Alors que le Fonds monétaire international désignera courant juin le successeur de Dominique Strauss-Kahn au poste de directeur général, deux candidatures seront examinées : celle de la ministre de l’Economie française Christine Lagarde, et celle d’Agustin Carstens.

Si ce dernier est plus expérimenté -il est à la tête du ministère des Finances et à la banque centrale du Mexique depuis plus de quatre ans, et a été directeur général adjoint du FMI en 2003, la candidature de la Française semble recueillir plus de suffrages.

Parmi les 24 membres du conseil d’administration :

– les sept Européens derrière Christine Lagarde : Hubert Temmeyer (Allemagne), Ambroise Fayolle (France), Alexander Gibbs (Royaume-Uni), Willy Kiekens (Belgique), Age Bakker (Pays-Bas), Arrigo Sadun (Italie) et Benny Andersen (Danemark).

– les deux Africains regardent la France : l’Egyptien Abdel Shakour Shaalan, qui représente douze pays arabes et les Maldives, devrait suivre l’avis de ses autorités et voter Lagarde, tout comme le Togolais Kossi Assimaidou, qui représente 22 pays africains principalement francophones.

– le Mexique derrière son champion, pourrait entraîner l’Argentine. Le Mexicain Carlos Perez-Verdia, qui représente six pays d’Amérique latine et l’Espagne, soutiendra, avec l’accord de celle-ci, son compatriote. Et si l’Argentin Alfredo Mac Laughlin n’a pas encore exprimé de préférence, la Bolivie, le Paraguay, le Pérou et l’Uruguay qu’il représente ont déjà annoncé leur soutien à Agustin Carstens.

– quatre membres attentistes dans le sillage des Etats-Unis. Les deux administrateurs ayant le plus de droits de vote, Meg Lundsager (Etats-Unis) et Mitsuhiro Furusawa (Japon), réservent pour leur moment leur décision. La secrétaire d’Etat avait semblé soutenir Lagarde, mais selon Carstens, le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner«ne s’est engagé ni dans un sens ni dans l’autre». Dès lors, deux administrateurs habituellement alignés sur la position des Etats-Unis ont des chances de l’être encore: Thomas Hockin (Canada, qui représente l’Irlande, neuf pays des Caraïbes et le Bélize) et Ahmed Abdulkarim Alkholifey (Arabie saoudite).

Le Japon reste muet sur ses intentions.

– les BRICS désunis. S’ils trouvent un terrain d’entente pour critiquer la mainmise de l’Europe sur le FMI depuis 65 ans, et pourraient donc, à ce titre, entendre les arguments d’Agustin Carstens, les représentants du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine, et du Lesotho, qui représente 21 pays africains dont l’Afrique du Sud, pourraient disperser leur choix entre les deux candidats.

– restent quatre administrateurs à convaincre. Der Jiun Chia (Singapour, qui représente onze pays asiatiques et deux océaniens), Christopher Legg (Australie, qui représente quinze pays océaniens et asiatiques) et Jafar Mojarrad (Iran, qui représente quatre pays africains, l’Afghanistan et le Pakistan) sont a priori défavorables à ce que l’Europe garde la tête de l’institution. Mais leur préférence est incertaine à ce jour, tout comme celle de René Weber (Suisse, qui représente la Pologne, la Serbie, l’Azerbaïdjan, quatre pays d’Asie centrale).

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