Macron sur la colonisation : «Les historiens ont apporté la preuve de massacres », juge Stora

Benjamin Stora est historien et spécialiste de l’Algérie.

MAXPPP/THOMAS PADILLA

propos recueillis par Jannick Alimi
PolitiqueFranceAlgérieEmmanuel MacronBenjamin StoraColonisation

Polémique. Après les propos d’Emmanuel Macron sur la colonisation qu’il a qualifiée de «crime contre l’humanité», l’historien Benjamin Stora réagit. Il donne raison au candidat.

Historien, spécialiste de l’Algérie, Benjamin Stora préside le conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Il est l’auteur d’« Histoire dessinée de la guerre d’Algérie » (Seuil). Benjamin Stora estime que la colonisation est bien un « crime contre l’humanité ».

A LIRE AUSSI : En Algérie, Macron s’excuse pour la colonisation, un «faute grave» pour la droite

La colonisation est-t-elle un crime contre l’humanité ?

BENJAMIN STORA. La définition juridique est très large : elle englobe aussi bien la Shoah que l’esclavage ou la colonisation. Cela fait très longtemps que les historiens ont apporté la preuve de massacres, de crimes, de tortures durant la longue période de la colonisation. En 1959, Michel Rocard publiait un rapport concluant à des déplacements de 2 millions de paysans en Algérie. Mais la France a construit un système juridique qui fait qu’aucune plainte ne peut aboutir et que cette période ne peut être jugée.

C’est-à-dire ?

Il est indispensable, pour qu’un crime contre l’humanité soit reconnu, qu’un Etat ou un particulier dépose plainte. C’est ce qu’avait tenté de faire Rocard en attaquant en 1986 Jean-Marie Le Pen pour torture pendant la guerre d’Algérie. Mais, en raison des lois d’amnistie votées dans les années 1960, aucune plainte ne peut aboutir. Seules des poursuites devant des tribunaux internationaux pourraient débloquer le processus. C’est un problème d’autant plus insoluble qu’en France, dès que l’on prononce les mots « crimes contre l’humanité », le débat se clôt ou se politise. Il est quasiment interdit d’évoquer tout acte de violence commis par la France pendant la colonisation. On oppose immédiatement l’apport des « Lumières », l’oeuvre civilisatrice de la France… Or, en matière de colonisation, la France a bâti un faux modèle républicain : elle a proclamé le principe d’égalité mais ne l’a que rarement mis en pratique.

N’est-ce pas erroné de mettre sur le même registre la Shoah ou tout génocide et la colonisation, dont les buts n’étaient pas l’extermination ?

Les « crimes contre l’humanité » incluent aussi bien des génocides comme la Shoah ou celui des Arméniens que des massacres de masse comme ceux qui ont été perpétrés en Afrique ou en Algérie.

Emmanuel Macron a eu raison ?

Tout d’abord, Emmanuel Macron a pris soin de rappeler la face civilisatrice, par effraction, de la colonisation. Ce n’est pas la première fois qu’un homme politique tient des propos analogues — sans aller jusqu’à la qualification de crime contre l’humanité. En 2007, Nicolas Sarkozy avait condamné fortement la colonisation ainsi que François Hollande. Du coup, cela tend à politiser le débat et à en faire une affaire franco-française.

Quel impact peut avoir la reconnaissance de la colonisation comme « crime contre l’humanité » aujourd’hui ?

Comment expliquer à ces catégories de la population qui descendent de l’histoire de la colonisation que, soixante ans après, on ne peut toujours pas tenir en France des propos critiques contre ce système ? La colonisation est devenue un marqueur identitaire comme l’esclavage pour les Noirs. C’est une question historique aux conséquences politiques très vivaces.

>Politique|propos recueillis par Jannick Alimi|17 février 2017, 6h51 | MAJ : 17 février 2017, 7h03|

leparisien.fr

6 Commentaires

  1. Que de futilités et de basses insultes à l’endroit de Stora qui fait depuis tant d’années un travail remarquable quant à la mémoire des deux rives.Par conséquent, taisez-vous pauvres inconséquents qui n’avez comme point de mire que votre nombril et une culture proche du niveau zéro.
    L’histoire de ce couple que forment La France et l’Algérie est complexe; la penser est nécessaire et certaines explications heurteront nécessairement quelques haineux bien en verve..enfin…même la verve demande un art du maniement de la langue.
    Bref.Un peu de hauteur voyons!

  2. B. Stora, juif honteux de gauche, qui se prend très au sérieux ; il ne représente que lui-même et sera oublié par l’histoire. Prototype du malade de la haine de soi, mais ne le sait toujours pas. Qu’il aille vivre en Algérie et qu’il y reste ; pas besoin de lui en occident.

  3. Stora est un indigne comme les gébnérations de Juiufs Traîtres du Communisme et de la Collaboration…La passion délirante et criminelle d’un côrté, la veulerie opportuniste de l’autre….

  4. Monsieur Stora se pretend Historien
    Mais alors connait il l’histoire de l’Algerie depuis les années 622 a 732
    Pourquoi ignore t il l’invasion arabe qui mena à Poitiers.
    Ignore t il que l’ESPAGNE FUT COLONISEE par les arabes pendant des siecles
    Voila un historien a geometrie variable
    Le titre d’historien qu’il s’attribue est une imposture et cet individu est simplement un propagandiste
    de l’Algerie.
    Stora taisez vous vous faites honte a votre nom et vos « histoires » sont simplement des contes pour enfants algeriens .Mais n’importe qui ne peut devenir LA FONTAINE.
    Contentez vous de vivre de votre traitement d’inspecteur d’academie que la gauche vous a attribuée pour recompenser vos petites historiettes dites historiques
    Cherchez donc un peu d’ecrire l’histoire de votre peuple.Car cette histoire est réelle et pleine de vérités
    historiques et d’un humanisme different de celui que vous pretendez reveler.
    Il serait temps pour vous de retourner à l’ecole de l’histoire et votre niveau est tout simplement celui d’un eleve de cours preparatoire.Encore que???????

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.