Le suspect de la tuerie raciste contre les Kurdes voulait d’abord s’en prendre à des étrangers à Saint-Denis.

Le retraité de 69 ans a également reconnu lors de sa garde à vue ressentir une « haine des étrangers devenue complètement pathologique ». Le retraité français qui a reconnu avoir tué trois Kurdes vendredi à Paris, avait d’abord eu l’intention « d’assassiner des migrants » à Saint-Denis dans une ville au nord de la capitale, à forte population d’origine étrangère, mu par « une haine pathologique », a indiqué ce dimanche 25 décembre le parquet.

L’homme de 69 ans a vu sa garde à vue levée samedi pour raisons de santé et a été hospitalisé à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. Depuis l’attaque, qui a fait trois morts et trois blessés – ces derniers étaient hors de danger dimanche -, la piste du crime raciste est privilégiée. Dès son interpellation peu de temps après les faits, le tireur présumé avait confié aux policiers avoir agi ainsi parce que « raciste ».

En garde à vue, il a reconnu une « haine des étrangers devenue pathologique » depuis un cambriolage dont il a été victime en 2016, a indiqué la procureure de Paris, Laure Beccuau, dans un communiqué. Il s’est décrit comme « dépressif » et « suicidaire »« Mais avant de me suicider, j’ai toujours eu envie d’assassiner des migrants, des étrangers, depuis ce cambriolage », a-t-il déclaré en garde à vue.

Une femme et deux hommes morts

Tôt vendredi, il s’est rendu dans la ville de Saint-Denis avec son arme, « un pistolet automatique Colt 45 de calibre 11,43 ». Mais, « il renonce finalement à passer à l’acte, compte tenu du peu de monde présent et en raison de sa tenue vestimentaire l’empêchant de recharger son arme facilement », a indiqué la procureure. Il est alors rentré chez ses parents, puis est ressorti et s’est rendu peu avant midi rue d’Enghien, dans le centre de Paris, où il connaissait l’existence d’un centre culturel kurde, et a ouvert le feu.

Emine Kara, une responsable du Mouvement des femmes kurdes en France – et deux hommes, dont l’artiste et réfugié politique Mir Perwer, sont morts sous ses balles. Trois hommes ont été blessés, dont un gravement, mais leurs jours ne sont plus en danger et l’un d’entre eux a quitté l’hôpital, selon le dernier bilan communiqué dimanche par la procureure. Cinq des six victimes sont de nationalité turque, la dernière française.

L’homme voulait « se suicider avec la dernière balle »

« Indiquant en vouloir “à tous les migrants”, il explique s’en être pris à des victimes qu’il ne connaissait pas, précisant en vouloir aux Kurdes pour avoir “constitué des prisonniers lors de leur combat contre Daesh (acronyme en arabe de l’organisation jihadiste Etat islamique, N.D.L.R.) au lieu de les tuer” », a affirmé le ministère public. Il avait « l’intention d’utiliser toutes les munitions et de se suicider avec la dernière balle », mais a été stoppé par plusieurs personnes dans un salon de coiffure proche avant d’être arrêté par la police.

Les premiers éléments obtenus lors d’une perquisition chez ses parents, dont la saisie d’un ordinateur et d’un smartphone, n’ont pas permis d’établir « un quelconque lien avec une idéologie extrémiste », selon la procureure.

Le retraité français qui a reconnu avoir tué trois Kurdes vendredi à Paris, avait d’abord eu l’intention « d’assassiner des migrants » à Saint-Denis dans une ville au nord de la capitale, à forte population d’origine étrangère, mu par « une haine pathologique », a indiqué ce dimanche 25 décembre le parquet. L’homme de 69 ans a vu sa garde à vue levée samedi pour raisons de santé et a été hospitalisé à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police.

Fusillade à Paris : Macron dénonce « une odieuse attaque » contre « les Kurdes de France »

Depuis l’attaque, qui a fait trois morts et trois blessés – ces derniers étaient hors de danger dimanche -, la piste du crime raciste est privilégiée. Dès son interpellation peu de temps après les faits, le tireur présumé avait confié aux policiers avoir agi ainsi parce que « raciste ».

En garde à vue, il a reconnu une « haine des étrangers devenue pathologique » depuis un cambriolage dont il a été victime en 2016, a indiqué la procureure de Paris, Laure Beccuau, dans un communiqué. Il s’est décrit comme « dépressif » et « suicidaire »« Mais avant de me suicider, j’ai toujours eu envie d’assassiner des migrants, des étrangers, depuis ce cambriolage », a-t-il déclaré en garde à vue.

Le suspect a assuré avoir acquis son arme il y a quatre ans auprès d’un membre du club de tir auquel il appartenait à l’époque, aujourd’hui décédé, a-t-elle ajouté. Il l’avait cachée chez ses parents et a assuré ne jamais s’en être servi auparavant.

Déjà condamné en 2017 pour port d’arme prohibée et en juin dernier pour violences avec armes sur des cambrioleurs – les faits qu’il a évoqué en garde à vue -, il est mis en examen en décembre 2021 pour violences avec armes, avec préméditation et à caractère raciste. Il est soupçonné d’avoir blessé à l’arme blanche des migrants sur un campement à Paris le 8 décembre 2021. Après un an de détention provisoire, il avait été libéré le 12 décembre 2022.

Colère et manifestations

L’attaque de vendredi a bouleversé la communauté kurde, qui a dénoncé un acte « terroriste » et mis en cause la Turquie. Que la piste de l’attentat terroriste n’ait pas été retenue d’emblée a suscité colère et incompréhension. « Le fait que nos associations soient prises pour cible relève d’un caractère terroriste et politique », a déclaré Agit Polat, porte-parole du CDK-F.

Dans la capitale, un rassemblement de plusieurs milliers de personnes a été émaillé de violences et de dégradations.

Un conseiller du président turc Recep Tayyip Erdogan a publié dimanche sur Twitter des photos de voitures renversées et brûlées à Paris en écrivant « c’est le PKK en France »« la même organisation que vous soutenez en Syrie » et « qui a tué des milliers de Turcs, de Kurdes et des forces de sécurité au cours des quarante dernières années ».

La communauté kurde refuse de croire à la thèse de l’attaque raciste à Paris

Des milliers de Kurdes ont manifesté, samedi, dénonçant un attentat aux mobiles politiques. Le principal suspect a motivé son geste par le racisme avant d’être transféré en psychiatrie.

Sous le ciel gris de Paris, une mer de drapeaux rouge, jaune et vert aux couleurs du Kurdistan. Des milliers de Kurdes et de sympathisants de leur cause ont rendu hommage, samedi 24 décembre, aux trois membres de la communauté assassinés vendredi à Paris, rue d’Enghien, en se rassemblant sur la place de la République.

La manifestation était appelée par le Centre démocratique kurde de France (CDKF), dont le siège se trouve au centre culturel kurde Ahmet-Kaya, pris pour cible par l’auteur présumé de la tuerie, William M., 69 ans. Sa garde à vue a été levée samedi pour raison médicale. L’homme a été transféré en soins psychiatriques en attendant d’être présenté à un juge.

Quelques-uns des manifestants étaient venus avec les portraits imprimés des deux victimes les plus connues, la militante féministe Emine Kara et le chanteur Mir Perwer. La troisième victime, Abdulrahman Kizil, est un « un citoyen kurde ordinaire », selon le CDKF, habitué à fréquenter le centre Ahmet-Kaya. Mais si un visage dominait la manifestation, c’était celui d’Abdullah Öcalan, le chef et fondateur du PKK, emprisonné en Turquie. Le Parti des travailleurs du Kurdistan, en guerre avec l’Etat turc et dont le CDKF est une émanation, avait souhaité faire de la manifestation un moment de recueillement autant qu’une démonstration de force au cœur de la France et de l’Union européenne, qui le classent toujours comme une organisation terroriste.

Malgré ces enjeux politiques, l’émotion est au rendez-vous. Beaucoup de manifestants refusent de s’exprimer, comme si les assassinats étaient un affront personnel impossible à verbaliser. Jamais la communauté kurde n’a été prise pour cible par le « racisme » d’extrême droite, la motivation mise en avant par le tueur présumé lors de sa garde à vue. Les manifestants, eux, n’y voient que la poursuite d’une répression qui frappe les Kurdes dans leurs pays d’origine comme dans leur exil. Nombre de drapeaux rappelaient le souvenir des trois militantes assassinées il y a presque dix ans, le 9 janvier 2013 rue Lafayette, par un agent présumé de l’Etat turc qui n’a jamais pu être jugé avant de décéder en détention.

Méfiance et paranoïa chez les plus jeunes

Rukan Teker, une jeune étudiante en première année de droit, est venue avec une amie. Elle brandit le portrait du chanteur Mir Perwer, Sirin Aydin de son vrai nom, assassiné la veille par William M. qui l’a poursuivi jusque dans un restaurant kurde pour l’achever : « Ce qui s’est passé est horrible. Je me sens insécurisée. Je suis des cours à l’Institut culturel kurde et cela aurait pu très bien m’arriver. Nous, les Kurdes, on ne se sent pas protégés. Déjà qu’on nous refuse un Etat, qu’on doit tout le temps expliquer qui nous sommes, on se sent complètement délégitimés. Regardez comment nous traite la police ! »

Au même moment, une partie des manifestants avançant vers la place de la Bastille se fait refouler à coups de grenades au gaz lacrymogène. De violents affrontements s’ensuivent sur le boulevard du Temple : voitures renversées, poubelles incendiées, mobilier urbain saccagé. Onze personnes ont été interpellées en marge de la manifestation, selon la préfecture de police. A la tribune, l’oratrice s’époumone : « Nous avons le droit de défiler, mais les jeunes, je vous en supplie, ne cédez pas à la provocation ! Ne faites pas le jeu de nos ennemis ! » Beaucoup accusent des agents provocateurs turcs, voire les services de renseignement français « complices ». La paranoïa et la méfiance sont très répandues chez les plus jeunes hommes, plus enclins à affronter les forces de police.

« Il faut les comprendre. Moi, je vis ici depuis trente-deux ans, mais beaucoup de ces jeunes viennent juste d’arriver. Ils parlent à peine français et ont vu leurs familles, leurs proches se faire arrêter et même tuer en Turquie, explique Remo Kurt, un chef d’entreprise et père de famille sexagénaire. Pour eux, c’est insupportable que cela se reproduise dans le pays où ils sont venus trouver refuge. Ils ne peuvent pas imaginer qu’il y a une autre violence que celle de l’Etat turc qui les vise. »

Personne dans la foule n’est prêt à accepter le seul mobile raciste du tueur. Il ne peut qu’avoir été manipulé par les services secrets turcs ou avoir bénéficié de renseignements d’Etat. Tous posent les mêmes questions à l’appui de leur démonstration : « On n’a jamais entendu parler de racisme antikurde, pourquoi s’en prendre à eux ? » « Comment cet homme a-t-il entendu parler du centre Ahmet-Kaya qui n’est pas très connu dans Paris ? » « Comment se fait-il qu’il ait agi le jour même où une réunion était prévue en vue de l’anniversaire des trois [militantes kurdes tuées] de la rue Lafayette ? » « Comment se fait-il qu’il ait tué une femme de premier plan du mouvement kurde, comme il y a dix ans déjà ? »

« Le poison du soupçon »

Emine Kara était en effet la responsable nationale du mouvement des femmes kurdes. Elle avait combattu les djihadistes de l’organisation Etat islamique les armes à la main à Kobané et ailleurs en Syrie. Elle avait même été blessée. Elle venait de déposer une demande d’asile politique « rejetée par les autorités françaises », selon le porte-parole du CDKF, Agit Polat.

Menal Kara – aucun lien de famille – connaissait Emine Kara et le chanteur Mir Perwer : « Nous avons perdu 15 000 combattants face à Daech et les survivants se font tuer à Paris ! Et les autorités refusent d’appeler ça un attentat ? C’est scandaleux. Mir Perwer avait fait deux années de prison en Turquie avec les maires de villes kurdes destitués par Erdogan, c’était un réfugié politique qui avait laissé derrière lui sa femme et ses deux enfants. Et l’on refuse d’appeler cela un crime politique ? » Le vice-bâtonnier du barreau de Paris et Jean-Luc Mélenchon ne disent pas autre chose à la tribune dressée sur un côté de la place de la République.

Le sénateur communiste de Paris Pierre Laurent évoque le poison du « soupçon » suscité par l’enquête inachevée sur le triple meurtre de la rue Lafayette, pour lequel, personne n’a été jugé, aucun mandat d’arrêt n’a été émis contre des agents turcs et l’Etat français refuse toujours de lever le secret-défense. Une grande manifestation est prévue le 7 janvier pour commémorer les trois femmes assassinées. Le triple assassinat de la rue d’Enghien lui donnera une acuité particulière.

Attaque raciste, attentat ou assassinat politique, les Kurdes doivent se sentir bien isolés tant l’absence de manifestants étrangers à leur cause est criante. Quelques féministes, Siham, une jeune femme d’origine algérienne venue pour ce « peuple oublié », quelques membres de l’ultra-gauche sensibles à l’utopie du Rojava et des militants de l’extrême gauche turque des années 1980, qui se sont rapprochés de la cause kurde, étaient présents. Mais on ne peut pas dire que la société française s’est sentie concernée par le drame de la rue d’Enghien. Il en faudra plus pour que la communauté kurde sorte de son enfermement et de ses peurs récurrentes.

JForum.fr & Le Monde

 

2 Commentaires

  1. Rédaction de l’article pourrie : mélange hétéroclite de plusieurs articles avec plein de répétitions. Jforum, recrutez de bons rédacteurs !je commence à penser que mon don de 100€ était vraiment mal placé

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