Corée du Nord : un ministre exécuté au canon pour une sieste «blasphématoire»

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  • Hyon Yong-chol, ministre Défense Corée Nord, vient d’être exécuté public canon antiaérien «actes trahison» «un comportement blasphématoire»

    Hyon Yong-chol, le ministre de la Défense de la Corée du Nord, vient tout juste d’être exécuté en public au canon antiaérien pour des «actes de trahison» et «un comportement blasphématoire» – Sipa

Hyon Yong-chol, le ministre de la Défense de Corée du Nord, était l’un des hommes les plus puissants de la dictature nord-coréenne.

Jusqu’en avril, il était l’un des hommes les plus puissants de la dictature de Corée du Nord. Hyon Yong-chol, le ministre de la Défense, apparaissait chaque semaine aux côtés de Kim Jong-un pour les commémorations officielles, les grandes manœuvres militaires ou les essais de missiles balistiques censés effrayer Séoul, Tokyo et Washington. Le mois dernier, c’est ce haut gradé, bénéficiant du titre rare de vice-maréchal, qui avait représenté la Corée du Nord à Moscou lors d’une grande conférence sur la sécurité en Asie, au cours de laquelle il avait mis en garde les Etats-Unis contre la possibilité d’un conflit nucléaire. Sa bravade avait été saluée par les médias officiels lors de son retour à Pyongyang. En quelques jours, il aura perdu toute son aura et surtout la confiance du dictateur. Selon les services de renseignements sud-coréens (NIS), Hyon Yong-chol vient tout juste d’être exécuté en public au canon antiaérien pour des «actes de trahison» et «un comportement blasphématoire».

Des députés sud-coréens de la commission de défense de l’Assemblée nationale qui étaient informés, ce mercredi matin, par le NIS ont indiqué à la presse que le ministre nord-coréen aurait notamment ulcéré Kim Jong-un après s’être endormi à un événement militaire filmé par les services de propagande et pour lui «avoir mal répondu». Si les services de renseignement ont indiqué qu’ils continuaient de tenter de faire confirmer l’information, cette nouvelle exécution s’inscrirait dans la continuité de la grande campagne de purge orchestrée par le jeune leader du pays stalinien depuis son arrivée au pouvoir fin 2011, suite au décès de son père Kim Jong-il.

Se méfiant d’une partie des cadres qui entouraient l’ancien homme fort et semblaient contester la dimension héréditaire de la dictature, Kim Jong-un avait tenté d’instaurer un climat de terreur dans l’exécutif nord-coréen en faisant exécuter en 2013 son propre oncle et mentor Jang Song Taek. Souvent présenté comme le numéro 2 du régime, l’homme avait été accusé d’avoir comploté un possible renversement de Kim Jong-un, qui n’est âgé que d’une trentaine d’années. Dans la foulée, le pouvoir avait éliminé plusieurs proches de Jang Song Taek. Plus d’une dizaine d’exécutions de dirigeants du Parti des Travailleurs avaient été recensées par les services nord-coréens.

En avril, le NIS avait assuré que 15 officiels de haut rang avaient déjà été tués au Nord depuis le 1er janvier 2015. En janvier, le vice-ministre des Forêts a été éliminé pour s’être plaint du plan de reboisement du pays. En mars, ce sont quatre membres de l’orchestre nord-coréen Unhasu qui avaient été exécutés pour espionnage pour avoir osé divulguer des secrets sur la famille du dirigeant Kim Jong-un. Selon les médias japonais, qui ne dévoilent pas leurs sources, la purge devait protéger la réputation de la première dame de Corée du Nord Ri Sol-ju qui avait été, dans sa jeunesse, chanteuse dans ce même orchestre et s’était peut-être retrouvée en mauvaise posture dans une «sex-tape» où apparaissaient plusieurs autres «artistes» officiels.

GABRIEL GRESILLON / CORRESPONDANT À PÉKIN, YANN ROUSSEAU / CORRESPONDANT À TOKYO ET ALAIN RUELLO / CHEF DE SERVICE ADJOINT |
Source : lesechos.fr

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