Les succès et les échecs de l’opération Gardien des murs.

La dissuasion a été rétablie – si Israël devait s’en tenir aux principes fondamentaux -. Tsahal a agi de manière efficace et puissante. Mais LA solution qui permettra de neutraliser les tirs n’est pas encore au rendez-vous, et la défense est un peu déficiente. Le Hamas a Jérusalem à portée de mains et nous avons eu des difficultés à exécuter certaines opérations. Mais tous nos ennemis, les Iraniens et Nasrallah en particulier ont probablement tiré des conclusions.

La réalisation la plus importante et la plus significative de Tsahal dans l’opération « Gardien des murailles » est la réhabilitation de la dissuasion contre le Hamas et le Jihad Islamique. Ils ne se précipiteront probablement pas pour renouveler le feu depuis la bande de Gaza et le centre d’Israël dans un proche avenir. Mais on doit ajouter ajouter une note d’avertissement : La préservation de la dissuasion et sa continuité dépend de la politique mise en œuvre par le gouvernement israélien à l’encontre de cette dangereuse menace. L’armée israélienne a remis les pendules à zéro, ainsi que les conditions et les règles du jeu par lesquelles la confrontation a été menée dans le sud au cours des dernières décennies. Désormais les moyens techniques et la volonté sont entre les mains de la direction politique israélienne.

Tout gouvernement qui naîtra en Israël devra respecter fermement trois principes : Empêcher le renforcement et le rétablissement des capacités militaires à Gaza, une réponse militaire disproportionnée à toute violation de la souveraineté – même s’il ne s’agit que de ballons incendiaires ou d’incidents sur la clôture -, et il faudra effacer du dictionnaire le terme incident mineur. Il faudra permettre le rétablissement d’une gestion humanitaire et économique de la bande de Gaza par étapes et par degrés, après avoir effectué un échange raisonnable de prisonniers et de personnes disparues, c’est-à-dire un échange dans lequel Israël ne relâchera pas « des prisonniers avec du sang sur les mains ».

Tsahal a à son actif de nombreuses réalisations impressionnantes dans sa première guerre numérique, stratégique et tactique. La destruction des tunnels de la bande de Gaza et de ceux qui ont infiltré Israël est une réalisation stratégique. La destruction de la production et du développement de fusées, de drones et d’outils marins est une autre réalisation stratégique.

Une démonstration écrasante de supériorité en matière de renseignement et la capacité de mener une campagne aérienne par des moyens précis, et de frapper des cibles en temps réel avec un minimum de préjudice pour les civils impliqués, c’est une autre réalisation stratégique qui a donné à Israël une légitimité internationale sans précédent pour mener l’opération sans trop de pression pour la terminer. Tout cela a été fait par des réservistes, mais lorsque l’armée se prépare pour une opération préparée, un entraînement adéquat, et des plans opérationnels qui peuvent être engagés du jour au lendemain sur une centaine de cibles en moins d’un jour, et plus encore les résultats ne sont pas les mêmes.

Un équilibre de la terreur qui n’a pas changé

Mais et c’est un grand mais, Tsahal n’a pas réussi à déjouer et à détruire le système de lancement de roquettes et de missiles. Une grande partie des principales armes stratégiques des armées terroristes palestiniennes sont toujours présentes, permettant au Hamas et au Jihad de menacer Israël et d’équilibrer la terreur contre nous. Tout comme nous l’avons fait avec le Hezbollah à la fin de la deuxième guerre du Liban. Il est vrai que la dissuasion rétablie incitera le Hamas et le Jihad à réfléchir à deux fois et peut-être trois fois avant de lancer des roquettes ou des obus de mortier depuis la bande de Gaza ou des missiles antichar. Mais la capacité physique de le faire est un fait dont Israël devra tenir compte lorsqu’il trouvera à l’avenir devant lui le Hamas à Gaza.

Il est douteux que les manœuvres au sol dans la bande de Gaza permettent à Tsahal de terminer le travail dans le domaine de la destruction du réseau de fusées. Mais on peut supposer que les résultats auraient été meilleurs qu’une opération numérique qui a été réalisée dans ce qu’on appelle « contre-feu ». D’autre part, une opération au sol aurait fait des victimes et aurait duré de nombreuses semaines, sinon de nombreux mois, jusqu’à ce que nous ayons les résultats. Pendant ce temps, Israël ne pouvait pas revenir à une économie et à une vie normale.

Par rapport au nombre de roquettes tirées de la bande de Gaza et aux améliorations significatives des capacités orbitales du Hamas et du Jihad, le nombre de victimes de notre côté est faible et les dégâts sont relativement tolérables. En parlant de réalisation stratégique, la force mentale et la maturité dont ont fait preuve les résidents du Sud et la grande maîtrise de soi est très impressionnante. Les services civils en second plan, les services de secours et de police, étaient très bons. Le système de défense aérienne, et en particulier le Dôme de Fer, fonctionnait étonnamment bien, et se déployait correctement et il continue d’être une merveille technologique qui nous permet, nous les habitants de l’État d’Israël, de faire face à des armées terroristes bien équipées.

Cependant, la protection a fait défaut à Ashkelon, à Ashdod et dans les collectivités du Sud qui ne sont pas équipés correctement d’abris, ce qui nécessite une action corrective immédiate. Il n’est pas nécessaire de mettre en place un comité d’enquête, bien que cela soit demandé, mais un plan gouvernemental rapide qui devra être mis en œuvre immédiatement pour fournir des abris et des zones protégées à tous les résidents d’Israël du Sud et des villes du Néguev. Cela va entraver les actions du Hamas et d’autres types de terroristes au cours des prochaines années. Vous devez vous rappeler que le Hezbollah a des roquettes qui atteignent Ashkelon et au-delà.

Le Gardien de la Muraille, le protecteur de Jérusalem

Voilà pour l’aspect militaire du système « Gardien* des murailles ». Dans la conscience, la quatrième campagne acharnée eut moins de succès que son aspect militaire. Le Hamas a enregistré plusieurs gains politiques au début des combats, lorsque le public palestinien voit en lui le protecteur de Jérusalem et d’Al-Aqsa, qui non seulement parle, mais aussi amène les Israéliens dans des abris, et oblige le gouvernement israélien à revoir des décisions qu’il a déjà approuvées à Jérusalem.

Le Hamas a réussi à mobiliser de jeunes Palestiniens non seulement à Jérusalem, mais aussi en Judée-Samarie, parmi les Arabes israéliens, et aussi dans la diaspora palestinienne, en particulier au Liban. Abu Mazen a essayé d’empêcher le Hamas de devenir un parti politique dominant parmi le peuple palestinien, mais le Hamas l’a vaincu en exploitant la religion et la haine qui ont affecté l’État juif chez de nombreux citoyens arabes. Mais il faut tempérer beaucoup la chose sur ce sujet. La plupart des pays occidentaux ont soit soutenu ouvertement Israël soit sont restés muets comme ça a été le cas des pays arabes excepté la Turquie de Erdogan qui s’est distingué par ses propos antisémites. La gauche n’a pas osé manifester vraiment avec les palestiniens. A part quelques excités musulmans le Hamas n’a pas eu de soutien réel, et même l’Iran a fait passer devant ses intérêts en cherchant la levée des sanctions plutôt qu’une confrontation au Nord, où elle avait tout à perdre.

Un autre échec a été identifié dans un domaine appelé « Perception ». La guerre des médias et de l’information pendant les combats a eu lieu principalement sur les médias sociaux non seulement entre Israël et ses ennemis, mais aussi entre les Israéliens et eux-mêmes. On peut supposer que sans les médias sociaux, et les vastes armes acquises par les organisations criminelles ou juste la jeunesse arabe, il n’y aurait pas eu de troubles dans le secteur arabe. Mais Israël n’a pas ciblé correctement les réseaux sociaux, et sa présence réelle et sociale dans ce monde était faible.

Alors où est Yair Netanyahou, qui a en charge ce domaine. Quand il peut enfin agir dans un registre qui est le sien ? Même dans ce registre, j’ai été informé, Israël n’était pas le meilleur. En fait cela pose la question aussi des soutiens d’Israël sur les réseaux sociaux. Il manque de vrais meneurs dans le domaine capables d’impulser des mouvements de masses. L’apathie des juifs en la matière est vraiment problématique.

Dans le même domaine, le porte-parole de Tsahal à savoir le général de brigade Hedy Zilberman et le bureau du porte-parole de Tsahal ont fait du bon travail et fourni des informations généralement fiables, mais il y a eu un petit dysfonctionnement dans lequel le porte-parole de Tsahal dont l’anglais n’était pas clair – Plusieurs médias internationaux et surtout américains se sont trompés et ont cru que Tsahal entrait dans la bande de Gaza. Malgré cela, Tsahal a également fait du bon travail, tandis que les mécanismes gouvernementaux, à l’exception du ministère des Affaires étrangères, ont échoué spécialement aux Etats Unis.

Nasrallah savait

Dans le domaine politique, l’administration Biden et les Etats-Unis ont prouvé qu’ils sont toujours un allié loyal et fiable. Mais la situation doit être claire. Ces dernières années Israël est affilié au Parti républicain, alors que le Parti démocrate considère notre gouvernement comme dirigé par un leader controversé. Ces différences dans la politique intérieure américaine n’ont pas affecté la politique de l’administration Biden dans la campagne actuelle, mais si nous ne prenons pas une décision claire quant à notre leadership national nous n’aurons pas avec nous un consensus américain, nous le regretterons dans les conflits suivants.

En conclusion, on peut dire sans risque de se tromper qu’Israël aura probablement une autre victoire stratégique importante en raison de la façon dont Tsahal a géré le système de « Gardien des murailles » : le Hezbollah et l’Iran ont vu ce que Tsahal, dirigé par le chef d’état-major, était capable d’utiliser le nouveau concept d’action, basé sur la supériorité du renseignement, une force aérienne hautement qualifiée, des forces armées précises et une maîtrise parfaite de la cyberguerre.

On peut supposer que Téhéran et Nasrallah, qui est enterré dans son bunker depuis 15 ans, ne se précipiteront pas pour entamer une confrontation majeure avec Israël. Nasrallah devrait surtout savoir que Shiya Sinwar, qui a décidé de tirer des roquettes lourdes sur Jérusalem, a probablement estimé qu’il terminerait en quelques jours de combats avec l’armée israélienne pour finir dans un match nul. Les FDI ont profité de l’occasion pour indiquer à Nasrallah qu’il pourrait être très surpris, par l’intensité de la réponse à la provocation, plus encore qu’à l’époque de sa conduite de la campagne précédente.

Je me permets également de supposer que Tsahal est également conscience de la nécessitéisraël de trouver une meilleure réponse offensive à la menace de roquettes et de missiles. La lumière rouge s’est déjà allumée avec l’opération Gardien des murailles.

JForum Et Ynet Ron Ben Ichaï

Gardien* prend une majuscule car il peut se comprendre comme étant aussi le Nom de Dieu.

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