Exécution de l’otage japonais: condamnation de Washington, Paris et Londres

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L’authenticité de la vidéo est jugée “hautement probable” selon Tokyo

Prakash Singh (AFP)Prakash Singh (AFP)“US President Barack Obama addresses the media in New Delhi, India, on January 25, 2015”

Washington, Paris et Londres ont fermement condamné l’exécution de l’otage japonais annoncée samedi par l’EI dénonçant un acte odieux et méprisable.

“Les Etats-Unis condamnent le meurtre odieux du citoyen et journaliste japonais Kenji Goto par le groupe terroriste EI”, a déclaré le président Barack Obama dans un communiqué.

“Nous sommes aujourd’hui solidaires avec le Premier ministre (Shinzo) Abe et le peuple japonais dans la dénonciation de cet acte barbare”, a-t-il ajouté.

Le groupe islamiste a affirmé samedi avoir exécuté un otage japonais enlevé en Syrie, le second en une semaine.

La France, par la voix de son président François Hollande, a également fait part de sa solidarité avec le Japon dénonçant un meurtre brutal.

“Le président de la République condamne avec la plus grande fermeté le meurtre brutal du citoyen japonais Kenji Goto par Daech”, a indiqué l’Elysée dans un communiqué.

“La France est solidaire du Japon dans cette nouvelle épreuve”, a ajouté le chef de l’Etat, précisant que “nos deux pays amis continueront de travailler ensemble pour la paix au Moyen-Orient et pour éliminer les groupes terroristes”.

La Grande-Bretagne a qualifié cet acte d’effroyable.

“Je condamne fermement ce qui semble être le meurtre méprisable et effroyable de Kenji Goto”, a écrit le Premier ministre David Cameron dans un communiqué.

“C’est un rappel de plus que l’EI est l’incarnation du mal, sans égard pour la vie humaine”, a-t-il ajouté.

“Le Japon a raison de ne pas s’incliner devant le terrorisme”, a-t-il poursuivi. La Grande-Bretagne a échangé des informations avec le Japon sur la gestion des prises d’otages, avaient indiqué des responsables britanniques la semaine dernière.

Après avoir multiplié les menaces ces derniers jours, l’EI a annoncé l’exécution dans une vidéo diffusée sur Twitter par l’organe médiatique de groupes djihadistes Al-Furqan, mais son authenticité reste à confirmer.

Dans l’enregistrement on voit l’otage en tenue orange à genoux et debout à côté de lui un homme masqué tout vêtu de noir, avec un couteau à la main. La vidéo se termine par une image d’un corps avec une tête sur le dos.

Selon le centre de surveillance des sites islamistes SITE, le bourreau à l’accent britannique est le même qui était présent sur les précédentes vidéos de décapitation d’otages occidentaux par l’EI.

Dans un enregistrement diffusé le 24 janvier, l’EI a exécuté un autre otage japonais, Haruna Yukawa, capturé en août en Syrie, avant que Kenji Goto n’aille à sa recherche et ne soit enlevé à son tour. La nouvelle vidéo ne fait aucune mention du pilote jordanien qui était aussi menacé de mort par l’EI.

Outre les deux japonais, l’EI a revendiqué depuis la mi-août l’exécution de cinq otages occidentaux, trois Américains et deux Britanniques.

Yoshikazu Tsuno (AFP)
Yoshikazu Tsuno (AFP)“Japanese Prime Minister Shinzo Abe speaks to reporters at his official residence in Tokyo on February 1, 2015”

L’authenticité de la vidéo”hautement probable”

Le gouvernement japonais a jugé dimanche “hautement probable” l’authenticité d’une vidéo attribuée au groupe Etat islamique (EI) annonçant l’exécution d’un deuxième otage japonais, Kenji Goto.

“Nous pensons que la probabilité est très élevée”, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, à propos de la crédibilité du document, disant se fonder sur l’analyse d’experts. Il a en outre confirmé que la personne tuée dans la vidéo était très certainement Kenji Goto.

Le gouvernement japonais a également condamné “avec la plus grande fermeté” l’annonce par le groupe Etat islamique (EI) de l’exécution de l’otage nippon Kenji Goto.

“Une vidéo indiquant que M. Goto a été exécuté a été diffusée sur internet, nous ne pouvons qu’être outragés par la répétition d’un tel geste terroriste haineux et ignoble et nous le condamnons avec la plus grande fermeté”, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d’un bref point de presse dimanche matin à 06H00 locales (samedi 21H00 GMT).

“Nous allons y répondre de façon ferme”, a-t-il ajouté en indiquant continuer de collecter des informations.

Le porte-parole du gouvernement n’a répondu à aucune question et n’a pas non plus donné d’indication sur la crédibilité que le gouvernement accordait à ce nouvel enregistrement diffusé plus de deux jours après l’expiration d’un dernier ultimatum adressé par l’EI.

Les frappes de la coalition, cause de la perte de Kobané par l’EI

Cette exécution intervient après la défaite de l’Etat islamique à Kobané, défaite qualifiée de “cruciale” par le Secrétaire d’Etat américain John Kerry.

Dans une interview filmée par une agence de presse, deux membres de l’organisation Etat Islamique (EI) donnent la même explication à la perte de Kobané: les frappes aériennes constantes de la coalition, rapporte CNN qui publie la vidéo de leur interview.

Lundi 26 janvier, les combattants kurdes ont déclaré qu’ils avaient libéré la ville de Kobané à la frontière avec la Turquie de l’emprise de l’EI après 112 jours de combats.

Les efforts des combattants kurdes sur le terrain ont été soutenus par une vaste campagne de frappes aériennes de la coalition internationale menée par les USA contre l’EI.

Or, d’après les entretiens donnés à l’agence d’information Amak, proche de l’EI, en Syrie, ces frappes aériennes ont permis aux Kurdes de remporter la bataille pour Kobané, que les combattants djihadistes projetaient d’envahir depuis des mois.

“Récemment, nous nous sommes petit à petit retirés d’Ayn Al-Islam (nom donné à Kobane par l’EI), à cause des frappes aériennes et de la mort d’un certain nombre de nos frères”, a déclaré l’un des deux combattants, le visage couvert laissant uniquement apparaître ses yeux. Mais il jure que l’EI ne baissera pas les bras, “et c’est le message que nous envoyons à Obama.”

Il précise la raison réelle de leur retrait de la ville : “Nous étions à l’intérieur d’Ayn Al-Islam et nous occupions plus de 70% de celle-ci, mais les frappes aériennes n’ont laissé aucune immeuble debout, elles ont tout détruit. “

“Ils ont bombardé jour et nuit (…) Je jure par Dieu, que leurs avions ne quitteront pas l’air, jour et nuit (…) si Dieu le veut, nous serons de retour et nous aurons notre revanche multipliée. “

Vendredi, le groupe extrémiste sunnite a lancé un assaut sur la ville de Kirkouk en Irak, ville connue pour son industrie pétrolière.

J.M Lopez (AFP)
J.M Lopez (AFP)“Des combattants peshermga kurdes irakiens lors d’affrontements contre des insurgés de l’Etat islamique, le 31 août 2014 à Tuz Khurmatu, au sud de Kirkouk”
 

L’EI avait pris le contrôle d’un site pétrolier et capturé une vingtaine d’employés du site.

Mais une trentaine de combattants de l’EI auraient été tués selon les Kurdes, qui auraient repris le contrôle du site samedi et libéré les employés.

La coalition poursuit ses attaques et a effectué 27 frappes aériennes dans la journée de vendredi en Irak et en Syrie, contre l’Etat islamique, dont au moins 10 sur Kirkouk. Le but de la coalition et des peshmergas kurdes est d’empêcher l’ouverture d’un véritable front sur cette ville.

Le succès des frappes aériennes face à l’organisation islamiste pose cependant la question des victimes civiles. Si la plupart ont progressivement fui Kobané depuis le début des combats, ce n’est pas forcément le cas des autres villes sous contrôle de l’EI, comme Mossoul en Irak, Raqqa en Syrie.

(i24news avec AFP)

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