La coalition militaire intervenant au Yémen et dirigée par l’Arabie saoudite a déclaré le 19 décembre «[qu’] une utilisation limitée» d’armes à sous-munitions fabriquées au Royaume-Uni avait eu lieu au Yémen. La coalition a précisé que l’Arabie saoudite allait arrêter d’utiliser ces armes particulièrement dangereuses pour les civils.

De son côté, le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, a confirmé cette information aux députés britanniques le 19 décembre. Il a également confirmé l’utilisation d’un «nombre limité» de bombes à sous-munitions vendues par les Britanniques aux Saoudiens dans les années 1980.

Michael Fallon a par ailleurs salué la décision de l’Arabie saoudite de ne plus utiliser ce type de bombes. Il a par ailleurs indiqué que les ventes britanniques de matériel militaire à l’Arabie saoudite et à d’autres alliés du Golfe allaient être examinées.

Le ministre de la Défense mis en cause par des révélations du Guardian.

Le ministre britannique de la Défense est sous le feu des projecteurs depuis que le journal The Guardian a révélé le 18 décembre, sources à l’appui, que Michael Fallon était au courant des conclusions d’une enquête gouvernementale qui affirment que l’Arabie saoudite a utilisé au Yémen des armes à sous-munitions fabriquées au Royaume-Uni.

Selon les sources du quotidien britannique, Michael Fallon en aurait été informé il y a un mois.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont déjà dénoncé à de multiples reprises l’utilisation d’armes à sous-munitions par Riyad au Yémen.

L’Arabie saoudite posséderait des bombes à sous-munitions achetées au Royaume-Uni dans les années 1980 et 1990, avant que les Britanniques n’arrêtent de produire et de vendre de telles armes il y a près de six ans. Pour rappel, la Convention sur les armes à sous-munitions précise néanmoins que les signataires du traité «ne pourront en aucun cas aider, encourager ou inciter quiconque à utiliser de telles munitions».

Or, des militaires britanniques sont présents au quartier général saoudien d’où la campagne de bombardement au Yémen est menée. De plus, les révélations du Guardian semblent confirmer l’idée selon laquelle Londres était au courant de l’utilisation d’armes à sous-munitions «Made in UK» par les Saoudiens au Yémen.

Ces révélations pourraient donc mettre à mal la position du gouvernement britannique sur les ventes d’armes à l’Arabie saoudite. Le royaume wahhabite est en effet le premier client du Royaume-Uni.

La guerre au Yémen oppose depuis 2014 les rebelles chiites houthis, proches de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, destitué lors  du printemps arabe, aux partisans du président Abd Rabbo Mansour Hadi, en exil en Arabie saoudite depuis 2015.

Depuis mars 2015, la coalition militaire dirigée par Riyad intervient régulièrement au Yémen, notamment par des frappes aériennes d’une grande violence, afin de rétablir Abd Rabbo Mansour Hadi au pouvoir. Le conflit au Yémen a déjà fait jusqu’à 10 000 morts, dont 3 800 civils, selon les estimations des Nations unies.

RT

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