Quand C-News se fait porte-parole de l’antisémitisme chrétien

Par Nicolas Masuez

Retour sur une émission de propagande religieuse, Pâques 2021

Le samedi 27 mars 2021, l’émission « Les belles figures de l’Histoire » sur la chaîne d’information en continu C-News était consacrée, à l’occasion de la fête de Pâques, à Jésus. Dans cette émission – présentée par Aymeric Pourbaix – qui se présente comme un « retour chronologique sur les grands personnages de l’histoire », seul un Père Jésuite, Jean-François Thomas, était invité en compagnie d’une journaliste politique de la chaîne. Les propos, assez stupéfiants, du jésuite n’ont suscité aucune forme de critique de la part des journalistes, très à l’aise dans le registre de la propagande religieuse. Ainsi, à mille lieux de l’approche historique, la journaliste Véronique Jacquier d’expliquer que « Jésus savait ce qui allait lui arriver » ou le présentateur d’affirmer, sans la moindre distance : « Jésus, qui est le fils de dieu… »

Dans le chapitre « Jésus le calvaire d’un innocent » à la 12e minute de l’émission, Jean-François Thomas déclare que la « condamnation (de Jésus) est voulue par les autorités juives » et qu’in fine les autorités romaines, et leur représentant Ponce Pilate, sont soumis aux élites religieuses et politiques juives. A la 13e minute, le jésuite affirme à nouveau : « Jésus a bien été condamné par les Juifs (…) les Pharisiens, les scribes et les prêtres (…) ils n’ont utilisé le bras romain que pour arriver à leurs fins ». L’affirmation est claire, Jean-François Thomas fait de l’ensemble des Juifs les coupables de la mort de Jésus.

En 2021, un média grand public comme C-News, au prétexte de parler de personnages qui ont marqué l’histoire offre une tribune à l’antijudaïsme chrétien. L’ homme d’Église invité donne à nouveau à entendre l’accusation du crime de déicide attribué à l’ensemble du peuple juif qui certes puise sa source dans les Evangiles1, mais qui a été abandonnée et condamnée par l’Église à la faveur du concile de Vatican II en 19652. Cette accusation est fondatrice de ce que le grand historien Jules Isaac appelait l’« enseignement du mépris »3 et qui constitue le socle de l’antisémitisme dans toutes ses variantes.

Pourquoi cette passivité des journalistes présents face à de telles affirmations ? Un défaut de déontologie, une absence de culture historique ou le partage de conceptions encore très répandues dans les cercles intégristes et à l’extrême-droite ? Précisons quelques points et laissons le lecteur se forger son opinion.

La Judée juive sous administration romaine

La connaissance du contexte géopolitique de la Judée du tout début de notre ère éclaire ce que commémorent les chrétiens lors de la fête de Pâques. La royauté, disparue avec l’Exil provoqué par la seconde prise de Jérusalem par les Babyloniens vers 586 av. J.-C, réapparait dans les sources en 104 av. J.-C. lorsque Judas Aristobule ceint le diadème. Mais le premier à prendre officiellement le double titre de Grand-Prêtre et de Roi est son successeur Alexandre Jannée en 103. A la fin de la régence de la reine Salomé Alexandra, en 67 av. J.-C., éclate une guerre de succession (de 67 à 63 av. J.-C) entre ses deux fils Hyrcan II et Aristobule II. Cette guerre amène Rome, via la prise de Jérusalem par Pompée le Grand en 63 av. J.-C., à prendre le contrôle de la Judée. Pompée fait d’Hyrcan II le nouveau Grand-Prêtre.

Source : Goodman Martin, Rome et Jérusalem, Paris, Perrin, 2007, p. 24.

 

Avec les Romains, la vie politique, sociale et religieuse du royaume de Judée se transforme profondément. Rome devient la puissance tutélaire, jusqu’à imposer un nouveau roi avec Hérode le Grand en 37 av. J.-C. Après sa mort en 4 av. J.-C. la Judée est administrée par des Préfets romains (Praefectus Ioudaeae). Autour de l’an 30 de notre ère, époque à laquelle les sources religieuses situent la crucifixion de Jésus, c’est Ponce Pilate qui administre la Judée. Contrairement à ce qu’affirme Aymeric Pourbaix à 11min 10 , Ponce Pilate n’était pas procurateur, mais bien préfet. Cette certitude est acquise depuis la découverte d’une inscription à Césarée en 19614. Or seul un préfet, à la tête d’une juridiction civile et criminelle, pouvait autoriser une exécution capitale.

Jésus, une des nombreuses figures messianiques du judaïsme du premier siècle de notre ère

La mort d’Hérode en 4 av. J.-C et l’affirmation de la domination romaine ouvre une période de trouble marquée par l’émergence de figures religieuses, pour certaines d’inspiration messianique. Il y a, dans le judaïsme du premier siècle de notre ère un véritable esprit millénariste. C’est dans ce contexte que le personnage historique de Jésus apparaît.
La figure de Jésus est très peu présente dans les sources anciennes. Les principales sources historiques5, non théologiques, rapportant les événements contemporains de Ponce Pilate et de Jésus, sont celles écrites par Flavius Josèphe6.

Première erreur historique : opposer populations juives et chrétiennes

L’une des choses les plus frappantes lorsqu’on écoute la partie de l’émission consacrée au « calvaire d’un innocent », c’est l’affirmation sous-jacente que, d’un point de vue religieux, les populations juives et chrétiennes sont déjà différenciées. Les Juifs sont présentés par Jean-François Thomas comme un groupe homogène dont les élites – les grands prêtres – souhaitent la mort de Jésus. Dans un territoire en majorité peuplé de populations juives, il existe d’importantes communautés aux pratiques religieuses différentes.

Le judaïsme contemporain du Second Temple est divisé en trois courants majeurs. Les Sadducéens sont liés au Temple. Ils organisent la société juive sur le principe qu’une élite aristocratique doit diriger le culte. Ils basent leur théologie uniquement sur la Torah. Les Pharisiens7 proposent une approche différente liant la Torah (loi écrite) et la Halakha (loi orale). À la différence des Sadducéens, ils rompent avec le dogmatisme de l’aristocratie sacerdotale. Ils développent un judaïsme d’étude, de réflexion, de débat qui peut s’éloigner physiquement du Temple. Flavius Josèphe, qui est un aristocrate de rang sacerdotal, fait le choix du mouvement pharisien par pragmatisme et convictions. Les Esséniens sont les plus méconnus. Leur vie ascétique, respectueuse d’une pratique rigoriste de la Loi, ne les empêche pas de vivre au milieu de leurs contemporains. On est loin d’une image de personnes recluses. Toutefois, cette recherche de pureté et d’un judaïsme le plus proche de l’idéal biblique les amène à avoir un rapport au Temple différent, moins attaché à sa réalité physique qu’à son esprit idéal.
Dans ce contexte trouble la figure du grand-prêtre perd peu à peu de sa superbe. À partir d’Hérode le Grand et jusqu’à la chute du Temple en 70 de notre ère, la fonction pontificale évolue au gré des choix politiques. De chef spirituel et politique, le grand-prêtre devient un courtisan, un homme du pouvoir royal ou romain. Cette dégradation de la fonction, doublée d’une critique forte des milieux pharisiens et esséniens contribue à la multiplication des groupes juifs religieux ou politico-religieux. Les disciples de Jésus s’inscrivent dans ce mouvement.

D’un point de vue historique, il ne peut y avoir au moment de la crucifixion de Jésus d’opposition dogmatique et théologique entre les deux groupes, Juifs et chrétiens. Affirmer que le christianisme et l’Église existent dès cette période relève de l’approximation, sinon de la pure propagande religieuse. Le christianisme se constitue après, et non avec Jésus.

Jésus, loin d’être le chef d’une Église nouvelle, est une figure messianique juive parmi d’autres, dans une Judée marquée par de nombreux courants sectaires d’inspiration messianique voire millénariste lors de ce Ier siècle de notre ère. D’ailleurs, si l’on en croit les Antiquités judaïques de Flavius Josèphe, la figure qui attire le plus l’intérêt des chroniqueurs est celle de Jacques, le frère de Jésus. Sa condamnation à la lapidation, par le grand-prêtre Anan8 provoque l’ire des Pharisiens. Dans les sources historiques juives on est donc très loin de l’image de Pharisiens unanimement opposés au groupe de Jésus et Jacques, qui n’est pour Flavius Josèphe qu’un énième groupe de Juifs réunis autour d’un chef charismatique.

Deuxième erreur : supposer que les « élites juives » dominent les Romains

A partir de 11 minutes 30, Jean-François Thomas, affirme que « Pilate n’est pas intéressé par Jésus, et que Jésus n’est pas un danger pour l’Empire romain » et que ce sont « Les Juifs », et les autorités religieuses qui demandent la condamnation de Jésus. Ces élites juives le font, d’après Jean-François Thomas, au nom de l’amitié pour César. Ainsi, il laisse sous-entendre que l’autorité romaine est soumise aux élites juives. Pareille affirmation relève d’un manque de connaissance du fonctionnement de l’administration romaine. Rome est la puissance tutélaire en Judée. Les souverains, comme les grands-prêtres, sont totalement soumis à son autorité. Cette compromission des élites alimente une forte contestation sociale et religieuse conduisant à la guerre à partir de 66 ap. J.-C. Dans certains milieux pharisiens dans lesquels les aspirations religieuses et patriotiques se croisent, ce lien entre Rome et les élites est un catalyseur de révolte. C’est dans ce contexte que Sadoq et Judas le Galiléen fondent les Zélotes. Monette Bohrmann9 précise qu’ils partagent avec les Pharisiens une vision du judaïsme basée sur la Loi écrite et orale. Mais, et c’est une différence majeure avec les Pharisiens, ils associent à l’aspiration religieuse, une forme de patriotisme rejetant l’ingérence d’une puissance tierce. Il s’agit donc d’un mouvement religieux et patriotique, qui peu à peu prône une « violence légitime »10 pour libérer Israël de ses ennemis, Juifs y compris. De plus, Ponce Pilate, simple préfet de rang équestre, est de facto sous l’autorité du gouverneur de Syrie, qui lui est patricien, du fait de l’organisation administrative provinciale. En prêtant aux Juifs un pouvoir qui ne correspond pas à la réalité, le Père Jésuite participe à la construction d’un discours judéophobe. L’accusation de peuple déicide, dès la fin du Ier siècle de l’ère commune, oppose les chrétiens aux populations juives : ce rapport d’opposition est aussi l’expression d’une relation de concurrence entre les deux groupes religieux dont les croyances sont à la fois sœurs et opposées. D’ailleurs, plus le christianisme s’étend au sein de l’Empire, plus les communautés juives sont isolées. Les sentiments antijuifs pénètrent un grand nombre d’auteurs chrétiens, par exemple Tertullien et son Adversus Judaeos.

La judéophobie chrétienne, construite sur des considérations religieuses possède une vraie parenté avec la judéophobie païenne, telle que Flavius Josèphe la présente dans son Contre Apion. Il y a une convergence idéologique, probablement liée aux phénomènes de conversions de païens. Ainsi, au-delà des considérations textuelles, le christianisme accueille en son sein toute une série de poncifs, de méfiance et de critique vis-à-vis du judaïsme.

Troisième erreur : l’absence de référence à la judéité de Jésus

Jésus ne nait pas chrétien, il est né juif, probablement en Galilée, au cœur d’une terre où la pratique du judaïsme est très traditionnelle. Son nom s’inscrit dans la tradition hébraïque. Yeshoshua (Josué, 1, 1-5) en hébreu signifie « Dieu délivre ». De plus, ce nom renvoie à la figure de Josué, successeur de Moïse. Or, dans toute l’intervention de Jean-François Thomas, jamais il n’est fait référence à cela. Le christianisme comme religion est postérieur à la figure de Jésus. Ce refus d’affirmer que Jésus est juif participe à la construction de la judéophobie.

Des propos condamnables à double titre

Les propos de ce jésuite sont donc émaillés de contre-vérités historiques. Ils ne sont l’écho que d’une interprétation postérieure à des fins de prosélytisme nourris d’antiques et de plus récents préjugés antijuifs. Dans les Evangiles (Matthieu, 26, 3-4) on peut lire le passage « conspiration des juifs » qui affirme ceci : « au même temps les princes des prêtres et les anciens du peuple s’assemblèrent dans la salle du grand prêtre appelé Caïphe ; ils tinrent conseil ensemble pour trouver moyen de se saisir adroitement de Jésus et de le faire mourir ». Une lecture simpliste laisse entendre que la mort de Jésus occupe l’esprit des élites sacerdotales et politiques juives, avec l’aval des populations juives. Or, comme nous l’avons vu plus haut, la vie politique et religieuse contemporaine du Second Temple est totalement inféodée à l’autorité romaine. Les Evangiles ont été écrits a posteriori dans une optique militante de diffusion des préceptes religieux aux diverses populations. C’est aussi un message politique pour construire la communauté chrétienne autour d’une figure messianique martyrisée. Dans cette optique les Juifs deviennent les ennemis. L’antijudaïsme est en marche. Les propos du père Jésuite s’inscrivent clairement dans une optique politique et de propagande teintée d’un judéophobie chrétienne.

Mais il est possible de montrer que le propos du père Jean-François Thomas est en contradiction également avec les évolutions de l’Eglise catholique sur un plan théologique. Le concile de Vatican II (de 1962 à 1965) marque un tournant majeur dans les relations judéo-chrétiennes.
Dans le chapitre de Nostra Aetate consacré à la religion juive il est dit ceci : « L’Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul ». L’Eglise, à partir de ce concile, ne voit plus les Juifs comme des « ennemis » ou des « assassins », mais comme des membres d’une religion sœur du christianisme. Concernant la mort de Jésus, toujours dans Nostra Aetate, il est dit ceci : « Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ, ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps » . C’est une contradiction totale avec les propos tenus par Jean-François Thomas. L’Eglise aujourd’hui refuse d’associer l’ensemble des Juifs à la mort Jésus.

Les persécutions, la mise au ban des sociétés, des populations juives de l’Antiquité à nos jours, sont marquées du sceau de l’antijudaïsme chrétien. Trois des thèmes structurants de l’antisémitisme sont présents dans les propos rapportés : celui de la « trahison », celui de la domination et plus largement l’idée d’une influence néfaste des Juifs capables de condamner à mort « le fils de Dieu ». En reprenant de telles théories ce jésuite ne fait que renforcer auprès de populations sensibles aux thèses judéophobes et antisémites, sur fond religieux, un sentiment de haine vis-à-vis des communautés juives. L’intervention de Jean-François Thomas sur C-News le 27 mars 2021 se positionne dans une approche conservatrice de l’Église Catholique, teintée d’influences judéophobes voire antisémites. L’accusation de peuple déicide contribue à alimenter l’antisémitisme contemporain comme les accusations les plus irrationnelles autour du thème du sang (hosties profanées, crimes rituels) qui s’ajouteront à ces antiques préjugés, dans la chrétienté médiévale. Face à de tels propos, relayés sans contradiction ni démarche scientifique, on ne peut qu’affirmer que les « prêcheurs de haines » ont encore de beaux jours devant eux !

01.06.21 Par Nicolas Masuez

Bibliographie sommaire

GOODMAN Martin, Rome et Jérusalem : le choc des civilisations, Paris Perrin, 2007.
HADAS-LEBEL Mireille, Rome, la Judée et les Juifs, Paris, Picard, 2009.
ISAAC Jules, L’enseignement du mépris, Paris Grasset, 2004 (1ère éd. 1962).
LABBE Gilbert, L’affirmation de la puissance romaine en Judée, Paris, Les Belles Lettres, 2012.
LEMONON Jean-Pierre, Ponce Pilate, Paris, Les Éditions de l’Atelier, 2007.
REINACH Théodore, Textes d’auteurs Grecs et Romains relatifs au judaïsme (1895), Paris, Les Belles Lettres, 2007.

Pour citer cet article
Nicolas Masuez, « Quand C-News se fait porte-parole de l’antisémitisme chrétien »,

RevueAlarmer, mis en ligne le 1er juin 2021, https://revue.alarmer.org/quand-c-news-se-fait-porte-parole-de-lantisemitisme-chretien/

Synagogue aux yeux bandés/Cathédrale de Strasbourg/Sculptée vers 1230/Photo de P. Jacob/CRDP Strasbourg.

14 Commentaires

  1. Si on est chrétien et qu’on est judéophobe, et si jésus est juif, alors LOGIQUEMENT le chrétien DEVRAIT être JESUPHOBE, non ?
    Perso, je crois qu’un légionnaire romain est passé par là, a séduit Myriam et a fait crac-crac avec elle, et Myriam par peur de se faire lapidée à raconté une histoire à dormir debout à Joseph…. le cocu. mdr
    Sinon, ya aussi l’histoire de E.T. qui a enlevé Myriam, etc… fécondation in-vitro, etc…
    Fils de D.ieu ==> quelle blague !!!
    A-t-on vu D.ieu venir sur terre faire crac-crac avec une mortelle ?
    Je veux dire, à part Zeus avec une mortelle et qui a donné naissance à Hérakles (je vous dis pas la gueulante de Héra :o)))
    En fait ; je-m’en-tape.
    CLICK.

  2. Il y avait une mégapole, ou le système social était d’une obscurité totale, L’héritage qu’ils nous ont laissé, c’est les pyramides, une tombe grande comme une montagne pour un seul et unique homme, summum de l’égoïsme. Un homme qui a vécu dans ce privilège a décidé de changer le système social: cet homme c’est Moise, il a piétiné les racines de l’égoïsme du système obscure, il a fait la loi sociale : la Bible et un jour de repos obligatoire. 2000 ans après l’empire de Rome se heurta violemment. L’adhésion en masse des soldats de l’Empire de Rome a la Bible, a obligé Rome a détruire Israël et à s’empare de son héritage sans aucun autre forme de procès

    • Bonjour Moshe,

      Je me permets d’apporter des rectifications. A l’époque où le Temple fut détruit, en 70, puis Jérusalem par la suite sans compter les persécutions et massacres de la population juive au 1er et 2ème siècle par les Romains, ces derniers n’étaient pas chrétiens; ils rendaient des cultes à des idoles. N’oublions pas que les Chrétiens ont été persécutés sévèrement par les Romains pendant 300 ans, sous Néron par exemple. Il a fallu attendre l’empereur Constantin au 4ème siècle pour que le christianisme devienne religion d’état.

      Cependant, je sais que des hommes ont persécutés des Juifs au nom de Jésus, et ça c’est inadmissible et je demande pardon. Ces hommes ont oublié que le « salut » vient des Juifs et c’est Jésus qui le dit ( cf Jean 4.22 ).

      Bonne soirée,

  3. Les Evangiles ne sont pas des ouvrages historiques . Ce sont les plus anciens documents qui nous soient parvenus sur l’ élaboration du christianisme catholique . Ils nous racontent un drame sacré . Un dieu s’incarne, sa naissance est marqué des signes de naissance des héros ( le modèle ici est Moïse ), il survit miraculeusement comme tous les héros et grandit en beauté et en sagesse . Le temps venu il annonce la vérité et les Juifs, fils du Diable, haïssent et tuent le fils de Dieu qui vainc la mort et ressuscite . Ceux qui s’unissent au Dieu par des rites appropriés s’uniront au Dieu et comme lui ne mourront pas et auront la vie éternelle . C’est une religion de salut à mystères comme les cultes d’autres divinités ( Osiris Atys Adonis Thammouz Perséphone … ) .

    Mais Jésus est un personnage historique . Reconstituer les événements est très difficile vu l’absence de documents . ce qui parait certain, c’ est que Jésus nait en Galilée probablement au temps d’ Auguste dans une famille juive de petites gens, qu’il a reçu l’enseignement de prédicateurs, probablement pharisiens, et qu’il a visité un prédicateur populaire, Jean le Baptiste peu avant son arrestation et son exécution par Hérode Antipas, qu’il a annoncé la venue imminente du Royaume entouré d’ un petit nombre de disciples . Un tel enseignement prophétisait la fin imminente de l’autorité de César dans le Pays d’ Israël, et pour les Anciens un événement se produit parce qu’il a été prophétisé . L’enseignement de Jésus ne pouvait durer longtemps . Hérode Antipas le fait prévenir de quitter le territoire qu’il gouverne et Jésus se rend au Liban . Il revient à Jérusalem, très probablement prêche en public . Si ‘est la Pâque, le gouverneur romain est à Jérusalem avec la troupe et il y a des mouchards partout . Jésus est arrêté, sommairement interrogé et le magistrat, ayant constaté que Jésus n’ est pas citoyen et qu’il appartient au peuple ( aux humiliores ), l’envoie à la mort selon l’ usage . Tout cela a du aller très vite ( quelques mois ou moins ) . Tout porte à croire que Jésus est passé inaperçu de son temps et que la plupart des paysans juifs ( avec les paysans samaritains 80 à 90 % de la population ) ont ignoré jusque à son existence . Ceci parait le plus vraisemblable .

    Et cet événement que la plupart des contemporains ont ignoré ou jugé de peu d’importance ( aucun document contemporain ne le mentionne ) était l’ événement le plus important qui soit et Jésus était plus important, beaucoup plus, que le Grand Prêtre, le tétrarque Antipas, le gouverneur romain, César Tibère et n’importe qui . Les contemporains ne sont pas des bons juges de l’importance des événements . Nous ignorons ce qui est important .

    • Si, on peut considérer les Evangiles comme une biographie de Jésus mais aussi comme un livre historique comme le livre des « Actes ». Il suffit de les lire pour s’en rendre compte.

      Jésus n’est pas né en Galilée mais à Bethléem, la cité de David et ainsi la prophétie de Michée se réalise: « Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, car de toi sortira un chef qui paîtra Israël mon peuple ». Mic 5.1

      Jésus a ensuite résidé à Nazareth en Galilée avec ses parents.

      Comme je l’ai dit dans un commentaire précédent, les Juifs à l’époque de Jésus croyaient qu’ils étaient sauvés parce qu’ils descendaient d’Abraham, parce qu’ils étaient circoncis et
      parce qu’ils mettaient la Parole en pratique ( justification par les oeuvres ). Mais c’est la foi qui sauve, de Abel en passant par Abraham et jusqu’à maintenant. Je suis sauvé parce j’ai cru ( justification par la foi ) comme l’a si bien dit le prophète Habakuk : »Mais le juste vivra par la foi ». Hab 2.4

      Quand Jésus a commencé son ministère, des Juifs ont cru en Lui mais beaucoup l’ont rejeté car ils se sont heurtés à son enseignement. Comme je l’ai dit plus haut, les Juifs recherchaient une justification par les oeuvres et non par la foi comme le prêchait Jésus.
      Ils se sont heurtés à sa personne car il s’est déclaré Fils de Dieu, comme l’Oint de Dieu. Beaucoup n’ont pas cru en Lui car il ne correspondait pas à l’image du Messie qu’ils s’étaient faite. Ils recherchaient un nouveau « David » pour les délivrer des Romains mais Jésus n’était pas venu pour aider les Juifs à mieux vivre ou les délivrer de Rome. Il avait mieux à leur offrir: la délivrance du péché et de la mort à celui qui croirait en Lui: « Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point mais qu’il ait la vie éternelle ». Jean 3.16

      Détrompez-vous Schlemihl, Jésus avait beaucoup de succès. Une foule de plusieurs milliers de personnes le suivait. Une foule venu de Judée, Galilée, Samarie mais aussi de territoires païens.
      Cela a suscité la jalousie des pharisiens et scribes car leur autorité était remise en question.

      • C’est possible mais tout cela ne se trouve que dans les Evangiles . J’aimerais consulter d’autres documents .

        En fait je ne sais pas .

        • Paul à l’époque de Jésus était un pharisien, instruit aux pieds de Gamaliel, pharisien lui-même et docteur de la Loi. Paul était connu pour son zèle excessif pour les traditions de ses pères. Il a persécuté violemment les Juifs convertis à Jésus. Et si du jour au lendemain, il est passé du statut de persécuteur à apôtre, puis mort pour sa foi, c’est qu’il s’est passé quelque chose.

          Je vous conseille tout de-même de lire l’Evangile de Matthieu ou de Jean. Mais aussi de visionner le DVD: Jésus l’enquête, film de John Gunn. Excellent film, excellent pour ceux qui se posent des questions sur Jésus.

          Pour finir, je n’est pas toujours été chrétien Schlemihl, je me suis converti à l’âge de 24 ans et je peux affirmer que Dieu a changé ma vie.

  4. ALORS SI MÊME LE JÉSUITE JEAN FRANÇOIS THOMAS (3 prénoms prédestinés) EST DANS L INCOMPÉTENCE HISTORIQUE POURQUOI C-NEWS L A INVITÉ SANS AUCUN CONTRÔLE DANS SA DIVAGATION? (Est ce voulu pour faire le buzz ?)

  5. Les Juifs à l’époque de Jésus étaient convaincus qu’ils étaient sauvés parce qu’ils descendaient d’Abraham, mais aussi parce qu’ils étaient circoncis. Ils recherchaient aussi une justification par les oeuvres, c’est-à-dire, qu’ils étaient convaincus qu’ils étaient sauvés en mettant en pratique la Loi.

    Les Juifs de l’époque s’était fait une fausse image du Messie, ils attendaient un nouveau « David », un homme qui les délivrerait des Romains.

    Il est vrai que « Yeshoua » signifie « l’Eternel sauve ». Mais sauve de quoi? Des Romains?
    Jésus n’est pas venu délivrer les Juifs de l’envahisseur romain mais de la puissance du péché et de la mort.

    C’est pour cela que Jésus a dû faire face à l’incrédulité et au rejet des Juifs de l’époque.

    Jésus est bien le Messie que les Juifs attendaient car il a accompli toutes les Ecritures.
    Il suffit de lire l’Evangile de Matthieu.

    • Je ne sais pas ce que croyaient les paysans juifs dont beaucoup ne devaient pas savoir lire et écrire . C’ était la majorité de la population .

      Tout porte à croire qu’ils cultivaient comme métayers une terre ne leur appartenant pas et qu’ils étaient mécontents et souvent prêts à se révolter comme insurgés, la limite entre l’ insurgé et le brigand étant assez floue . C’est le paysan méditerranéen de Grèce Italie Espagne au dix neuvième siècle qu’on trouve déjà . Et visiblement ils étaient travaillés par des espérance messianiques et là on retrouve la paysannerie allemande du seizième siècle, opprimée et prête à suivre des prophètes qui les menaient vers des catastrophes .

      Des temps passés, on connait surtout les témoignages des gens instruits qui savaient écrire . Ce n’étaient pas les plus nombreux .

      • Bonjour Schlemilh,

        Détrompez-vous, les Juifs à l’époque de Jésus savaient lire car ils pouvaient participer à la lecture de la Torah dans les synagogues et beaucoup d’entre eux parlaient le Grec comme c’était le cas des apôtres, en plus de l’Araméen. Et les Juifs à l’époque de Jésus étaient tous dans l’attente du Messie. Et même, si certains étaient illettrés, ils ne pouvaient que constater les miracles de Jésus: aveugles qui recouvrent la vue, paralytiques guéris, morts ressuscités. Seul Dieu peut faire de tels miracles.

        • Il est possible que beaucoup de Juifs aient reçu une instruction élémentaire comme le souhaitaient les rabbins pharisiens . Mais je n’en sais trop rien .

          Jésus et les Apôtres ont ils parlé le grec ? Un publicain devait être capable de le comprendre et de le parler plus ou moins bien . Les autres ?

          Les gens vivaient dans le surnaturel et on connaissait même des recettes pour ressusciter un mort . Les miracles n’ étonnaient pas beaucoup . Ce n’ étaient pas des Européens contemporains .

          • Jésus parlait l’Araméen et les apôtres le Grec puisque les épîtres ont été rédigées en Grec. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque la Terre d’Israël était imprégnée de culture grec.

            Vous savez Schlemihl, je ne connais pas de magie qui ressuscite les morts!

  6. C’est une honte. Comment se revendiquer des enseignements du rabbin Yeshoua Ben Yossef et être antisémite? C’est totalement contradictoire et montre une grave méconnaissance de sa propre religion.

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