JERUSALEM, 16 juillet 2010 (AFP)

Un extrémiste de droite israélien, soupçonné d’avoir poignardé à mort des Palestiniens, accuse le service de sécurité intérieure (Shin Beth) de l’avoir incité à assassiner un chef islamique en Israël.

Les médias israéliens ont diffusé vendredi des enregistrements effectués secrètement par le suspect, avant son arrestation cette semaine, au cours desquels on entend un certain « Dédé », qui allait s’avérer un agent du Shin Beth, lui proposer d’assassiner le chef du mouvement islamique en Israël Raëd Salah et de commettre des attentats anti-arabes.

Le Shin Beth, selon ces sources, n’a pas démenti l’authenticité de ces conversations, affirmant que l’objectif était uniquement de gagner la confiance du suspect, pour obtenir des aveux. Un tribunal a ordonné jeudi de prolonger d’une semaine la garde à vue du suspect, Haïm Pearlman, 29 ans.

Cet ancien colon est soupçonné d’avoir poignardé à mort quatre passants Palestiniens à Jérusalem et d’avoir tenté d’en tuer sept autres lors d’attaques au couteau perpétrées il y a plus d’une décennie.

La télévision a diffusé un film du suspect, dans lequel il affirme avoir un temps coopéré avec le Shin Beth pour fournir, contre rémunération, des informations sur la mouvance juive extrémiste en Israël et dans les territoires occupés.

M. Pearlman a été membre du groupe raciste anti-arabe Kach, décrété hors-la-loi en Israël mais qui continue d’opérer sous d’autres sigles. Ce mouvement préconise l’expulsion de tous les Arabes vivant en « Eretz Israël », le Grand Israël aux frontières bibliques. Selon la presse, il a en outre déjà été interrogé cette année pour avoir apposé sur les murs de Tel-Aviv des affiches montrant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense Ehud Barak avec la mention « recherché ».

COMPLEMENT D’INFORMATION

Le Shin Bet a arrêté Haïm Pearlman, dans la nuit de mardi à mercredi. L’homme sera placé en détention provisoire jusqu’au 22 juillet. Il est accusé de différents crimes dont une série de meurtres et d’attaques terroristes contre des Arabes. Il est également accusé de détention illégale d’armes. « Cette décision arrive au terme de longs mois d’enquête, en collaboration avec la police et le ministère public », ont expliqué les services de renseignements israéliens.

PHOTO: SCREEN SHOT , JPOST
Lors de cette période d’investigation, le Shin Bet explique avoir multiplié les rencontres avec Pearlman afin de consolider les preuves rassemblées contre lui.

Un lourd passé criminel

L’homme était déjà connu des autorités pour des actions d’un autre ordre. Dans le passé il avait été arrêté, puis acquitté, pour avoir agité un drapeau israélien sur le Mont du Temple.
Il avait également attaqué un Arabe, lors des funérailles de Binyamin et Talia Kahane, en 2000. Le couple avait été assassiné par des terroristes palestiniens alors qu’ils conduisaient en Judée-Samarie.

Le Shin Bet, accusé d’avoir utilisé Pearlman, nie en bloc. « Ces révélations sur les techniques du Shin Bet seront un choc pour Israël », a annoncé, Shmouel « Zangzi » Meidad, le fondateur d’Honeinou, une organisation de défense des droits de l’Homme qui s’occupe du cas Pearlman. Meidad le décrit comme une personne banale dont les faiblesses ont été exploitées par les services de sécurité. Même son de cloche du côté de l’avocat de Pearlman, Adi Keidar. « Mon client rejette toutes ces allégations », a-t-il affirmé. Et Pearlman de prétendre que le Shin Bet lui a donné de l’argent, il y six mois, en échange d’informations. « Il était en détresse financière et le Shin Bet l’a exploité », conclut l’un de ses proches.

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