Jérusalem à l’époque du Second Temple (5/6)

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1822

A l’époque du Second Temple, Jérusalem, a connu une période marquée par  des joies (renaissance, retour des exilés juifs) et des événements tragiques (destruction du Temple et exil de tous les habitants de Judée). 

Jérusalem au temps des Séleucides

En -198, Antiochus III, roi de Syrie et de la dynastie des Séleucides, s’empara de la Judée.

Pendant une vingtaine d’années les relations entre l’autorité séleucide et les Juifs furent sereines.

La situation économique s’améliorait, Antiochus III concéda aux Juifs une large autonomie politique et religieuse.

A l’intérieur de la société juive un fossé économique et culturel se creusait entre deux partis : les Purs et les Hellénisants. Les premiers se recrutaient parme les classes pauvres et étaint les plus intransigeants sur le plan religieux.

Quant aux seconds, ils se recrutaient parmi les classes aisées et ils adoptaient tous les modes de vie et de pensée grecs.

C’est sous Antiochus IV que les persécutions antijuives commencèrent et le Temple profané ; la statue d’une divinité grecque fut placée sur l’autel, dans les cours du Temple les soldats grecs organisèrent des orgies, on sacrifia des porcs sur l’autel.

Devant cette lourde menace de disparition une grande partie de la population juive fut décimée, seuls les Hellénisants acceptèrent les décrets.

La révolte des Hasmonéens ou Macchabées s’organisa autour d’une famille de prêtres qui habitait dans la petite localité de Modiin, au nord de Jérusalem.

Ils attaquèrent l’armée séleucide et les Juifs hellénisants. En -164, ils réussirent à reprendre le contrôle du Mont du Temple.

La tradition juive nous rapporta l’histoire du miracle de l’huile destinée au grand chandelier du Temple, qui fut l’origine de la fête de Hanoukka, le 25 du mois de Kislev.

Les Séleucides considérèrent les Hasmonéens comme des rebelles et se refusèrent à leur reconnaître l’autonomie. Il fallut attendre jusqu’en -141 pour que les forces séleucides soient écartées par Simon Maccabée : la Judée redevint indépendante pendant un siècle.

Grâce à de brillantes conquêtes militaires, les Hasmonéens étendirent les frontières de la souveraineté juive. La fin de la dynastie hasmonéenne fut marquée par l’expansion de l’hellénisme.

En fait une assimilation culturelle envahit tous les domaines de la vie quotidienne : les classes dirigeantes étaient les plus menacées.

L’expansion de l’hellénisme

Une des conséquences de cet essor de l’hellénisme fut le développement de diverses écoles de pensée à l’intérieur du judaïsme lui-même.

Certains n’hésitèrent plus à critiquer la pratique traditionnelle et les valeurs du judaïsme.

Deux groupes s’opposaient ; d’une part les Saducéens qui comptaient surtout les familles sacerdotales et d’autre part les Pharisiens dont les membres étaient recrutés plus largement dans l’ensemble de la population.

Les premiers pratiquaient une observance pure et simple des règles de la Torah et du rituel du Temple : ils étaient favorables à la domination hellénistique et romaine plus tard.

Leur théologie rejetait toute pensée mystique et apocalyptique, la littérature prophétique jugée comme « dangereuse ».

Quant aux Pharisiens, ils considéraient que l’influence de la religion devait se faire sentir dans tous les domaines de vie : ainsi sur le plan politique, ils combattaient l’influence grecque.

Outre les Saducéens et les Pharisiens, d’autres groupes émergeaient, les Esséniens[14], qui tentèrent de créer des communautés contemplatives à l’écart des villes.

Il faut mentionner un événement crucial, tant pour la vocation juive que pour la vocation chrétienne plus tard, la traduction en grec de la Bible dite des Septante au IIe siècle avant l’ère chrétienne, à Alexandrie.

Alors que les dieux grecs étaient de plus en plus raillés par les philosophes, le moment était favorable à l’expansion du monothéisme juif.

Dans le même temps se développait un rejet des Juifs à cause de ces « écrits juifs » qui constituaient un ferment de révolution dans une civilisation qui repose sur l’exploitation de l’esclavage.

Les débuts de la puissance romaine

Une nouvelle période s’ouvrait avec les débuts de la domination romaine. La situation de la dynastie hasmonéenne était tellement affaiblie que deux prétendants engagèrent une lutte armée pour la succession.

Les deux frères-Hyrcan II et Aristobule II- et le peuple se tournèrent alors vers la nouvelle puissance montante, Rome, chargée de rétablir l’ordre dans le royaume décadent.

Pompée fit de la Judée une province romaine, il s’empara de la forteresse de la Montagne du Temple le jour de Kippour. Il pénétra dans le Saint des Saints qu’il trouva vide et constata qu’il n’y a :

« Pas le moindre Dieu en effigie là-dedans. La place est vide, point de mystère. »

L’intelligence politique de César, qui accorda une pleine liberté de culte à tous les Juifs à travers l’empire romain, opéra une réconciliation temporaire.

En -37 Hérode, nommé roi de Judée par le Sénat, devint rapidement un tyran barbare. Originaire de la région d’Idumée où les habitants ont été convertis de force, Hérode opprima le peuple, l’aristocratie judéenne et sa propre famille, mais fut aussi un grand bâtisseur. Sous son règne, Jérusalem devint une ville magnifique.

Après la mort de César, Hérode fit édifier dans la Ville Haute un grand palais fortifié et reconstruire le Temple dont la construction lui parut trop modeste.

Le Temple rebâti n’avait plus rien de commun avec le modeste édifice qui l’a précédé.

Pour l’agrandir, le roi modifia le relief. Ainsi, une esplanade plus vaste fut aménagée, elle était à tous, étrangers compris mais l’entrée dans l’enceinte sacrée n’était permise qu’aux Juifs.

L’édifice fut maintenu rebâti en marbre blanc rehaussé d’or et neuf de ses portes revêtues d’or et d’argent aux frais de riches fidèles.

Dans l’édifice lui-même, la tripartition du Temple de Salomon fut maintenue. Du Temple lui-même, il resta un morceau de l’enceinte appelé le Mur des Lamentations par les chrétiens. Les Juifs appelèrent simplement le mur occidental ou Kotel.

Les sources juives sont élogieuses à propos des projets qui firent émerger une Jérusalem nouvelle dont la seule rivale en Orient est Alexandrie. Ainsi pouvait-on lire dans le Talmud :

« Qui n’a pas vu l’édifice d’Hérode, n’a pas vue de bel édifice de toute sa vie. »[16]

(A suivre)  Dossier réalisé par Jforum

[14] Le mois de Kislev fait partie du calendrier hébraïque.
[15] Saducéens : cesont les membres du clergé à l’époque du Premier Temple dont le Grand Prêtre était Sadoq[]
[16]Pharisiens : membres d’un groupetrès exigeant dans l’observation des commandements et des préceptes de la Loi écrite et orale.Peroushîm veut dire « séparés ». Les pharisiens constituent une grande partie des juifs des premiers siècles.

2 COMMENTS

  1. Il faut toutefois rappeler que les grands maîtres d’Israël, de l’époque, n’étaient pas membre des sectes citées et n’étaient nullement associés aux pharisiens ni aux esseniens. Pourtant, l’une des autres sectes juives qui apparaîtra un peu plus tard, les chrétiens, ne manqueront pas de reprocher aux maîtres d’Israël de faire partie de ces sectes. Il est important de rappeler que toutes les accusations des chrétiens contre Israël, au moment de la destruction du deuxième temple comme plus tard, concernent surtout les travers de ces différentes sectes. (notamment l’utilisation des termes “marchand du temple” extrêmement péjorative dans l’esprit chrétien).

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