés depuis des lanceurs SPG 9 ( les initiés les appellent les « Spig-nine »).

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BuzzFeed News

 

D’après quatre sources différentes ayant connaissance du dossier, il s’est trouvé qu’il y avait un énorme problème pour cette tentative d’obtenir des lance-roquettes. Des sous-traitants de Purple Shovel ont réussi à trouver des RPG fabriqués par une entreprise bulgare, mais elles avaient été fabriquées en 1984 et restaient en dépôt depuis bien avant que nombre de soldats d’aujourd’hui ne soient nés. Un expert en armement déclare : « 1984, cela remonte bien au-delà du délai de péremption d’une arme » de ce type « à moins qu’elle ne soit entièrement rénovée ». Selon les sources, ce n’était pas le cas. Le problème est que ses composants risquent de se détériorer, rendant l’arme instable, aussi est-elle susceptible d’exploser entre les mains du soldat, ou ils deviennent inertes, de telle sorte que les soldats sont mis dans l’incapacité de s’en servir, les rendant vulnérables au cours de la bataille.

 

Trois de ces sources affirment que le SOCOM a retourné des cargaisons entières de lance-grenades supposées être offerts aux rebelles, parce qu’ils étaient trop vétustes et sans aucune fiabilité. Ils disent que c’est aussi ce qui a contribué à ralentir les opérations en faveur des rebelles syriens.

Le SOCOM et le Pentagone n’ont pas confirmé avoir rejeté des équipements hors-normes, mais la Commandante Elissa J. Smith, porte-parole pour le Pentagone nous a joints par e-mail pour dire : « Tout ce que je peux vous dire, c’est que ces problèmes de livraison n’ont pas empêché l’entraînement de se poursuivre ».

 

Dans le même temps, les marchands d’armes bulgares ayant connaissance de l’accord ont dit qu’on leur avait demandé de trouver de nouveaux RPG pour le SOCOM, pour combler ces carences dans le programme syrien. Les nouvelles armes sont difficiles à se procurer, selon les directeurs exécutifs bulgares, parce que du fait du nombre de conflits ouverts de par le monde, la production des lance-grenades conçus en Russie et d’autres armes en Bulgarie et dans d’autres pays de l’Est de l’Europe, ont atteint leur seuil de saturation. Les lignes de production tournent à plein régime.

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Syrian rebels with a SPG-9 rocket launcher in 2012. John Cantlie / AFP / Getty Images

 

La mort d’un Contractant

 

 

Le 6 juin, la nouvelle d’une mystérieuse explosion a éclaté en Bulgarie, près du village d’Anevo, dans un stock d’armes à louer, à quelques kilomètres d’une forteresse médiévale au sommet d’une montagne. Un contractant américain est mort et deux autres ont été blessés. Deux Bulgares ont aussi souffert de blessures importantes.

 

Peu de temps après, l’Ambassade américaine de la capitale de Sofia en Bulgarie a publié un communiqué révélant le nom de Purple Shovel et cité ses liens avec l’opération en Syrie.

 

Les contractants de la défense impliqués dans cet incident sont des employés de la société Purple Shovel, qui bénéficiaient d’un contrat signé avec le Commandement des opérations spéciales, à la requête du Commandement central américain, pour venir en aide à la Force de frappe Inter-services Conjointe (CJIATF-S). Ce CJIATF-S n’est autre que l’organisation chargée d’administrer le programme d’entraînement et d’équipement de la Coalition en Syrie.

 

BuzzFeed News a appris que l’homme qui a perdu la vie était Francis Norwillo, un vétéran de 41 ans dela Marine,qui était expert en blindage. Des sources proches de sa famille disent qu’après avoir quitté la Navy, où il a travaillé avec les Navy Seals, Norwillo a rejoint les rangs du petit monde de l’armée privée des contractants.

 

enhanced-11088-1442438453-6Francis Norwillo Courtesy of Joe Norwillo

 

Au printemps dernier, il vivait au Texas et cherchait du travail. Des sources affirment qu’il a été embauché par SkyBridge Tactical, un sous-traitant pour Purple Shovel. Son travail, selon ses amis et sa famille, était de former et entraîner. Ils attestent qu’il leur a dit qu’il partait en Bulgarie pour un court séjour d’une semaine et demi. Là, selon des sources, Norwillo était censé bénéficier d’un entraînement destiné à le familiariser avec ce type de lance-roquettes à propulsion, pour qu’il soit prêt à entraîner à son tour des soldats américains, qui, en retour devaient partir entraîner les rebelles syriens.

 

Il a été tué, selon cinq sources différentes et un Bcompte-rendu bulgare, lorsqu’il a tiré ce genre de grenade périmée, parce que fabriquée en 1984.

 

Sa famille a très peu été informée de la nature et des circonstances de l’accident. « Tout ce que nous savons est qu’une arme a fonctionné de travers et qu’il s’est pris l’explosion », déclare Joe Norwillo, son père, dans une interview par téléphone au Texas. Le gouvernement bulgare mène une enquête et le bureau du Procureur a informé qu’elle devrait être terminée en décembre.

 

Les autorités américaines affirment, pour leur part, qu’il n’y a pas d’enquête sur la mort de Norwillo en ce moment.

 

SkyBridge Tactical, le sous-traitant qui employait directement Norwillo, refuse de répondre à toute question. Son Président, Stephen Rumbley, a déclaré que les questions de la presse et de BuzzFeed ont dérangé la famille Norwillo : « Si vous n’aviez pas parlé à la famille au point de les perturber, je vous aurais répondu. Ecrivez sur votre blog, faites ce que vous avez à faire. Je ne vais pas vous confier quoi que ce soit ».

 

D’autres entreprises sont impliquées, en tant que sous-traitantes, selon nos sources et documents disponibles. Regulus Global, dont le siège est en Vrigine était le sous-traitant d’origine pour les livraisons de Purple Shovel. En échange, cette société a arrangé l’achat des grenades et roquettes auprès d’une firme bulgare, Algans Ltd.

 

Lors d’une brêve interview, le Président de Regulus Global, Lee Tolleson déclare : « Ce que nous faisons pour le SOCOM est très bon et tout-à-fait nécessaire ». Il a refusé de s’étendre sur le sujet. Algans n’est pas joignable et cette entreprise n’a pas répondu à un e-mail détaillé.

Les Etats-Unis achètent des armes à un Dictateur

 

En plus de ces lance-roquettes usagés, Purple Shovel a aussi bénéficié d’un contrat destiné à l’acquisition de 700 missiles Konkur conçus en Russie, en vue de la mission syrienne. Il s’agit de missiles antitanks, guidés en vol par un dispositif incorporé, et ils peuvent toucher et désintégrer une cible jusqu’à plus de 3 à 5 kms. En théorie, ils peuvent être utilisés pour percer le blindage lourd des engins pillés par Daesh, lors de sa conquête des bases de l’armée irakienne, dont les unités étaient dotées d’équipement américain et qui a fui. Ou ils devraient pouvoir frapper les véhicules construits avec de lourds blindages que Daesh charge de jérricans pour les lancer contre les lignes fortifiées.

 

Mais, il y avait un problème : les trouver sur le marché mondial des armes. La Bulgarie, la source prévue pour l’essentiel de la fourniture d’armement en vue de l’opération en Syrie, n’en avait plus. L’Ukraine est fameuse pour en entreposer certaines, mais elle ne les vend pas, à cause du fait qu’elle se trouve dans une guerre de harcèlement contre les rebelles soutenus par la Russie.

 

Le seul pays qui en ait à revendre, c’était la Biélorussie ou Belarus. Mais ce pays, qu’on appelle souvent « la dernière dictature d’Europe » est, généralement considérée comme hors des limites imposées aux marchands d’armes qui travaillent avec les Etats-Unis. Le Président Alexander Lukashenko, proche allié du Président russe Vladimir Poutine, dirige le pays depuis 21 ans avec une poigne de fer et il a été accusé, de façon répétée, de truquer les résultats des élections et de faire « disparaître » des opposants.

 

Cette année, un rapporteur spécial des Nations-Unies a démontré que « la situation des droits de l’homme en Biélorussie ne s’est pas amléiorée et que l’irrespect pour les droits de l’homme, en particulier les droits civils et politiques, se poursuit ».

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Belarussian President Alexander Lukashenko. Afp / AFP / Getty Images

Ironie de l’histoire, aux côtés de la Russie, de l’Iran et de la Corée du Nord, Bla Biélorussie a été, historiquement, un des principaux vendeurs d’armes au régime Assad entre 2006 et 2010, selon l’Institut International de recherche de la Paix, à Stockholm, qui suit la traçabilité des trafics d’armes. Le Belarus se trouve sur une “liste spéciale en matière de règles internationales sur le Trafic d’Armes ”  publiée par le Département d’Etat américain, concernant les pays subissant une interdiction ou des restrictions spéciales. Le Département d’Etat doit donner son autorisation pour tout contrat impliquant des entreprises américaines et les marchands d’armes disent qu’ils sont quasiment toujours interdits d’achat d’armes en Biélorussie, du seul fait qu’elle se trouve sur cette liste.

 

Pourtant, c’est bien vers le Belarus que Purple Shovelet ses sous-traitants se sont tournés pour l’achat de missiles Konkur, selon cinq sources et le SOCOM lui-même. Quant à la procédure formelle suivie, Purple Shovel acquérrait les missiles pour le SOCOM, de la part d’une entreprise située en Bulgarie, qui elle-même les obtiendrait directement du Belarus. Quand on lui demande si on savait que ces 700 missiles Konkur provenaient du Belarus, le porte-parole du SOCOM a répondu : « Oui, on requiert l’avis de l’USSOCOM pour connaître toutes les sources d’équipement livré pour être utilisé ». Le SOCOM et le Secrétariat à la défense ne fourniront pas d’autres informations à ce sujet. Le Département d’Etat qui autorise les contrats privés d’armement, a aussi signé la transaction, selon nos sources. Le Département d’Etat s’est refusé à tout commentaire.

 

Un responsable de la Commission de l’Industrie Militaire de la République du Belarus qui coordonne les exportations militaires, a demandé à ce que ces questions soient posées par e-mail, mais l’e-mail envoyé n’a reçu aucune réponse.

 

Au siège de Purple Shovel situé dans un parc de bureaux à Sterling, en Virginie, on trouve le logo de Purple Shovel sur la porte vitrée de la façade. Il figure un globe terrestre, une pelle formant la lettre « P » et le slogan : « Autour du monde, tout le tour du cadran ». Mais personne n’a répondu quand nous sommes allés frapper de façon répétée à cette porte.

 

 

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Aram Roston/BuzzFeed News

Aram Roston is an investigative reporter for BuzzFeed News and is based in Washington, D.C. His secure PGP fingerprint is D861 374F D725 4F61 39C0 08F1 4575 134B 09D9 B28D

Contact Aram Roston at aram.roston@buzzfeed.com.

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