La stratégie des attaques de drones de l’ère Trump dévoilée.

La publication de la politique de l’Administration Trump sur l’usage des drones fait suite au moratoire de la nouvelle administration. Pour autant, la Realpolitik et le retrait de l’Afghanistan pourraient contraindre le président Biden à retenir les mêmes orientations …

« Certitude raisonnable » 

Diffusée à la suite d’une décision de justice, la politique des frappes de drones de l’ère Trump est soumise depuis plusieurs semaines à de nombreux débats contradictoires outre-Atlantique. Dans ce document de 11 pages plusieurs fois censurés est évoqué la latitude qu’ont eu les militaires pour décider des « frappes chirurgicales ». Si des principes de protection des femmes et des enfants ont été édictés, il s’avère que l’exigence de « quasi-certitude » à laisser la place à la « certitude raisonnable ». Ces garanties minimales auraient laissé la place à un usage secret et irresponsable de la force létale. Rappelons que depuis son élection, le président Biden a décidé un moratoire ou les seules frappes de drones autorisées le seront sur accord de la Maison Blanche, dans l’attente d’une nouvelle stratégie.

Stratégie à outrance

En mai 2013, suite à plusieurs scandales sur l’usage des drones, l’administration Obama avait imposé un ensemble de règles destinées à régir de telles opérations afin de limiter une potentielle utilisation excessive. Pour ouvrir le feu, il fallait alors examiner que l’individu suspecté de terrorisme représentait une menace directe pour les Américains et avoir la quasi-certitude qu’une neutralisation à distance ne provoquerait pas de dommages collatéraux. Mais en octobre 2017, l’administration Trump a mis un terme à cette procédure. Il permettait alors aux opérateurs sur le terrain de cibler les individus selon leur appartenance à un groupe terroriste et non plus sur une menace directe à l’encontre des Etats-Unis ou de ses intérêts.

Limiter l’expansion des groupes terroristes 

L’usage systématique de drones de combat a été motivée par la propension des groupes terroristes à opérer à partir de zones ou la loi des gouvernements locaux ne s’appliquait pas (Yémen, Libye, Somalie, Pakistan). Utilisés depuis le mandat de Georges Bush, ces assassinats ciblés (ou HVI) sont devenus un élément central de la gigantesque guerre menée contre le terrorisme après le 11 septembre 2001. Ces frappes répétées contre les groupes terroristes ont soulevé de nombreuses questions morales, politiques et juridiques au sein même des forces armées américaines. Avec le départ progressif des troupes américaines se posera aussi la question de la relocalisation de ces mêmes drones qui pourraient continuer à intervenir sur les territoires Afghans et Pakistanais au profit de la CIA.

AIR & COSMOS

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