Terrorisme à Bassorah: les opposants pour le changement sont éliminés un par un

Une vague d’assassinats frappe la ville du sud, l’une des principales manifestations du pays. Le Premier ministre, qui se trouve aux États-Unis, a condamné et promis de punir les responsables soupçonnés d’être liés à des milices pro-iraniennes. Parmi les personnes tuées – une femme médecin qui a dirigé des marches de femmes

Irak : une militante féministe assassinée à Bassora

Bassorah, Riham Yacoub

Une vague d’assassinats d’activistes anti-gouvernementaux a sévi ces derniers jours dans la ville de Bassorah, dans le sud de l’Irak, l’un des points chauds des manifestations contre le gouvernement. Riham Yaakoub, une femme médecin locale qui a soigné les blessés lors de manifestations, a été abattue hier après que des hommes armés ont ouvert le feu sur sa voiture dans la ville. Des sources de sécurité et de santé ont déclaré à Reuters que trois autres personnes avaient été blessées lors de l’incident au cours duquel des hommes masqués avaient tiré depuis une moto sur le véhicule. Yaakoub était active dans le mouvement de protestation depuis 2018 et a dirigé plusieurs marches de femmes.

La série d’incidents a commencé vendredi dernier, lorsque l’activiste Hussein Osama a été abattu dans la ville. Suite à l’assassinat, les manifestations ont repris dans la ville pendant trois jours et les forces de sécurité ont tiré à balles réelles après que des manifestants ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur la maison du gouverneur. En réponse, le Premier ministre Musta al-Kazimi a évincé le chef de la police de la ville et les chefs de la sécurité et a ordonné une enquête sur la violence contre les manifestants.

Irak: Qui a éliminé le chef religieux qui a appelé les manifestants à s’armer?

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ריהם יעקוב, פעילה שנורה למוות בעיר בצרה, עיראק

Des hommes armés à moto ont tiré sur sa voiture. Riham Yakoub

 

Al-Kazimi, l’ancien chef des services de renseignement, est en visite aux États-Unis et devrait rencontrer le président Donald Trump. Il a promis de réfreiner les milices chiites pro-iraniennes lors de sa prise de fonction en mai, après des mois de chaos. Récemment, cependant, les attaques contre les forces américaines dans le pays se sont intensifiées, par le lancement de roquettes sur des bases militaires et d’explosifs contre des convois de la Coalition internationale.

« Tout est fait pour que les forces de sécurité remplissent leur rôle », a promis le Premier ministre irakien après l’assassinat de Yaakoub. « La coopération avec les tueurs et la soumission à leurs menaces ne sont pas acceptables et tout ce qui sera nécessaire sera fait pour que le ministère de l’Intérieur et les services de sécurité remplissent leur mission de protection de la sécurité des civils contre les menaces des contrevenants. »

הלוויתה של ריהם יעקוב, פעילה שנורתה למוות בעיר בצרה, עיראק 20 באוגוסט 2020

Des centaines de manifestants ont été tués l’année dernière. Les funérailles de Riham Yacoub à Bassorah, aujourd’hui (Photo: Reuters)

Washington appelle l’Irak à démanteler les groupes armés qui n’opèrent pas au sein des forces de sécurité régulières. Certains sont proches de l’Iran et font pression sur le Premier ministre pour qu’il aboutisse au retrait des forces américaines du pays, comme cela a été approuvé par le Parlement après l’élimination ciblée du général iranien Qassem Suleimani et du chef des milices irakiennes de haut rang Abu Mahdi al-Muhandes en janvier. Ces éliminations o nt presque conduit à une guerre totale entre l’Iran et les États-Unis, après que Téhéran a lancé des missiles sur des bases américaines en Irak.

Au moment où le fléau du corona a commencé à frapper l’Irak, des milliers de personnes étaient descendues dans les rues de Bassorah, Bagdad et d’autres villes pour protester contre la corruption, le chômage élevé, l’effondrement des services civils et l’intervention étrangère, principalement de la part de l’Iran. Ils exigent un changement profond du système politique irakien qui, depuis le renversement du dictateur Saddam Hussein en 2003, repose sur une division des rôles selon l’identité ethnique et religieuse.

Plus de 500 personnes ont été tuées lors des manifestations par les forces de sécurité et des hommes armés soupçonnés d’être liés à des milices pro-iraniennes. Des milliers d’autres ont été blessés. Le Premier ministre a promis que les responsables du meurtre des manifestants seraient punis et a offert aux familles des personnes tuées une compensation financière. Il tente également de faire avancer l’élection, à la demande des manifestants, et de la tenir en juin.

Adaptation de l’hébreu : Marc Brzustowski

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