“Pendre la crémaillère” : une pratique juive ?

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Nous emménageons dans une nouvelle maison  qu’elle vienne d’être construite ou qu’elle soit ancienne le principal est que nous avons quitté une habitation pour une autre.

Voici une occasion de faire la fête, d’inviter des parents ou des amis pour montrer le nouveau décor dans lequel nous allons évoluer désormais.

L’inauguration d’un nouveau foyer est une festivité à laquelle le Zohar nous conseille vivement d’investir des efforts tout d’abord pour y fixer éventuellement de nouvelles mezouzoth[1] et, pour le cas où l’on garde les parchemins qui étaient sur place, certaines personnes tiennent au moins à changer le boîtier pour en mettre un nouveau.

Cependant, selon les communautés, cet évènement sera plus ou moins centré sur le spirituel. Ainsi, c’est surtout dans les milieux sefarades ou orientaux que seront lus, en présence d’un minyane, des extraits du Zohar, de la Torah (p.ex. la lecture de l’inauguration du Mishkane), de la Mishna ou de la Guemara, après quoi sera servie une collation plus ou moins importante (selon les moyens de chacun) et le maître de maison pourra profiter de l’occasion pour faire la bénédiction de shéhéhéyanou en étrennant une chemise neuve par exemple.

Le fait de posséder voire de construire une maison est si important qu’en cas de guerre un homme ayant construit/acheté une maison et n’en ayant pas encore profité est suffisamment important pour le dispenser de partir de chez lui ! Ce qui vient confirmer qu’entrer dans une maison neuve/ nouveau lieu de résidence n’est pas anodin et il convient de festoyer à cette occasion.

Dans les communautés ashkenazes, les coutumes varient selon l’appartenance au hassidisme ou pas.

Il existe des recueils de textes comme le SEFER BRITH OLAM qui conviennent pour toutes les semahoth telles des fiançailles, mariages, brith mila, pidyonehaben et Hanoukatbayith (pendaison de crémaillère). Il en existe d’autres présentant une compilation de textes faite par le Rav HaHida[2] ou par le AriZal[3].

En Afrique du Nord (Algérie/Tunisie/Maroc, les Juifs sans aucun doute influencés par le milieu ambiant lorsqu’un logement devrait servir prochainement de résidence faisaient venir un rabbin-sacrificateur qui abattait généralement une poule blanche de bon augure pour le nouvel appartement.

Selon certains autres minhaguim (coutumes), la maîtresse de maison préparait un couscous dont on prélevait une petite quantité que l’on malaxait avec un peu de sucre, de l’huile, de la poudre de henné et de la poudre de khöl (fard utilisé pour les yeux) et l’on déposait derrière les  portes de chaque chambre une petite quantité (une cuillère à soupe) dans un sachet en nylon (pour ne pas tâcher les sols).

Le lendemain, on ramassait ces sachets que l’on jetait. Cette habitude serait selon certains destinée à apporter richesse et abondance, et de la douceur.  Pour d’autres, il s’agirait de « donner leur part » aux esprits ou de permettre aux bons courants de circuler.

Pour d’autres personnes il suffira d’introduire dans la maison du miel ou du sucre ou des pâtisseries et pour d’autres un beau poisson………..

L’important est de célébrer ce moment  et de faire de la tsedaka.

Puisque nous avons abordé des questions de folklore, il y a encore une coutume que je voulais rappeler à tous les originaires d’Afrique du Nord et, je n’ai pu en déceler l’origine : lorsque dans une maison on accueillait une accouchée avec son nouveau-né, on préparait un paquet que l’on plaçait dans le landau. Ce « cadeau » était constitué d’un kilo de semoule, un kilo de sucre, une douzaine d’œufs et de plusieurs têtes d’ail. La signification que l’on donnait à cette coutume est que le bébé devait repartir les mains pleines pour ne pas appauvrir les occupants de la maison dans laquelle il avait rendu visite !!!

MAZAL TOV à qui a la possibilité de pouvoir habiter dans une nouvelle résidence, jusqu’à 120 ans !!!

Caroline Elishéva REBOUH

[1] En Diaspora, chaque personne emménageant emporte avec elle ses précédentes mezouzoth ou en acquiert de nouvelles alors qu’en Israël on abandonne ses mezouzoth ou on en place d’autres pour le cas où on aurait fait faire spécialement les mezouzoth qui étaient dans l’ancien logement.

[2] Rabbi Hayim Yossef David Azoulay (1724-1806)

[3] Rabbi Ytshak Louria ben Shlomo (1534-1572) surnommé le Ari (HaAri).

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