« Un + Une », le film de Claude Lelouch a fait l’inauguration, hier soir, du treizième Festival du Film Français en Israël à la cinémathèque de Tel Aviv. Ce film est indéniablement le grand retour du metteur en scène au cinéma. Agé de 79 ans, Claude Lelouch renoue avec le succès car même si le cinéaste n’a jamais cessé de travailler toujours dans la même direction, avec les mêmes convictions, peu de ses 45 films ont marqué ces 20 dernières années. Un+Une restera un des meilleurs Lelouch et il est venu nous en parler à Tel Aviv…

Aux journalistes présents ce matin à l’institut français de Tel Aviv, Claude Lelouch n’a pas caché sa joie d’être en terre sainte. « Même si Israël est éloigné de la France, j’ai le sentiment d’être ici chez moi » a déclaré, d’emblée, le monstre sacré. « Je suis venu des dizaines de fois en Israël et c’est toujours avec beaucoup de plaisir que je reviens ».

« Je suis né d’un père juif français d’Algérie et d’une mère normande qui s’est convertie au judaïsme et c’est dans cette ouverture que j’ai appris très tôt, une des choses les plus importantes dans notre société : la tolérance » a répondu le réalisateur à un journaliste israelien qui s’enquerissait de ses liens avec le judaïsme.

« Ce qui me fascine le plus en Israël, c’est l’importance du présent, peut-etre à cause de la précarité créée par l’insécurité, les israeliens, plus que les européens savent vivre au présent et le présent est beaucoup plus important que le passé ou le futur dans les domaines du bonheur et de la vie en général » a poursuivit Claude Lelouch.

« J’aime la vie, j’aime l’amour et d’ailleurs il n’y a que l’amour qui donne un sens à la vie » a enchaîné le virtuose de la camera. Et de continuer « Quand on aime la vie, la vie vous aime de plus en plus, même si elle est cruelle il ne faut pas cesser de l’aimer, les emmerdes sont le jogging du bonheur ».

Indéniablement, le spectacle de la vie  ravit Claude Lelouch. Le genre humain le fascine autant dans ses horreurs que dans ses générosités. « Les gens cherchent le paradis mais notre monde est le paradis, et c’est nous qui le transformons en enfer» finit par dire celui qui est pour moi, peut-etre un des meilleurs réalisateurs français de tous les temps.

« Un + Une » marque la première rencontre au cinéma entre Jean Dujardin et Claude Lelouch. Dujardin incarne un compositeur de musique de film, invité en Inde à venir travailler avec l’un des éminents cinéastes du pays. Sa rencontre avec l’épouse de l’ambassadeur de France (Elsa Zylberstein) servira de point de départ à une liaison entre deux êtres très contrastés. L’homme est un séducteur invétéré qui cherche à ne jamais s’attacher; la femme est en pleine crise existentielle. Et entraînera le compositeur dans une quête spirituelle à laquelle il ne croit pas du tout.

«C’est vrai qu’il y a eu une osmose formidable entre nous. Je pense avoir trouvé en Jean un acteur qui me va parfaitement. Il a compris que la vie était un jeu qu’il fallait prendre très au sérieux.».

Elsa Zylberstein, elle aussi présente ce matin à Tel Aviv, nous a d’ailleurs confié que sa rencontre avec Jean Dujardin dans un avion fut le point de départ du film de Claude Lelouch : « J’ai rencontré Jean Dujardin  par hasard (mais on connait Claude, on sait que le hasard n’existe pas ….rires),  lors d’un vol entre Paris et Los Angeles. On a parlé de Claude Lelouch, de notre amour commun pour ce grand cinéaste et on s’est amusé à réciter toutes les répliques cultes de ses films et à écouter les musiques de Francis Lai. À l’arrivée à Los Angeles, j’ai téléphoné à Claude pour lui dire qu’on voulait jouer (Jean et moi) dans un de ses films ». Claude Lelouch qui ne résiste pas aux déclarations d’amour, nous alors confié qu’il a commencé à réfléchir à son film et à étudier les personnages d’Elsa Zylberstein et de Jean Dujardin.

Pour finir Elsa Zylberstein nous a dit qu’elle ne voyageait que pour travailler mais que les 24 heures qu’elle avait passé à Tel Aviv lui avait vraiment donné l’envie de revenir peut-etre même pour travailler.

Claude Lelouch a terminé l’entretien en affirmant que « Malgré le climat incertain qui règne  dans le monde, et les replis identitaires que l’on observe un peu partout, je ne m’inquiète pas du tout pour l’avenir de l’humanité, les dix prochaines années seront difficiles mais comme pour la météo, après les nuages, le soleil sera de retour et je reste un inconditionnel optimiste de la nature humaine, lo la fin le Bien l’emportera ».

par H.P. Benhamou pour Tel-Avivre

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