Des documents précieux sur la rafle des juifs de 1942 retrouvés à Néris-les-Bains (Allier)

 

Des documents précieux sur la rafle des juifs de 1942 retrouvés à Néris-les-Bains (Allier)
Après la rafle dans la région de Lyon, 545 juifs ont été déportés. © SALESSE Florian

À l’occasion d’un rassemblement de marcophiles à Néris-les-Bains, un petit-fils de déportés a mis la main sur une liasse de documents racontant en détail la rafle du 26 août 1942 dans la région de Lyon.
Ce n’était pas totalement un hasard, mais la surprise et l’enthousiasme ont étreint Henri Neimark dans l’ancienne gare de Néris-les-Bains, en octobre 2021, à l’occasion de l’exposition de philatélie et d’histoire postale. Une connaissance avait mentionné à ce philatéliste lyonnais l’existence de documents qui pourraient l’intéresser, il ne soupçonnait cependant pas qu’il mettrait la main sur une centaine de papiers inédits décrivant avec précision la rafle des juifs étrangers dans la région de Lyon, le 26 août 1942 et les jours qui ont suivi.

En quoi ces archives sont-elles précieuses ?

Ces documents avaient été conservés après la guerre par Léon Froment, le chef d’équipe du service social des étrangers, l’administration en charge de l’organisation de la rafle dans cette région. Il est fait mention de la composition des équipes administratives, d’une liste incomplète des victimes, d’un résumé de l’efficacité de la rafle ou encore d’un rapport du fonctionnement du centre de triage de Vénissieux. « Nous avons parcouru les quatre-vingt-dix archives départementales, nous n’avions jamais trouvé l’équivalent de ces documents », souligne ce petit-fils de déporté, coauteur du livre Les Indésirables, consacré aux camps d’interne civils pendant la guerre.

De quelle rafle parle-t-on ?

Le 26 août 1942, six semaines après la rafle du Vélodrome d’hiver, le gouvernement de l’État français a mené une vaste rafle dans la zone libre. Le centre régional de triage de Vénissieux a rassemblé une grande partie des 1.184 juifs (un chiffre donné par Henri Neimark, après actualisation, NDLR) raflés dans l’Ain, l’Ardèche, la Drôme, l’Isère, le Jura, la Loire, le Rhône, la Savoie, la Haute-Savoie et la Saône-et-Loire. Les juifs apatrides y ont été triés avant qu’une partie soit envoyée à Drancy puis Auschwitz. En tout, 545 d’entre eux ont été déportés.

En quoi consistait le tri ?

Les pages dactylographiées retrouvées par Henri Neimark détaillent les onze raisons qui permettaient d’exempter un juif étranger de la déportation : vieillards de plus de 60 ans, individus intransportables… S’ils n’étaient pas accompagnés de leurs parents, les enfants ne pouvaient pas non plus pas être déportés. C’est la raison pour laquelle des parents ont signé des actes de délégation de paternité, une histoire incroyable qui a permis à cent huit enfants d’être ainsi exfiltrés du camp de Vénissieux et de ne pas être envoyés dans un camp d’extermination.

Pourquoi avaient-ils été conservés secrets jusqu’à présent ?

Henri Neimark ne souhaite pas dévoiler l’identité du Bourbonnais qui lui a cédé ces archives dans un bon état de conservation. « Par quel chemin ces documents de Léon Froment ont-ils atterri dans l’Allier ? Je ne sais pas du tout », affirme néanmoins Henri Neimark. Ces archives ont été confiées par le Lyonnais aux archives départementales du Rhône.

Guillaume Bellavoine www.lamontagne.fr
Rafle de Vénissieux du 26 août 1942 : un « trésor de guerre » photographique et historique refait surface. • © DR – Serge Klarsfeld

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