Chuck Blazer, membre du comité exécutif de la Fifa entre 1996 et 2013 et secrétaire général de la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) de 1990 à 2011, a coopéré avec le FBI pendant trois ans. C’est LE personnage central des scandales qui ont secoué la Fifa et mené à la récente démission de Sepp Blatter.

Cheveux bouclés, un physique imposant et une barbe fournie: Chuck Blazer a vraiment des faux airs de Père Noël. Ses « cadeaux », cet ancien membre du comité exécutif de la Fifa (entre 1996 et 2013) les a plutôt réservés à la justice américaine.

« Monsieur 10% »
Si Chuck Blazer n’a jamais touché un ballon de football de sa vie, il a mis sur pied un business lucratif sur son continent. Comme le rappelle Le Figaro, ce New-Yorkais de 70 ans s’est allié avec Jack Warner (ancien vice-président de la FIFA et ex-président de la Concacaf). Le but? S’assurer 10% des revenus générés par de nombreux droits sportifs sur le continent nord-américain. Il devient alors « Monsieur 10% ». Il mène une vie de nabab: appartement à 18.000 dollars (16.000 euros) de loyer, restaurants huppés, fêtes, palaces, voyages en jet privé et même un appartement de luxe pour ses chats ! Blazer-Warner est une affaire qui tourne à plein régime jusqu’en 2010.

Vengeance
Pourquoi cette belle histoire d’amour a finalement capoté? Chuck Blazer n’a jamais digéré le vote de Jack Warner en faveur du Qatar (et non pour les États-Unis) pour l’attribution du Mondial 2022. Du coup, il passe à l’attaque et sa vengeance sera terrible. Il dénonce une distribution d’enveloppes à des dirigeants des Caraïbes par Mohamed Bin Hammam (ancien président de la Confédération asiatique) pour l’élection présidentielle de la Fifa en 2011. Jack Warner en prend pour son grade dans cette affaire.

Agent double du FBI
L’étau se resserre aussi autour de Chuck Blazer: racket, évasion fiscale, virements frauduleux, blanchiment d’argent… Le natif du Queen’s risque gros. Miné par un cancer du côlon, il retourne sa veste en échange de sanctions plus clémentes de la part de la justice américaine. Chuck Blazer accepte de devenir un agent double du FBI en 2011: il espionnera les membres du comité exécutif de la Fifa, notamment grâce à un microphone intégré à un porte-clés.

44 conversations enregistrées
Plus de 44 conversations de Chuck Blazer avec de hauts responsables, dont Sepp Blatter, seront passées au crible par le FBI. Des informations qui valent aujourd’hui leur pesant d’or pour les agents fédéraux américains. Elles auront surtout entraîné la démission de Sepp Blatter.

Christophe Da Silva 7/7 Be 

Chuck Blazer, l’informateur

Ancien président de la CONCACAF, Chuck Blazer, 70 ans, a contribué à informer le FBI grâce à un micro caché. Uniquement parce qu’il y était obligé, rattrapé par une enquête sur les millions de dollars qu’il avait détournés. C’est lui qui est à l’origine du scandale de corruption de la FIFA, qui a abouti à la démission de Sepp Blatter ce mardi.

N’en faites pas un héros. Si Chuck Blazer, membre du comité exécutif de la FIFA de 1998 à 2013, a apporté sa contribution à l’enquête conduite aux Etats-Unis qui a conduit àl’arrestation de six membres de la FIFA mercredi à Zurich, il ne l’a pas fait par esprit chevaleresque. Les autorités américaines disposaient d’un levier imparable pour obtenir sa coopération : ce New Yorkais barbu et bien portant n’a pas payé d’impots sur les millions de dollars qu’il a détournés pendant 21 ans passés au poste de secrétaire général de la CONCACAF (Confédération d’Amérique centrale, du nord et des Caraïbes). 

Le 1er novembre, le New York Daily News révélait dans un article très documenté que le FBI s’était servi de cette découverte pour le retourner. On y découvrait alors les petites et grandes faiblesses de ce candidat idéal pour corrupteurs en herbe, grand amateur de jets et de palaces, à l’image de l’appartement à 5500 euros par mois qu’il louait près de Central Park, payé en partie par les instances du football, afin de loger ses… chats.

Menacé d’être envoyé en prison par l’IRS, le service des impots américains, Chuck Blazer a accepté de collaborer avec les services du procureur de Brooklyn. Il est devenu agent double à partir de 2011 après avoir été poussé à la démission de son poste à la CONCACAF, non sans avoir apporté son concours à la chute de son ancien mentor, l’ancien vice président de la FIFA Jack Warner. Sa principale contribution a été de porter un porte clé muni d’un discret micro qui lui a permis d’enregistrer des conversations à haut niveau, notamment lors des JO de Londres.

Selon les informations disponibles, jamais confirmées par les autorités américaines, Chuck Blazer prenait rendez-vous avec des personnalités qui intéressaient le FBI. Lesquelles, à l’image d’Alexey Sorokin, le responsable de la candidature (victorieuse) de la Russie à l’organisation de la Coupe du monde 2018, acceptaient volontiers. Comme il avait rencontré, parait-il, des personnalités telles que Hillary Clinton ou Nelson Mandela auparavant. Mais quand le New York Daily News a souhaité le rencontrer, c’est dans un centre médical qu’elle l’a retrouvé, après qu’il eut disparu du monde du football en 2013, soignant un cancer du colon à un stade avancé. La roue tourne vite.

L’EQUIPE

 

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